Frank De Winne reçu au Sénat de Belgique

Frank De Winne et Armand De Decker, Président du Sénat
15 mars 2010

Ce 11 mars, le Sénat de Belgique, à l’invitation de son Groupe de Travail « Espace », a reçu l’astronaute de l’ESA, Frank De Winne (qui est Général et Vicomte) pour parler, avec beaucoup d’humanité et d’humilité, de son vol spatial de longue durée et du rôle de l’Europe dans l’ISS (International Space Station).

Lors de la présentation de son quotidien et de son travail à bord de l’ISS, Frank De Winne a beaucoup insisté sur les fruits de la coopération internationale, ainsi que sur l’excellent esprit d’équipe et l’ambiance conviviale entre les six membres de l’équipage permanent de la station. « A aucun moment, on n’a eu de situation conflictuelle. Aucune manipulation n’a posé problème. Ce qui a permis que notre programme d’activités scientifiques et technologiques ait pu être effectué complètement comme c’était prévu », a-t-il précisé. Il doit la réussite de sa mission OasISS à cette permanence de six personnes, qui constituait une « première » dans l’espace : « L’importante infrastructure de l’ISS est pratiquement terminée et prête à une exploitation intensive. Le fait d’être passé de trois à six pour l’équipage permanent contribue à sa bonne exploitation. A trois, on a du mal, ce qui crée des tensions, à résorber des retards et à réaliser des expériences tout en veillant à la maintenance des systèmes. A six, on peut s’entraider de manière à respecter le planning quotidien des activités. C’est la grande leçon de mon second vol ».

Une station qui porte bien son nom

Canadarm2 unberths the Japanese H-II Transfer Vehicle
La mise en œuvre du vaisseau HTV de ravitaillement a donné lieu à une coopération exemplaire entre les partenaires de l’ISS

La station de quelque 350 tonnes qui évolue à environ 350 km autour de la Terre vit de plus en plus à l’heure internationale. Frank De Winne a particulièrement vécu cette dimension et cette ouverture tant lors des opérations d’agrandissement et de logistique qu’au cours des expériences très variées de la communauté des chercheurs et des industriels. Il a cité l’exemple de la mise en œuvre du premier vaisseau japonais de ravitaillement HTV : « Il fut lancé et était contrôlé par le Japon. L’Américaine Nicole Stott et moi-même étaient aux commandes dans l’ISS pour le saisir avec un bras robotique du Canada et l’installer sur un élément de fabrication italienne. Je me suis servi du bras télémanipulateur japonais pour le déplacer. Et toute l’équipe de la station s’est mobilisée pour son déchargement et son remplissage. Toutes ces opérations se trouvaient coordonnées depuis le sol par plusieurs centres de contrôle. »

Frank De Winne et Christine Defraigne

Tout en mettant l’accent sur l’utilisation du module européen Columbus comme laboratoire scientifique international dans de multiples domaines de recherche, il a souligné le rôle essentiel de l’Europe spatiale pour les vols habités. « Son effort représente beaucoup d’argent, mais il faut relativiser son importance : il s’agit d’un euro par européen par année. Cet investissement fait participer nos chercheurs et nos industriels à la connaissance et à l’innovation. On doit s’obliger à regarder au-delà de l’horizon pour rester à la pointe de l’exploration. » Dans les mois qui viennent, l’astronaute belge va faire des conférences et participer à des débats pour que le grand public, surtout les jeunes prennent mieux conscience de l’influence européenne dans la station spatiale internationale. Il reste à la disposition de l’ESTEC comme support des expériences qu’il s’agit de poursuivre dans cette infrastructure orbitale. Il s’est mis à la disposition de la présidence belge de l’Union (durant la seconde moitié de l’année) pour préparer le programme de la 2ème Conférence internationale sur l’Exploration spatiale.

Jamais deux sans trois ?

Frank menotté pour Halloween 2009

Frank a confié qu’au bout de 188 jours passés sur orbite, il avait le temps long de retrouver les siens sur Terre. « Maintenant que je suis revenu, je souhaite un jour retourner dans l’ISS. » Concernant sa condition physique au retour : « Elle était meilleure qu’au moment du départ. Dans la station, j’étais obligé de pratiquer deux heures de sport tous les jours, en même temps que mes compagnons de vol. » Evoquant la bonne atmosphère entre les habitants de l’ISS, il a parlé de l’intérêt de prendre les repas ensemble et de partager la culture gastronomique des partenaires du programmes. Il n’oubliera pas de si tôt la fête d’Halloween 2009 : alors commandant de bord, il fut fait prisonnier par un équipage qui prit directement en charge le contact avec les centres de contrôle… à leur grande surprise !

Au sujet d’un 3ème vol, il a exprimé le vœu d’effectuer une sortie dans l’espace… Dans l’immédiat, l’astronaute européen Paolo Nespoldi (Italie) va effectuer une mission de six mois dès la fin de cette année. Puis il sera suivi par l’astronaute André Kuipers (Paus-Bas) qui doit partir au début de 2012. « Puis ce sera au tour des six jeunes astronautes qui viennent d’être engagés par l’ESA d’aller travailler dans l’ISS. Comme astronaute opérationnel, on doit toujours être prêt à voler. Ma maman ne le désire pas et mon épouse me le permet. Si une nouvelle mission s’offre à moi, je ne la refuserai pas. »

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