De la nourriture pour astronautes contenant de la spiruline
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MELISSA : de la recherche spatiale utile sur la Terre

06/09/2016 4134 views 14 likes
ESA / ESA in your country / Belgium - Français

Un projet de l’ESA appelé MELISSA étudie depuis plus de 25 ans comment il est possible de transformer un vaisseau spatial en un écosystème fermé reposant sur des bactéries, des algues, des plantes, des éléments chimique et des procédés naturels. Cette recherche à visée spatiale conduit souvent à des applications intéressantes sur terre, et la Belgique est concernée au premier chef.

La station spatiale internationale ISS est régulièrement approvisionnée par des cargos spatiaux inhabités qui amènent l’oxygène, l’eau et les aliments dont les astronautes présents à bord ont besoin. Tout cela demande beaucoup de temps et coûte très cher. Pour de futures missions spatiales de longue durée – vers la lune ou vers Mars – un système de bio-régénération devient absolument indispensable. A défaut, ce sont plus de 30 tonnes d’approvisionnement qui seraient requises pour une mission habitée vers Mars ! En d’autres mots, comment faire pour arriver à recycler le dioxyde de carbone et les déchets organiques pour les transformer en nourriture, en oxygène et en eau ?

C’est précisément pour s’attaquer à cette question que l’ESA a mis sur pied le projet multidisciplinaire MELiSSA (Micro-Ecological Life Support Alternative). Ce qui est particulièrement remarquable dans ce genre d’étude scientifique, c’est qu’elle offre des applications immédiates sur terre. Le cadre offert par MELiSSA a ainsi déjà permis dans le passé d’étudier comment se débarrasser de la vase issue des eaux des égouts lors de l’épuration des eaux usées.

Le cycle de MELISSA
Le cycle de MELISSA

MELiSSA a vu le jour en 1989 et a donné depuis lors lieu à des centaines de publications scientifiques. Le centre d’étude de l’énergie nucléaire (CEN), basé à Mol, mène depuis plusieurs années des études en collaboration avec l’ESA afin d’identifier des solutions biologiques pour produire de l’eau potable, de l’oxygène et de la nourriture à travers un recyclage complet. Le centre s’est associé pour ce faire à diverses universités belges et européennes ainsi qu’à des partenaires industriels.

Des bactéries telles que la cyanobactérie Arthrospira ou Spirulina jouent ici un rôle important. Cette bactérie utilise l’eau et la photosynthèse afin de produire de l’oxygène, et elle peut également servir de source de nourriture, riche notamment en vitamines et en minéraux. La spiruline fixe le dioxyde de carbone, résiste bien au rayonnement cosmique, et peut constituer un très bon complément à l’alimentation quotidienne des astronautes grâce à sa haute concentration en protéine.

C’est précisément pour cette raison, mais également parce qu’elle contient beaucoup de fer et de vitamine A, que la spiruline est particulièrement appropriée pour servir de nourriture aussi sur terre. Dans un certain nombre de villages congolais de la province de l’Equateur, la population est ainsi invitée à apprendre à cultiver la spiruline de sorte que cette dernière puisse être mélangée au manioc, qui est la principale composante de l’alimentation quotidienne des Congolais mais présente l’inconvénient d’être pauvre en protéine. L’expérience n’en est est qu’à ses débuts, mais son extension à d’autres villages et d’autres régions est au programme.

Encore un bel exemple de recherche spatiale qui prouve son utilité sur notre propre planète.

Des informations sur MELiSSA et le CEN sont disponibles ici.

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