Bruxelles vu par Sentinel-1A
Agency

Premières images radar pour Copernicus

16/04/2014 1951 views 8 likes
ESA / Space in Member States / France

Le satellite de l’ESA Sentinel-1A, lancé le 3 avril, a déjà livré ses premières images radar de la Terre. Elles offrent un alléchant aperçu de l’imagerie opérationnelle que cette nouvelle mission va fournir à l’ambitieux programme européen Copernicus de surveillance de l’environnement.

Fort à propos, la première image montre Bruxelles (Belgique), siège de la Commission européenne. 

La Commission européenne dirige le programme Copernicus et coordonne la large gamme de services qui va permettre d’améliorer la gestion de l’environnement et de protéger la vie quotidienne. L’ESA a la responsabilité de développer la famille de satellites Sentinel et de garantir la disponibilité des flux de données pour ces services. 

Cette première image de la Belgique a été prise le 12 avril, un jour après que le satellite ait été positionné dans son attitude opérationnelle, et montre le potentiel de la vision radar de Sentinel-1A.

Suite à son lancement effectué depuis le port spatial de l’Europe en Guyane, Sentinel-1A a suivi une routine compliquée pour déployer son radar de douze mètres de long et ses deux ailes solaires de dix mètres de long, et effectué une série de vérifications initiales de ses instruments. 

Le satellite n’est pas encore sur son orbite opérationnelle, ni calibré pour fournir des données réelles. Ces tâches seront effectuées pendant la phase de mise en service, qui va prendre environ trois mois. Ce lot d’images préliminaires est juste un avant-goût de la suite.

La Namibie vue par Sentinel-1A
La Namibie vue par Sentinel-1A

La première image montre clairement l’environnement urbain dense autour de Bruxelles, qui apparaît en blanc au centre de l’image. Anvers est visible en rouge dans le coin en haut à gauche– le bleu et le vert représentent la végétation dans les zones environnantes. Les cours d’eau et les zones peu réfléchissantes, comme les pistes d’un aéroport, apparaissent en noir. 

Des images comme celle-ci seront notamment utilisées pour l’urbanisme, la surveillance de l’agriculture, la cartographie de la déforestation et la gestion des ressources en eau. 

Cette première série d'acquisitions comprenait également une zone en Namibie qui est actuellement inondée par le Zambèze (en haut à droite). 

L’île du Pin et le glacier de Thwaites vus par Sentinel-1A
L’île du Pin et le glacier de Thwaites vus par Sentinel-1A

Bien que la mise en service vienne de débuter, l’équipe a ordonné au satellite de prendre des images de l’inondation, comme elle le fera en cas d’urgence lorsque la mission sera complètement opérationnelle. Une fois les images reçues par la station au sol, elles ont été rendues disponibles en moins d’une heure. 

La faculté de Sentinel-1A de « voir » à travers les nuages, la pluie et dans le noir le rend particulièrement efficace pour surveiller les inondations et fournir des images pour les interventions d’urgence. Cette zone de la plaine Caprivi était d’ailleurs dissimulée sous une épaisseur de nuages quand le satellite a pris ces images le 13 avril. 

L’une des images prises le même jour montre le Glacier de l’île du Pin en Antarctique. Ce glacier est en perpétuel retrait, et il est très important de garder un œil sur ces glaciers dont la glace fond au profit de l’océan.

La péninsule Antarctique vue par Sentinel-1A
La péninsule Antarctique vue par Sentinel-1A

Une autre image montre un transect de la partie nord de la péninsule Antarctique. 

Outre la surveillance des glaciers, Sentinel-1A est destiné à générer des cartes à jour des conditions de la glace de mer, particulièrement pour les eaux de plus en plus fréquentées de l’Arctique. Les images fournies par son radar de pointe peuvent être utilisées pour faire la distinction entre la glace annuelle, plus fine et plus navigable et la dangereuse glace pluriannuelle, plus épaisse, afin d’aider à assurer la navigation sans danger tout au long de l’année dans les eaux polaires. 

Grâce à ces premières images, Sentinel-1A démontre d’ores et déjà le rôle vital qu’il va jouer dans le plus grand programme civil d’observation de la Terre jamais imaginé.

Related Articles

Related Links