ESSW9 : la « météo de l’espace » au cœur de l’Europe

Palais Académies Bruxelles
30 octobre 2012

Du 5 au 9 novembre, le Palais des Académies à Bruxelles accueille les spécialistes du « space weather » (météo de l’espace) pour faire le point sur les avancées scientifiques et technologiques dans l’étude des relations Soleil-Terre et de leurs effets tant sur le milieu spatial que pour l’environnement terrestre. Depuis 2004, cette conférence annuelle ESWW (European Space Weather Week), est devenue une tradition belge en novembre. Elle est organisée par le STCE (Solar-Terrestrial Centre of Excellence) du Plateau d’Uccle (Bruxelles) avec le support du COST (European Cooperation in Science & Technology), de l’ESA et de Belspo qui gère le programme spatial belge.

Cette année, pour la 9ème édition ou ESWW9 (9th European Space Weather Week). quelque 250 représentants de la communauté scientifique et du monde industriel sont attendus dans la capitale européenne. Cette conférence est centrée sur le volet « météo de l’espace » du programme SSA (Space Situational Awareness), dont l’initiative fut lancée par l’ESA lors de sa précédente Conférence ministérielle à La Haye en novembre 2008.

L’Europe, avec l’ESA, entend donner au SSA une forte impulsion sur le plan international en lui conférant le statut de service opérationnel permanent. C’est d’ailleurs ce que recommande le Conseil européen de l’Espace qui réunit les Etats membres de l’Union et de l’ESA. L’objectif est de réussir la synergie, d’abord en Europe puis au niveau mondial, des systèmes sur orbite et au sol pour la surveillance des phénomènes et débris qui font courir des risques de dysfonctionnement des engins spatiaux et des infrastructures terrestres. La Belgique, comme elle prévoit de le confirmer lors de la Conférence ministérielle de Naples-Caserta du 19 au 21 novembre, veut jouer un rôle clef pour les activités de « météo de l’espace » qui assurent le suivi permanent des relations Soleil-Terre. Avec la réalisation d’une banque de données qui est hébergée par le Centre ESA de Redu (province de Luxembourg).

Le STCE, pionnier du volet « space weather »

Proba-2

L’ESWW9 dressera le portrait de l’Europe du point de vue de la « météo de l’espace », en couvrant un large éventail de ses aspects et effets. Il sera question des missions et perspectives, des effets des variables solaires sur les conditions climatiques, de la modélisation pour les prévisions, des opérations sur orbite, du « space weather » dans le système solaire. Le 5 novembre, au soir, la présentation d’ouverture sera faite au Palais d’Egmont – c’est là que l’ESA a vu le jour en juillet 1973 – par l’astrophysicienne Prof. Jocelyn Bell Burnell qui fit en 1967 la découverte des signaux du phénomène des pulsars.

Plus spécifiquement, ce sont les activités du volet « météo de l’espace » de la SSA qui intéressent les chercheurs et industriels belges. Dans ces activités, Belspo, le Service Public de Programmation de la Politique scientifique, est présent avec une participation de 4,5 millions d’euros (soit 41 %). C’est le STCE qui tire principalement parti des retombées de ce soutien financier. L’Observatoire Royal de Belgique, au sein du Pôle Espace de la Belgique, constitue un moteur dans le développement des activités SSA sur l’ensemble du globe.

Créé et financé par le gouvernement belge dans le cadre de la politique scientifique fédérale, le réseau interdisciplinaire STCE démontre l’efficacité, pour observer et comprendre les relations Soleil-Terre, d’une union des compétences de trois institutions scientifiques belges de renom: l’Observatoire Royal de Belgique (ORB) pour la connaissance de l’activité et du rayonnement du Soleil grâce au micro-satellite Proba-2 et à la station de Humain (province de Luxembourg), l’Institut Royal Météorologique (IRM) pour la mesure de l’énergie et des influences solaires sur la météorologie et sur l’ionosphère, et l’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB) pour les effets de notre étoile dans le comportement et l’évolution de l’atmosphère. L’IASB, avec le B.USOC (Belgium User Support & Operation Centre), est responsable des opérations de la mission Picard d’un petit observatoire français du Soleil, ainsi que de l’exploitation des instruments Solar sur Colubmus à bord de l’ISS (International Space Station).

Initiative pour des missions avec petits satellites

Proba-2 préparé pour son lancement Rokot depuis le cosmodrome de Plesetsk.

La conférence ESSW9, qui dure une semaine, va présenter les nouvelles orientations et innovations pour la connaissance et la compréhension des relations Soleil-Terre. L’ESA a mis à disposition des chercheurs le Proba-2 « made in Belgium », un micro-observatoire très utile qui, tous les jours, surveille l’activité du Soleil et mesure son influence sur notre planète. Ses images et données sont exploitées, avec l’aide du Centre ESA de Redu, par le SIDC (Solar Influence Data Analysis Center) à l’Observatoire Royal de Belgique. Il constitue un instrument de qualité dans le développement des activités « météo de l’espace » en Europe.

Ayant préconisé le développement de la plate-forme intelligente Proba dans la mise en œuvre de petits satellites technologiques - Proba-1 pour l’observation de la Terre, Proba-2 pour le suivi de l’activité solaire -, la Belgique avec Belspo a décidé de privilégier l’emploi de micro-satellites pour des missions destinées à la science, l’environnement et la sécurité. Sa délégation compte, lors de la prochaine Ministérielle de l’ESA, faire adopter la « Small Satellite Initiative » comme solution économique, dite « low cost », d’actions originales et innovantes dans le cadre de recherches et applications au service de tous dans le monde.

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