| | Introduction
Aucun endroit sur Terre n’est à l’abri des catastrophes naturelles. Les pays tropicaux d’Asie du Sud-Est sont particulièrement affectés. Dans de magnifiques pays comme les Philippines, les inondations, cyclones, tremblements de terre et éruptions volcaniques sont le lot quasi-quotidien. L’Europe également, en dépit de sa qualité de vie, est de temps à autre le théâtre d’inondations et de tempêtes. Chaque fois qu’a lieu une telle catastrophe, le débat porte sur la vitesse et la qualité de la gestion qui s’impose, pour parfois même aborder la question de savoir comment une telle catastrophe pourrait être évitée ou prévue.
Quel est ici le rôle de l’Observation de la Terre ? Les satellites passent par-dessus quasiment toutes les régions du monde et produisent une imagerie régulière. Cette dernière doit permettre non seulement de détecter et de surveiller les régions, mais également d’évaluer les dégâts, une fois l’événement passé. Elle donne également des informations essentielles à l’intention des entités chargées de planifier et d’exécuter les opérations de sauvetages, ainsi que des autorités responsables de l’examen des droits d’indemnisation revendiqués par les personnes qui souffrent des conséquences d’événements catastrophiques.
Surveillance et gestion des catastrophes Ci-dessous, vous trouverez quelques remarques d’ordre général concernant la surveillance des catastrophes. Nous y insistons en particulier sur les termes et les procédures couramment utilisés dans la gestion des catastrophes naturelles.
La préparation à l’urgence vise à minimiser les pertes de vies humaines et de biens matériels résultant d’une catastrophe naturelle ou humaine. Cette préparation suppose l’anticipation de l’événement, ainsi que la spécification des actions à mettre en place, tant durant qu’immédiatement après, la catastrophe.
L’information est diffusée au public par les autorités, qui l’informent de ce qui doit être fait en cas d’urgence. Lors d’un événement, ou à la suite de ce dernier, le comportement social et public est sujet à d’importants bouleversements. En conséquence de quoi, les autorités publiques sont souvent investies de nouvelles responsabilités organisationnelles. Des programmes d’information et de formation aux dangers peuvent accroître le degré de préparation du public et orienter la conduite sociale en cas de catastrophe.
La planification d’une sensibilisation aux dangers vise à améliorer la capacité d’une zone, d’une région ou d’une nation donnée, à réagir à une catastrophe naturelle. La préparation à la catastrophe suppose la mise en place d’un système de surveillance des dangers connus, d’un système d’avertissement, d’un plan d’urgence et d’un plan d’évacuation, de voies de secours, ainsi que la formulation de programmes éducatifs destinés aux responsables publics et au professionnels concernés. De nombreux pays d’Amérique Latine et des Caraïbes développent et adoptent actuellement des plans d’urgence visant à identifier et à mobiliser les ressources humaines et nationales en cas de catastrophe. Le processus de gestion d’une catastrophe naturelle peut se diviser en mesures préliminaires à l’événement, actions à mettre en place durant et immédiatement après un événement et mesures à prendre ultérieurement. L’ordre chronologique de ces différentes actions est à peu près le suivant :
- Mesures préliminaires
- Atténuation des dangers naturels
- Recueil et analyse des données
- Réduction de la vulnérabilité
- Préparation à la prévision d’une catastrophe
- Préparation à l’urgence (ce qui comprend la surveillance, l’alerte et l’évacuation)
- Education et formation
- Mesures à mettre en place durant et immédiatement après un événement
- Sauvetage
- Secours
- Mesures à prendre ultérieurement
- Réhabilitation
- Reconstruction
Systèmes de surveillance des catastrophes Systèmes qui permettent l’observation, la mesure et l’évaluation continues d’un processus ou d’un phénomène, en vue de prendre des mesures pour l’éviter ou y remédier.
Tremblement de terre - Mesure géodynamique de l’accumulation de tensions
Volcan - Détection/mesure des émissions de gaz, de la température, des légers déplacements de terrain et des tremblements de terre
Glissement de terrain - Humidité et porosité du sol, précipitations et stabilité des pentes
Inondation - Mesure des précipitations locales
Orage - Mesure des vents de surface sur l’océan et de leur vitesse
Cyclone tropical - Prévision météo synoptique
Tornade - Observation de la météo locale
Sécheresse - Modèle climatique à long terme
Marée noire - Vols de surveillance, combinés avec des survols de satellites
La plupart de ces mesures doivent être acquises sur le terrain à l’aide de matériel sophistiqué. Tous ces appareils sont souvent reliés à des laboratoires centraux ou des institutions, au moyen de systèmes de télécommunication. Les satellites jouent un rôle de plus en plus important dans la surveillance de ces données. Ils peuvent assurer la couverture de vastes surfaces, tandis que l’équipement au sol ne permet que des mesures ponctuelles. Les satellites peuvent mesurer la température et évaluer de petits déplacements de terrain (qui annoncent souvent une éruption volcanique). Pour ce qui est des prévisions météo, les images satellite de la distribution nuageuse sont fondamentales. La surveillance des sécheresses est assistée par des données satellite qui indiquent la dégradation de la végétation liée au manque d’eau et à la vitalité/productivité de la végétation.
Les satellites sont également très utiles pour recueillir des informations durant et immédiatement après une catastrophe naturelle.
Du fait de la fréquente couverture nuageuse, des satellites équipés de capteurs radar sont souvent utilisés. Alliés à des informations cartographiques, ils constituent une source précieuse de données qui peuvent être mises à profit dans les cadre d’opérations de sauvetage et de secours.
Enfin, la surveillance par satellite présente également de nombreux avantages dans le cadre des mesures faisant suite à une catastrophe, notamment la réhabilitation et la reconstruction, surtout dans les régions étendues où d’autres moyens (avions, visites sur le terrain) sont impossibles, inefficaces, ou trop onéreuses. | |