Cassini relève des indices suggérant qu'Encelade abrite un océan

Zooming in on Enceladus
29 juin 2009

Les scientifiques européens de la mission conjointe NASA/ESA Cassini ont détecté pour la première fois des sels de sodium dans les particules de glace de l’anneau E de Saturne, qui est alimenté par les panaches de vapeur d’eau et de particules de glace émis par la lune Encelade de Saturne. La détection de glace salée indique que la petite lune abrite un réservoir d’eau liquide - peut-être même un océan - sous sa surface.

Cassini a découvert des geysers d’eau glacée sur Encelade en 2005. Ces jets, émis par des fractures à proximité de son pôle sud, projettent de minuscules particules de glace et de vapeur, dont certaines échappent à la gravité du satellite pour alimenter l'anneau externe de Saturne, l’anneau E.

L’analyseur de poussière cosmique de Cassini, exploité par l'équipe du chercheur principal Ralf Srama de l’Institut Max Planck de Physique nucléaire de Heidelberg en Allemagne, a examiné la composition de ces grains et découvert qu'ils contenaient du chlorure de sodium (du sel de table).

« Nous pensons que le matériau salé provient des profondeurs d’Encelade où la roche est en contact avec une couche liquide », déclare Frank Postberg, scientifique de la mission Cassini sur l’Analyseur de poussière cosmique à l’Institut Max Planck de Physique nucléaire de Heidelberg. Frank Postberg est le principal contributeur d’une étude publiée dans l'édition du 25 juin du journal Nature.

Enceladus
Enceladus' craters and complex, fractured terrains

Les chercheurs travaillant sur l’Analyseur de poussière cosmique concluent que de l'eau liquide doit être présente, parce que c'est le seul moyen de dissoudre des quantités significatives de minéraux capables d’expliquer les niveaux de sel détectés. Le processus de sublimation - le mécanisme par lequel de la vapeur est directement émise par de la glace solide dans la croûte - ne peut expliquer la présence de sel.

La constitution des particules de l’anneau E, déterminée par une analyse chimique de milliers de chocs de particules à vitesse élevée enregistrés par Cassini, fournit des informations indirectes sur la composition des panaches et sur ce que renferme Encelade. Alors que les particules de l’anneau E sont presque de l’eau pure à l’état de glace, l’analyseur de poussière a détecté du sodium à l’intérieur des particules dans pratiquement chaque analyse de composition.

« Nos mesures révèlent qu’en plus du sel de table, les particules contiennent également des carbonates tels que la soude, et ces deux composants sont dans des concentrations telles qu’elles correspondent à la composition prévue d’un océan d’Encelade », déclare Frank Postberg. « Les carbonates entraînent également un pH légèrement alcalin. Si la source liquide est un océan, ce fait, associé à la chaleur mesurée à la surface à proximité du pôle sud de la lune et aux composés organiques découverts à l’intérieur des panaches, pourrait démontrer que l’environnement d’Encelade est propice à la formation de précurseurs des formes de vie. »

L’une des priorités essentielles de Cassini pendant son voyage prolongé baptisé « mission Équinoxe de Cassini » consiste à déterminer la nature et l’origine du panache.

Vous pouvez lire la version complète de cet article sur le site de la mission Cassini-Huygens.

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