Water bed for dry immersion at Medes
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Medes: de nouvelles aventures dans le bain ou au lit pour la recherche spatiale

18/02/2020 795 views 4 likes
ESA / Space in Member States / France

L’ESA développe son programme d’alitement qui permet aux chercheurs d’étudier la manière dont un corps humain réagit à la vie dans l’espace – sans quitter son lit.

La science sans la gravité – l’alitement
La science sans la gravité – l’alitement

En micropesanteur, le corps d’un astronaute perd de la masse musculaire et de la densité osseuse, les yeux changent, les fluides migrent vers le cerveau, et ce parmi d’autres conséquences ; nos corps se sont adaptés à la vie sur Terre et ils ne sont pas conçus pour le vol spatial.

Une grande part de la recherche sur les vols habités est consacrée aux moyens de rester en bonne santé tout en vivant en orbite. Plus il y a de sujets de tests et mieux c’est, mais envoyer des personnes dans l’espace reste difficile et onéreux.

Les études d’alitement simulent les aspects du vol habité en gardant les volontaires allongés pendant de longues périodes de temps avec leur tête 6° sous l’horizontale. Une épaule doit toucher le lit en permanence, y compris pendant les repas, la douche et la satisfaction des besoins naturels.

L’ESA a mené de nombreuses études d’alitement avec le Medes, situé à Toulouse, et au laboratoire :envihab du Centre aérospatial allemand DLR situé à Cologne. L’Agence spatiale européenne travaillera désormais également avec l’Institut Jožef Stefan situé à Planica, en Slovénie, à l’occasion de la prochaine série d’études de 60 jours, l’une à Toulouse, et l’autre à Planica.

L’ajout du site de Planica est approprié puisqu’il est situé à haute altitude et que la pression atmosphérique y est moindre, un peu comme dans un futur habitat lunaire, ce qui ajoute à la simulation. Le centre permet aux chercheurs d’ajuster les conditions environnementales, comme le niveau d’oxygène dans la pièce. Effectuer les tests sur des volontaires en hypoxie (faible niveau en oxygène) est pertinent puisque lors de missions futures, l’environnement confiné d’un vaisseau ou d’un habitat spatial pourrait contenir moins d’oxygène.  

La centrifuge humaine du Medes
La centrifuge humaine du Medes

Chaque site en France, en Allemagne et en Slovénie dispose d’une centrifugeuse qui permet de créer une gravité artificielle alors que les sujets sont allongés. La gravité artificielle est envisagée comme contre mesure aux changements qui se produisent dans le corps humain pendant l’exploration spatiale.

« Nous avons pour but de tester de manière définitive des mesures qui réduisent les effets indésirables de la vie en micropesanteur, » explique Angelique Van Ombergen, coordinatrice scientifique pour la recherche sur les sujets humains à l’ESA. « L’ESA a une grande expérience des études d’alitement et cette nouvelle série d’études va nous permettre de mettre toutes les connaissances que nous avons acquises au service de la sélection et de l’amélioration des meilleures techniques. »

Des équipements spéciaux d’exercice seront montés sur les centrifugeuses. Dans le cadre de la préparation à l’exploration de la Lune et au-delà, l’effet de la centrifugeuse seule sera comparé à celui de la centrifugeuse accompagnée d’exercices ainsi qu’à des groupes de contrôle. 

Les chercheurs sont invités à soumettre des propositions d’expériences qu’ils souhaiteraient effectuer avec les courageux volontaires des études d’alitement qui vont débuter d’ici deux ans.

Un lit à eau pour l’immersion sèche

Lits pour immersion sèche au Medes
Lits pour immersion sèche au Medes

L’ESA va également mener pour la première fois avec le Medes un autre type d’étude qui utilise des lits d’immersion sèche. Vingt volontaires féminines resteront en suspension dans des sortes de baignoires pendant cinq jours chacune.

Les études en immersion sèche sont intéressantes car l’appui est réparti de manière égale sur toute la surface corporelle, ce qui imite la micropesanteur à laquelle sont soumis les astronautes à bord de la Station spatiale internationale.

« Nous avons décidé de mener notre premier protocole d’expérimentation en immersion sèche sur un panel de volontaires exclusivement féminin parce qu’il n’y a presque pas de données pour les femmes, » explique Jennifer Ngo-Anh qui dirige l’équipe SciSpace à l’ESA. « Nous ne ferons pas d’expériences spécifiques lors de cette première série, mais nous allons collecter des données pour mieux comprendre le modèle d’immersion sèche et la manière dont les femmes y réagissent afin d’étudier son intérêt dans le cadre d’études approfondies à l’avenir. »

Lit à eau pour immersion sèche au Medes
Lit à eau pour immersion sèche au Medes

Les chercheurs sont également invités à faire une demande d’accès aux données qui vont résulter des études en immersion sèche sur notre page d’annonce d’opportunités.

« Nous recevons beaucoup de candidatures de volontaires pour ces études, » conclut Jennifer, « mais elles n’ont rien de drôle ; le plaisir de rester couché s’estompe très rapidement, surtout quand il faut se soumettre à des prises de sang et à des biopsies musculaires. Nous ne cessons de saluer les volontaires qui sacrifient leur vie quotidienne au bénéfice de l’exploration humaine ! »

Les appels à volontaires pour les études d’alitement et en immersion sèche sont effectués par les organisations qui gèrent les études. Suivez-les si vous avez encore envie d’apporter votre contribution à la science des vols spatiaux habités.

Les résultats de ce type de recherches ne bénéficient pas seulement aux astronautes, mais également aux personnes qui, sur Terre, ont l’obligation de rester alitées pendant de longues périodes.

 

Pour plus d’informations sur le Medes, l’Institut de Médecine et de Physiologie Spatiales, rendez-vous sur http://www.medes.fr/

Un volontaire d’une étude d’alitement rêve du monde extérieur
Un volontaire d’une étude d’alitement rêve du monde extérieur