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Chute de la concentration en dioxyde de soufre en Inde suite à la COVID-19

01/07/2020 45 views 2 likes
ESA / Space in Member States / Belgium - Français

Les concentrations en dioxyde de soufre dans les zones polluées de l’Inde ont diminué d’environ 40 % entre avril 2019 et avril 2020. Grâce aux données fournies par le satellite Sentinel-5P du programme Copernicus de l’Union européenne, des scientifiques ont élaboré de nouvelles cartes qui montrent la chute des concentrations à travers le pays en ces temps de COVID-19.

Dans un rapport publié par Greenpeace l’année dernière, l’Inde était citée en tant que plus grand émetteur au monde de dioxyde de soufre d’origine anthropique. Ce gaz contribue de façon significative à la pollution de l’air et entraîne de nombreux problèmes de santé. Il nuit également aux écosystèmes les plus fragiles et est annonciateur de pluies acides.

Si une partie du dioxyde de soufre atmosphérique est produit par des processus naturels – comme les volcans – une quantité substantielle résulte des activités humaines, au premier rang desquelles on trouve la production d’électricité par des centrales alimentées en combustibles fossiles.

Les émissions de dioxyde de soufre en Inde ont fortement augmenté ces dix dernières années, ce qui a aggravé les problèmes de brouillard sur une grande partie du pays. La pandémie de la COVID-19 a toutefois provoqué une chute considérable des activités humaines et industrielles depuis le début du confinement le 25 mars 2020.

Concentrations de dioxyde de soufre au-dessus de l’Inde
Concentrations de dioxyde de soufre au-dessus de l’Inde

Les cartes ci-dessous montrent les concentrations moyennes de dioxyde de soufre en avril 2019 comparées à celles d’avril 2020. Les nuances de rouge et de mauve foncés illustrent les concentrations les plus fortes de dioxyde de soufre dans l’atmosphère, tandis que les points noirs indiquent la localisation des grandes centrales électriques au charbon.

Les concentrations en dioxyde de soufre ont chuté considérablement en comparaison avec l’année précédente, notamment au-dessus de New Delhi, au-dessus de nombreuses centrales thermiques au charbon et d’autres zones industrielles. Quelques grandes usines dans les États du Nord-Est – Odisha, Jharkhand et Chhattisgarh – ont conservé un niveau d’activité substantiel alors que d’autres semblent s’être mises complètement à l’arrêt.

Cette analyse a été produite en utilisant des données issues de l’instrument Tropomi à bord du satellite Copernicus Sentinel-5P. Une amélioration récente de l’algorithme réalisée par l’Institut d’aéronomie spatiale de Belgique (IASB) a permis à l’équipe de mieux illustrer l’évolution des émissions de dioxyde de soufre au-dessus du pays.

Concentrations de SO2 et localisation des centrales électriques en Inde
Concentrations de SO2 et localisation des centrales électriques en Inde

Comme l’explique Nicolas Theys, de l’IASB : « Nous sommes très heureux du nouveau développement de l’algorithme étant donné qu’il est très sensible aux basses concentrations de dioxyde de soufre générées par les activités anthropiques. Comparées au processeur opérationnel, la sensibilité et la précision de la détection d’émissions anthropiques ont augmenté d’un ordre de grandeur ».

Claude Zehner, le gestionnaire de la mission Copernicus Sentinel 5-P à l’ESA, ajoute : « Avec nos produits opérationnels, nous pouvons mesurer fidèlement les fortes concentrations de dioxyde de soufre émises par les volcans, mais nous rencontrons des difficultés à détecter les émissions anthropiques de dioxyde de soufre. Une fois qu’il aura été mis en œuvre dans la chaîne de traitement opérationnelle de Sentinel 5-P au DLR (Centre aérospatial allemand), ce nouvel algorithme va rendre possibles de nouvelles applications, comme par exemple pour la vérification des inventaires existants d’émissions de dioxyde de soufre ».

A propos des satellites Sentinel de Copernicus

Les Sentinels Copernicus sont une flotte de satellites dédiés appartenant à l’UE, conçus pour fournir la plus grande partie des données et images nécessaires au programme environnemental Copernicus de l’Union européenne. La Commission européenne mène et coordonne ce programme destiné à améliorer la gestion de l’environnement et à préserver des vies au quotidien. L’ESA est en charge de la composante spatiale. Elle est responsable du développement de la famille des satellites Sentinel Copernicus pour le compte de l’Union européenne et assure le flux de données pour les services Copernicus, tandis que les opérations des Sentinel Copernicus ont été confiées à l’ESA et à EUMETSAT.

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