Du « made in Belgium » à bord du Soyouz 2 guyanais

A partir de 2009, l’Europe disposera de Vega, Soyouz 2 et Ariane 5
4 juin 2007

Le lanceur russe Soyouz 2, qui est dérivé de la Semyorka, la doyenne des fusées spatiales, décollera d’une nouvelle infrastructure du Centre Spatial Guyanais. On a dû l’équiper d’un kit de sauvegarde européen ou KSE pour garantir la sécurité des zones habitées de Kourou et de Sinnamary.

Réalisé par Thales Alenia Space ETCA à Charleroi (Belgique), ce kit est le seul équipement électronique européen à bord du Soyouz 2 qui sera lancé en Guyane.

« Il fallait ajouter un dispositif de sécurité supplémentaire, vu que le lanceur Soyouz peut, s’il dévie de sa trajectoire, représenter un risque pour les habitants des communes de Kourou et de Sinnamary », explique Nathalie Pottier, responsable ESA des problèmes d’interface de l’équipement européen avec le lanceur russe. Celui-ci est déjà doté de trois chaînes électriques redondantes et d’un système autonome de détection de panne qui, en cas d’anomalie, déclenche l’arrêt de la poussée des propulseurs. Ce dispositif russe n’entre automatiquement en action qu’une quinzaine de secondes après le décollage, afin d’éviter que la fusée ne retombe sur l’ensemble de lancements. Le KSE fourni par l’ESA est actionné par télécommande, par le service « sauvegarde » du Centre Spatial Guyanais.

Participation belge au Soyouz en Guyane

L’Ensemble de Lancement Soyouz

Le chantier de l’Ensemble de Lancement Soyouz (ELS) bat son plein avec la sortie de terre des bâtiments et des structures bétonnées. Le personnel russe arrivera en Guyane à la fin de l’année. Il y aura jusqu’à 350 personnes - dont 10 % de cadres-ingénieurs - pour la 1ère campagne de lancements à la fin de 2008. On prévoit actuellement, à partir de l’ELS, 2 à 4 lancements par an avec des Soyouz 2-1-A (2.730 kg en GTO/1.180 kg en MEO/ 4.450 kg en orbite héliosynchrone) et Soyouz 2-1-B (3.060 kg/1.570 kg/4.900 kg).

Le programme Soyouz en Guyane représente un investissement européen de 344 millions € (conditions économiques de 2002), sans compter les adaptations de la base qui sont directement financées par le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales), les stations aval pour les missions en orbite polaire. Il y a 223 millions € qui sont pris en charge par sept Etats membres de l’ESA. La France est le principal contributeur avec 63 %, suivi de l’Italie (8 %) et de la Belgique (6,53 %). L’Union Européenne fournit un complément d’une vingtaine de millions €. Arianespace a contracté un prêt de 121 millions € auprès de la BEI (Banque Européenne d’Investissement).

Les industriels belges sont présents avec Thales Alenia Space ETCA pour l’adaptation de la chaîne de sauvegarde à bord du Soyouz, Telindus pour les systèmes de télécommunications, d’optique et de vidéo, Cegelec pour les sous-systèmes « courants faibles » et « fluides » sur l’Ensemble de Lancements Soyouz (ELS), Axima pour la climatisation des installations.

Le KSE, objet de tous les soins

Banc d’essais pour le Kit Sauvegarde Europe (KSE)

Le KSE (Kit Sauvegarde Europe) comprend 2 répondeurs et antennes radars, 2 récepteurs et antennes télécommande, 2 batteries, des câbles haute fréquence et le boîtier de commutation d’alimentation électrique. Celui-ci, pour une question d’encombrement, innove en étant redondé en interne grâce à 2 chaînes installées dans le même boîtier. Son développement intégral, du design à la construction, est confié à Thales Alenia Space ETCA, qui doit fournir trois exemplaires de qualification Par ailleurs, l’ensemble est réceptionné, intégré, testé, validé à Charleroi avant d’être expédié chez TsSKB Progress à Samara pour de nouveaux essais (compatibilité électromagnétique) et pour son installation sur le lanceur Soyouz 2. La production d’un lot de cinq autres est en négociation avec Arianespace.

« C’est le savoir-faire acquis avec la famille Ariane qui justifie notre place d’équipementier européen sur le lanceur russe », a rappelé Jean-Luc Bolle, Directeur des activités lanceurs chez Thales Alenia Space ETCA, qui est le plus important fournisseur d’électronique à bord d’Ariane 5. Sur chaque exemplaire, se trouvent quelque 80 kg d’équipements, répartis en 21 boîtiers de six types différents : distribution électricité, contrôle et sauvegarde, pilotage des servo-vérins, séparation des étages et de la coiffe, centrale de commutation. Et d’ajouter : « La fourniture de matériels et de services pour le Soyouz lancé de Guyane fait de nous un partenaire de choix pour le futur en Europe des lanceurs qui seraient développés en coopération avec la Russie ».

Les différents équipements du Kit Sauvegarde Europe (KSE)

Le 24 mai dernier, lors de sa présentation aux médias, le premier modèle du KSE a servi à démontrer les qualités du banc d’essais, dit universel vu sa modularité, de la filiale wallonne de Thales Alenia Space. Ce produit CARAT (Common Architecture for Automatic Tests) intègre dans un seul et même outil tous les services nécessaires à l’exécution d’essais d’équipements électroniques, tout en respectant les exigences de flexibilité, d’accessibilité et de convivialité. Il est proposé à une large gamme d’applications dans les secteurs aéronautique, ferroviaire et automobile.

Copyright 2000 - 2014 © European Space Agency. All rights reserved.