Chine-Belgique jusque sur la Lune pour étudier l'environnement spatial

Notre étoile en 3D
Notre étoile en 3D, grâce aux observations simultanées des deux satellites STEREO
18 août 2006

"La coopération internationale est notre meilleure référence", aime répéter Claude Jamar, le directeur général du Centre spatial de Liège (CSL). Cette installation universitaire qui effectue pour l'ESA des tests dans des simulateurs et qui conçoit des instruments optiques pour satellites travaille avec la NASA (National Aeronautics & Space Administration) et l’Académie chinoise des Sciences et la sur des missions scientifiques qui concernent l'étude des relations Terre-Soleil. Elle coopère avec la CONAE (Comision Nacional de Actividades Espaciales) argentine pour les observations radar de la surface terrestre.

Ce 31 août, doivent être lancés du Cape Canaveral pour se placer de chaque côté de notre planète – direction Soleil et à l’opposé - deux satellites identiques STEREO (Solar Terrestrial Relations Observatory) de la NASA, destinés à donner une vision en 3D de l'activité du Soleil: ils sont, entre autres, équipés du télescope dans l'ultraviolet SECCHI (Sun Earth Connection Coronal and Heliospheric Investigation) qui implique le CSL (réalisation) et l'Observatoire royal de Belgique (exploitation).

Le CSL a conçu, intégré et testé l’instrument EIT de l’observatoire solaire SOHO

En matière de télédétection spatiale, une équipe du CSL, dirigée par Christian Barbier, aide depuis plusieurs années l'Argentine à mettre en oeuvre son satellite SAOCOM d'observation radar et à en traiter les données. Le lancement du premier SAOCOM au moyen d’un lanceur russe est prévu pour 2010. Une autre équipe, avec Pierre Rochus à sa tête, est en train de démarrer une importante collaboration avec la Chine - aux côtés d’équipes de chercheurs allemands, anglais, autrichiens, français, canadiens, irlandais, italiens, norvégiens, autrichiens - dans le cadre de deux programmes d'exploration de l'environnement de l'espace durant la prochaine décennie. L'objectif est d'être au rendez-vous de la prochaine période d'activité solaire maximum en 2012. Il y a la mission KuaFu de météorologie spatiale avec trois satellites (dont deux similaires autour de la Terre) qui, fonctionnant en parallèle, caractériseront le fonctionnement de la magnétosphère terrestre sur des orbites différentes.

Comprendre la machine solaire, tel est l’objectif des missions SOHO (sur cette vue), STEREO et KuaFu

Les KuaFu-B1 et KuaFu-B2 seront satellisés autour de notre planète pour regarder de façon simultanée le phénomène des aurores qui se manifestent aux pôles Nord et Sud, alors que le KuaFu-A, avec d’autres instruments, évoluera à 1,5 millions de la Terre sur le point de Lagrange L1 et observera de façon continue notre étoile. La Chine prévoit de faire arriver, également en 2012, sa sonde Chang'e-2 sur la Lune. A bord de cette sonde, comme sur chaque KuaFu, le CSL envisage d'être présent avec des imageurs dans l'ultraviolet. Il s'agit d'équipements basés sur une instrumentation que le CSL a mise au point et qui a tenu ses promesses sur les observatoires SOHO (Solar & Heliospheric Observatory) de l'ESA et Image (Imager for Magnetopause to Aurora Global Exploration) de la NASA.

Le Centre Spatial de Liège
Le Centre Spatial de Liège

A l'assemblée scientifique du COSPAR (Committee on Space Research) qui s'est tenue à Beijing du 16 au 23 juillet, le CSL était représenté par P. Rochus. Ce fut l'occasion de jeter les bases d'un accord entre l'Académie chinoise des Sciences, le Centre spatial de Liège et l'Institut d'Aéronomie spatiale de Belgique (IASB) concernant l'analyse de la plasmasphère terrestre au moyen d'une caméra dans l'ultraviolet extrême. Par ailleurs, Viviane Pierrard, qui fait partie du Groupe "Physique des plasmas spatiaux" de l'IASB, a reçu du COSPAR et de l'Académie des Sciences de Russie la prestigieuse médaille Zeldovich qui récompense les jeunes chercheurs pour l'excellence et la pertinence de leurs travaux scientifiques. Grâce aux missions chinoises KuaFu et Chang’E, les recherches qui sont menées en Belgique sur les relations Terre-Soleil sont assurées d’avoir une continuité de haut niveau.

Le prochain micro-satellite « made in Belgium » sera PROBA-2 qui doit être lancé fin 2007 et placé sur une orbite héliosynchrone. Il s’agira d’un observatoire compact de 120 kg, destiné principalement à étudier l’activité du Soleil. Le Centre Spatial de Liège, l’Observatoire Royal de Belgique et l’Institut d’Aéronomie Spatiale, coopèrent avec l’industrie belge et des partenaires européens pour développer le radiomètre LYRA (Lyman-Alpha) et le télescope SWAP, qui effectueront des observations dans l’ultraviolet. LYRA opèrera dans quatre bandes du spectre large, tandis que SWAP étudiera la couronne solaire dans une bande étroite. PROBA-2 permettra, entre autres, d’améliorer la « météo spatiale ».

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