Back to Index English German Italian Spanish Dutch
Safety & Security

N° 23–2019: L’ESA passe commande du premier enlèvement au monde d’un débris spatial

9 December 2019

Les ministres européens en charge de l’espace se sont entendus pour soutenir la première mission spatiale visant à retirer un débris en orbite. La mission ClearSpace-1, dont le lancement est prévu en 2025, fait l’objet d’un contrat de service avec un consortium commercial dirigé par une jeune pousse qui aidera à établir un nouveau marché pour l’entretien en orbite mais aussi l’enlèvement des débris.

Suite à un processus concurrentiel, un consortium mené par la jeune pousse suisse ClearSpace, une entreprise dérivée fondée par une équipe expérimentée de chercheurs sur les débris spatiaux basés à l’Institut de recherche de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, va être invité à soumettre une proposition finale avant le démarrage du projet en mars prochain.

« C’est le bon moment pour une telle mission, » explique Luc Piguet, fondateur et président de ClearSpace. « Le problème des débris spatiaux est plus que jamais d’actualité. Aujourd’hui nous avons environ 2000 satellites actifs en orbite et plus de 3000 en panne. »

« Durant les années à venir, le nombre de satellites va décupler du fait des multiples méga-constellations composées de centaines voire de milliers de satellites prévues en orbite terrestre basse et destinées à assurer une large couverture de services de surveillance et de télécommunications à faible temps de latence. Il y a clairement besoin d’une ‘dépanneuse’ pour retirer les satellites en panne de cette région très fréquentée. »

Pendant Space19+, le Conseil de l’ESA au niveau ministériel qui s’est tenu à Séville (Espagne) la semaine dernière, les ministres ont convenu de passer un contrat de service avec un fournisseur commercial pour le retrait en toute sécurité d’un objet inactif appartenant à l’ESA de sa position en orbite basse terrestre.

Inclus dans le nouveau programme de Sécurité Spatiale de l’Agence, il s’agit de contribuer activement à nettoyer l’espace tout en démontrant les technologies requises pour l’enlèvement de débris.

« Imaginez combien il serait difficile de naviguer en haute mer si tous les navires ayant jamais fait naufrage dans l’histoire dérivaient à la surface de l’eau, » explique Jan Wörner, Directeur Général de l’ESA.

« C’est ce qui se passe aujourd’hui en orbite, et cela ne peut pas continuer ainsi. Les États membres de l’ESA ont accordé leur soutien ferme à cette nouvelle mission, qui ouvre également la voie à de nouveaux services commerciaux essentiels à l’avenir. »

« Même si tous les lancements spatiaux prenaient fin demain, les projections montrent que le nombre global de débris continuerait d’augmenter puisque les collisions entre objets créent de nouveaux débris par effet de cascade, » explique Luisa Innocenti, qui dirige l’initiative Clean Space de l’ESA. Nous devons développer des technologies permettant d’éviter de créer de nouveaux débris et d’enlever les débris qui sont déjà là-haut. »

« Des études menées par la NASA et l’ESA montrent que la seule manière de stabiliser l’environnement orbital, c’est de retirer activement les gros débris. Nous allons donc continuer de développer les technologies essentielles de guidage, de navigation, et de contrôle ainsi que les méthodes de rendez-vous et de capture dans le cadre d’un nouveau projet qui s’intitule ADRIOS (Active Debris Removal/ In-Orbit Servicing). Les résultats seront appliqués à ClearSpace-1. Cette nouvelle mission, exécutée par une équipe de projet de l’ESA, nous permettra de démontrer ces technologies, et de réaliser dans le même temps une première mondiale. »

La mission ClearSpace-1 aura pour cible l’étage supérieur Vespa (VEga Secondary Payload Adapter) laissé sur une orbite d’environ 800 par 660 km d’altitude après le second vol du lanceur Vega de l’ESA en 2013. Avec une masse de 100 kg, le Vespa a approximativement la taille d’un petit satellite tandis que sa forme relativement simple et sa construction robuste en font un premier objectif adapté avant de s’attaquer lors de missions ultérieures à la capture d’objets plus grands et présentant un plus grand défi, et à terme à la capture de plusieurs objets.

Le « chasseur » ClearSpace-1 sera inséré sur une orbite inférieure, à 500 km, afin d’être mis en service et de subir des tests critiques avant de rejoindre l’orbite cible pour le rendez-vous et la capture au moyen de quatre bras robotiques, sous la supervision de l’ESA. L’ensemble chasseur-Vespa sera ensuite désorbité afin de brûler dans l’atmosphère.

Images et Vidéos

http://www.esa.int/ESA_Multimedia/Images/2019/12/ClearSpace_logo
http://www.esa.int/ESA_Multimedia/Images/2019/12/ClearSpace-1_with_captured_Vespa
http://www.esa.int//ESA_Multimedia/Images/2019/12/ClearSpace-1
http://www.esa.int/ESA_Multimedia/Images/2019/10/Distribution_of_space_debris_around_Earth
http://www.esa.int/ESA_Multimedia/Videos/2019/02/Distribution_of_space_debris_in_orbit_around_Earth

À propos de l’Agence spatiale européenne

L’Agence spatiale européenne (ESA) constitue la porte d’accès de l’Europe à l’espace.

L’ESA est une organisation intergouvernementale créée en 1975, dont la mission consiste à œuvrer au développement des capacités spatiales de l’Europe en veillant à ce que les investissements dans le secteur spatial bénéficient aux citoyens européens et du monde entier.

L’ESA compte vingt-deux États membres : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse, et 20 sont des États membres de l'UE.

L’ESA a mis en place une coopération officielle avec sept États membres de l’UE. Par ailleurs, le Canada participe à certains programmes de l’ESA au titre d’un accord de coopération.

En coordonnant les ressources financières et intellectuelles de ses membres, l’ESA peut entreprendre des programmes et des activités qui vont bien au-delà de ce que pourrait réaliser chacun de ces pays à titre individuel. Elle coopère en particulier avec l’UE à la mise en œuvre des programmes Galileo et Copernicus.

L’ESA développe les lanceurs, les satellites et les moyens sol qui permettent à l’Europe de jouer un rôle de premier plan sur la scène spatiale mondiale. Aujourd’hui, l’ESA développe et place en orbite des satellites d’observation de la Terre, de navigation, de télécommunication et d’astronomie, expédie des sondes jusqu’aux confins du Système solaire et participe à l’exploration humaine de l’espace.

Pour en savoir plus sur l’ESA: www.esa.int

For further information:

ESA – Salle de presse et Relations avec les médias – Ninja Menning

Email: media@esa.int

Tel: +31 71 56 56 409