Cuve liégeoise pour simulateur indien

L’imposante cuve du grand simulateur spatial
6 septembre 2005

Imaginez un module spatial qu'on fait fonctionner à l'envers: à l'intérieur, on crée des conditions de vide et de températures extrêmes. C'est ce qu'on appelle un simulateur au sol du milieu de l'espace, mais sans l'impesanteur.

Il sert à tester, à calibrer, à qualifier un satellite ou un instrument pour que ses structures et composants puissent résister à un environnement sévère à cause du vide poussé et les fortes variations thermiques. Le passage en simulateur permet d'obtenir une garantie de fiabilité et de résistance dans un monde hostile pour les matériaux terrestres. Tout acteur dans l'espace, tout fabricant de systèmes spatiaux est équipé d'un caisson de simulation pour s'assurer de leur bon fonctionnement avant de les lancer.

L'Inde mise sur la dimension de l'espace pour y jouer un rôle de premier plan avec des missions de plus en plus ambitieuses autour de la Terre. Elle met au point et en oeuvre ses satellites d'observation, de météorologie, de télécommunications et de télévision, une sonde d'exploration lunaire, ainsi qu'une capsule récupérable... L'ISRO (Indian Space Research Organisation) est en train d'équiper son centre de satellites (ISAC) à Bangalore d'importants moyens pour tester des systèmes spatiaux de grandes dimensions. Ainsi un simulateur du vide qui a 7 m de diamètre et une longueur de 10 m doit y être installé à la fin de 2005.

Le système de chargement des satellites à tester

A la suite d'un appel d'offres international, l'ISRO a passé commande de cet important simulateur à un consortium européen dirigé par Angelantoni Industrie Le prix de cette fourniture "clefs sur porte" s'élève à 13,5 millions d'euros. C'est au savoir-faire belge que le maître d'oeuvre italien a fait appel pour réaliser en six mois l'imposante cuve où sont produites les conditions d'un vide poussé (jusqu'à un milliardième de bar) et de températures extrêmes (entre + 120 et - 180 degrés C). Ainsi la société AMOS (Advanced Mechanical & Optical Systems) de Liège (Région wallonne) a obtenu un contrat de 2,5 millions d'euros qui a nécessité 9 000 heures de travail.

Le caisson en acier inoxydable et son système hydraulique de chargement - l'ensemble faisant 50 tonnes - ont été réalisés dans l'usine des Ateliers de la Meuse. "Ce simulateur présente deux grandes originalités", précise Christophe Delrez, chef de projet et responsable du Département électro-mécanique d'Amos. "D'une part, le dispositif de couvercle basculant permet d'y introduire de grands satellites à tester. D'autre part, cet ensemble de 50 tonnes, pour être amené jusqu'à Bangalore, est constitué de cinq éléments séparés, ce qui en fait sans doute le simulateur transportable le plus grand développé à ce jour."

Les cinq pièces détachées du simulateur ont quitté Liège le 17 août sur péniche. Ils sont acheminés par bateau d'Anvers à Chennai (ex-Madras) où ils arriveront fin septembre. C'est la deuxième fois que les Liégeois aident les Indiens à s'équiper d'un simulateur spatial de grande taille. AMOS a coopéré avec le Centre Spatial de Liège sur une importante installation d'essais qui est opérationnelle à Ahmedabad au Centre d'applications spatiales (SAC) de l'ISRO.

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