Essais dans le désert pour le rover martien de l’ESA

Test du rover
4 octobre 2013

Le plus ambitieux test de rover planétaire jamais effectué par l’ESA se déroulera la semaine prochaine. L’exploration robotique d’un désert similaire à Mars situé en Amérique du Sud sera supervisée depuis le Royaume-Uni, et permettra d’expérimenter en vue de futures missions sur la planète rouge.

Le rover affrontera le milieu désolé du désert de l’Atacama au nord du Chili, l’un des endroits sur Terre les plus semblables à Mars. Figurant parmi les endroits les plus secs, aucune végétation n’y pousse et son sol brun-rouge et ses rochers accroissent sa ressemblance avec Mars.

Le but est d’accumuler de l’expérience dans l’exploitation d’un rover sur une planète, qui demande de travailler d’une manière très différente par rapport à l’exploitation d’un satellite.

Pour ajouter un peu de pression sur les superviseurs distants du rover – basés dans les installations de Satellite Applications Catapult à Harwel, Royaume-Uni, proches du Centre européen pour les applications spatiales et les télécommunications de l’ESA  – chacun des cinq jours de test sera considéré comme deux jours martiens, appelés ‘sols’.

Lors de chaque sol, ils téléchargeront d’abord les données et prépareront ensuite un ensemble d’instructions pour le sol suivant, que le rover exécutera ensuite sans intervention de leur part.

Les rochers de l'Atacama

L’essai devrait permettre de développer des technologies et des compétences pour les missions vers Mars de manière générale, mais pour plus de réalisme, il utilise la mission de l’ESA ExoMars 2018 comme ‘mission de référence’.

Un premier prototype du rover ExoMars à six roues sera mis à l’épreuve, équipé de prototypes de trois de ses instruments scientifiques : une caméra panoramique pour l’imagerie 3D stéréo, un géoradar pour sonder la géologie du sous-sol, et un imageur macro pour étudier des échantillons du sous-sol jusqu’à une résolution d’un millième de millimètre.

Ces trois instruments seront utilisés simultanément pour choisir un site d’échantillonnage offrant à la fois des affleurements rocheux et des rochers détachés. Une perceuse à main opérée par une personne sur place rassemblera des échantillons de roches souterraines que le rover aura à examiner – mais cette intervention sera invisible pour les opérateurs distants.

Le rover ExoMars sur Mars

“Cet essai sur le terrain va nous permettre d’optimiser l’utilisation des instruments et de l’équipement typique d’un rover martien, et de générer une série d’instructions que le rover aura à exécuter le jour suivant,“ explique Michel van Winnendael, qui supervise l’Expérience de récolte sur le terrain d’échantillons avec un rover (SAFER - Sample Acquisition Field Experiment with a Rover), un projet de l’ESA.

  “Contrairement aux satellites, les rovers planétaires opèrent en interaction étroite avec la topographie et les propriétés physiques de la surface de la planète.“ 

Atacama Desert
Le désert d'Atacama

Jorge Vago, scientifique du projet ExoMars, ajoute, “Pour la première fois nous allons essayer avec SAFER d’intégrer des données venant des instruments de surface et de sous-sol,  pour déterminer comment faire la transition entre les opérations dans le sol de surface et en sous-sol.”

“Comme le forage joue un rôle important dans la stratégie de recherche de la vie du rover Exomars, c’est une étape importante. Sur Mars, les meilleures chances d’atteindre des biosignatures moléculaires bien conservées, qui se seraient déposées au début de l’histoire de la planète, lorsqu’elle était riche en eau, se trouvent sous terre, à des profondeurs de plus d’un mètre, protégées par le sol de surface des dommages des rayonnements cosmiques.

L’endroit précis du test sera choisi le dimanche 6 octobre, sur la base des informations recueillies durant les reconnaissances effectuées pendant la semaine par une partie de l’équipe. Des images du site prises par un drone aérien seront envoyées aux opérateurs distants pour simuler la vue d’ensemble depuis une sonde en orbite autour de Mars.

 “Puisqu’il s’agit d’une répétition générale d’un scénario d’exploration planétaire, il y a un inévitable degré d’incertitude par rapport à la chronologie des événements,” ajoute Michel.

Harwell Science and Innovation Campus
Harwell

 “La nature fait preuve de beaucoup d’imagination pour confronter chaque mission à des situations qui n’ont pas été complètement anticipées par ceux qui l’ont conçue. C’est la raison pour laquelle nous trouvons très important de faire des essais de terrain dans un environnement assez représentatif. “

L’équipe industrielle qui effectue le test pour l’ESA est dirigée par le laboratoire britannique Rutherford Appleton, et entre autres par le laboratoire de recherche LATMOS du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) français.

L’équipe SAFER sera hébergée au Chili sur le Mont Paranal tout proche, à côté du Très Grand Télescope (Very Large Telescope - VLT), en tant qu’invités de l’Observatoire Européen Austral (European Southern Observatory - ESO).

Pour suivre le déroulement de SAFER au jour le jour, visitez le blog de l’équipe à http://safertrial.wordpress.com

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