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Les chercheurs convaincus de l’utilité du satellite pour suivre les épidémies
La quantité de données récoltées par les satellites s’accroît à un rythme exponentiel et les chercheurs sont en train de découvrir leur valeur dans la lutte contre le déclenchement des épidémies dans le cadre du projet Epidemio de l’ESA. « Avant j’avais un avis plutôt négatif sur le rôle que pouvaient jouer les satellites dans la gestion des épidémies, maintenant je suis bien plus positive » déclare Pénélope Vernatsou de l’Institut Tropical Suisse. Le projet Epidemio, financé par l’ESA, a été démarré en janvier 2004 pour mettre en évidence les possibilités offertes par les données d’observation de la Terre pour l’étude, la surveillance et la prédiction des épidémies.
En utilisant les données qui définissent plus particulièrement les paysages d’une région – les précipitations, la végétation, l’hydrographie, l’altitude, la couverture de poussières et la température – les scientifiques sont à même de déterminer les conditions climatiques qui sont favorables au développement des différents vecteurs épidémiques, ce qui permet d’en déduire où les populations sont le plus en danger.
Ghislain Moussavou, du Centre International de Recherches Médicales de Franceville (CIRMF), au Gabon, a commencé à étudier la fièvre hémorragique Ebola au Congo et au Gabon, dans l’espoir de détecter des critères environnementaux particuliers associés avec les sites infectés. La fièvre Ebola peut entraîner de forts saignements internes et externes chez les humains et les singes.
En combinant les données recueillies pour le projet Epidemio par le satellite Envisat de l’ESA sur les étendues d’eau, la couverture forestière et des modèles numériques de terrain, avec des relevés faits sur le terrain, Ghislain Moussavou et son équipe ont été capables de relier l’épidémie avec l’aridité et les sècheresses.
La sècheresse est également favorable au développement de la méningite, une inflammation du cerveau et de la moelle épinière. Les épidémies démarrent presque toujours au début de la saison sêche, lorsque le temps est chaud et l’air chargé de poussières. Pour ces raisons, l’ESA a fourni des cartes des concentrations en poussières pour les régions à haut risque pour aider à la mise en place d’un système d’alerte préventive.
Dans le cadre d’Epidemio, Christelle Barbey, de la société française Silogic, travaille actuellement à la réalisation de cartes des concentrations en poussières soulevées par le vent en Afrique. Ses résultats définitifs sont en cours d’achèvement, mais, à partir des données Meteosat elle a pu détecter 100% des événements déjà connus et déterminer que ces cartes correspondent bien à un besoin des acteurs impliqués dans la lutte préventive contre la méningite.
Giuseppe Ottavianelli et Aude de Clercq, de la société néerlandaise HISTAR Solutions, sont actuellement impliqués dans un projet, soutenu par un financement de l’Incubateur Spatial Européen de l’ESA (ESI), dont l’objectif est de confirmer les déclenchements d’épidémies de paludisme en Afrique prévues par l’étude des données satellitaires.
Le paludisme est transmis par la femelle du moustique de l’espèce Anophèle. Si le capteur détecte leur présence en grand nombre, les autorités publiques seront alertées afin que des mesures préventives puissent être prises.
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