Des élèves de six écoles secondaires vont faire l’expérience de la microgravité

Le laboratoire volant « Airbus A300 Zero G »
20 mars 2006

Sous l’impulsion de l’astronaute belge le Vicomte Dirk Frimout, le Ministre fédéral de la Politique scientifique MarcVerwilghen a accordé son soutien à l’organisation d’un concours scientifique, unique en son genre : Avec tes élèves en Zero G.

A la mi-janvier, un jury constitué de personnalités importantes du monde scientifique, technologique et pédagogique a sélectionné six équipes, chacune comprenant quatre élèves de l’enseignement secondaire, un enseignant et un parrain de l’enseignement supérieur.

Une chance unique

Dirk Frimout (à gauche) et Eric Beka pendant le briefing

Ces équipes ont ainsi une occasion unique d’effectuer en microgravité, à bord de l’Airbus A300 « Zero G » aménagé en laboratoire volant, une expérience qu’ils ont conçue et réalisée. Ce qui va leur permettre d’éprouver ce qu’est l’absence de pesanteur. Les vols, comprenant une trentaine de paraboles – pour une douzaine de minutes de microgravité - vont se dérouler en septembre et un atterrissage de l’Airbus est prévu sur la base de Melsbroek, près de l’aéroport de Bruxelles-National.

Au total, 27 écoles ont déposé 68 propositions d’expériences, suite à l’appel à projets lancé il s’agit d’un concours organisé par l’association Euro Space Society, soutenu par l’ESA et le Service fédéral belge de la Politique scientifique. Le choix s’est porté sur six écoles :

  1. le Vrij Technische Instituut à Ypres pour tester un détecteur chantant de gravitation ;
  2. le Collège et Institut Technique Saint-Vincent à Soignies, pour l’étude de lévitations magnétiques dans des conditions de pesanteur variable ;
  3. le Sint-Romboutscollege à Malines pour expérimenter un jardin chimique ;
  4. le Collège Saint Michel à Bruxelles pour la propagation d’un liquide en microgravité ;
  5. le Sint-Jan Berchmanscollege à Bruxelles pour la diffusion de vagues dans les conditions de zéro g ;
  6. le Collègue Cardinal Mercier, à Braine l’Alleud, pour une expérience sur le phénomène des écoulements et amoncellements avec des tas de sable en microgravité.

Le premier briefing

Les étudiants de Malines présentent leur expérience à Dirk Frimout

Le 15 février, les groupes sélectionnés ont déjà eu à Bruxelles - au siège de l’Euro Space Society - leur premier briefing sur le déroulement des vols paraboliques et sur la phase de développement de leur expérience. Les lauréats ont été accueillis, entre autres, Dirk Frimout, le premier astronaute belge, par Vladimir Pletser, le spécialiste à l’ESA des vols paraboliques (il a déjà plus de 4000 paraboles à son actif) et par Eric Beka, le Haut Représentant pour la Politique Spatiale. Celui-ci s’est exprimé au nom du Ministre pour souligner l’importance scientifique, technique et pédagogique de la participation d’élèves à des expériences en microgravité.

Les élèves apprendront ce que signifie vraiment faire de la science. Et naturellement, leur baptême de l’impesanteur restera un moment inoubliable. «Mais chacun doit avoir à l’esprit qu’il y a en premier lieu une expérience à effectuer », précise Vladimir Pletser.

Les besoins en chercheurs, ingénieurs et techniciens

Vladimir Pletser, en pleine pirouette lors d’un vol parabolique

D’après Eric Beka, cette compétition entre élèves de différentes écoles remplit un but bien plus large que celui d’accomplir des expériences : « En Belgique comme dans le reste de l’Europe, on constate qu’il y a de moins en moins d’intérêt pour les carrières scientifiques ou techniques. » E. Beka estime que cette situation est alarmante : « Ceci menace à court terme la capacité européenne de progresser et d’innover. »

Il a fait référence à des propos de Jean-Jacques Dordain, le Directeur Général de l’ESA. Celui-ci n’hésite pas à répéter : « Nous risquons, dans la prochaine décennie, de nous trouver avec les budgets nécessaires aux nouveaux programmes dans l’espace, mais sans les scientifiques, les ingénieurs ou les techniciens pour les mettre en oeuvre. »

Les lauréats du concours vont, de toute façon, pouvoir faire l’expérience de ce que la recherche scientifique est de faire face à des questions qui restent à résoudre. « La recherche scientifique, c’est l’excitation de se trouver face à une question non résolue, à un mystère, c’est l’enthousiasme créatif avec lequel on cherche à trouver une réponse à ces questions », explique E. Beka. «Et c'est le plaisir de communiquer ses résultats, de les remettre en question et d’en débattre avec d’autres. »

Pour plus d’informations

Mme Elke Delvoye
Politique scientifique fédérale
02/238.34.34
Mr Camille Goossens
Euro Space Society
0477/21.86.97

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