J.O. 2008: Surveillance atmosphérique avec l’IASB à Beijing

5 août 2008

La Belgique et la Chine collaborent à l'étude de la pollution atmosphérique.

Une situation « win-win » (donnant-donnant) a été créée: les chercheurs de l'IASB (Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique) fournissent à la Chine leur expertise et leur analyse des données satellitaires, tandis que la Chine nous fournit les données de ses observations locales. L'IASB se sert de ces données pour les intégrer dans ses modèles de l’atmosphère. L'amélioration des modèles globaux a un effet direct sur la qualité des prévisions des pollutions atmosphériques à toute échelle géographique, sur l’ensemble de la planète.

Cette collaboration s’inscrit dans l’accord de coopération bilatérale belgo-chinoise qu’avait signé le Roi Albert II en 2002. Des scientifiques et des techniciens de l'IASB sont allés en Chine mettre en oeuvre un instrument MAX-DOAS (Multi-Axis Differential Optical Absorption Spectroscopy), d’une très grande précision, dans le cadre du projet AMFIC (Air quality Monitoring and Forecasting in China). Il y a un an, en juin 2007, la Belgique et la Chine ont décidé d’étudier ensemble la problématique de la pollution atmosphérique (qualité de l'air, gaz à effet de serre, couche d'ozone, ...), à l'aide d'observations tant depuis l’espace qu’au sol. Des contacts ont été noués entre les spécialistes de l'Institut d'Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB) et leurs homologues chinois de l'Institut de Physique Atmosphérique de l'Académie Chinoise des Sciences (IAP/CAS) et du Centre National de Météorologie par Satellite de l'Administration de Météorologie de Chine (NMSC/CMA).

Cette initiative AMFIC, confiée à un consortium qui comprend, aux côtés de l’IASB, le VITO (Vlaamse Instelling voor Technologisch Onderzoek), des institutions scientifiques des Pays-Bas, d’Allemagne, de Finlande et de Grèce, fait partie du programme Dragon d’exploitation des données de télédétection, ainsi que des activités du 6ème Programme-Cadre de la Commission européenne, dans le contexte des programmes GEOSS (Global Earth Observation System of Systems) et GMES (Global Monitoring for Environment & Security). Si les données des instruments SCIAMACHY et GOME à bord du satellite européen Envisat sont largement utilisées pour les prévisions de la pollution, l’instrument de mesure de la pollution atmosphérique de type MAX-DOAS est installé non loin du stade olympique chinois - le fameux « nid d’oiseau » – à Beijing.

Les Jeux Olympiques 2008 constituent un objectif spécifique d’AMFIC. A cette occasion, les autorités chinoises doivent créer les conditions idéales pour des prestations sportives de niveau international. Ce qui les oblige à faire au monde entier la démonstration de sa capacité à maitriser les grands problèmes posés par l’environnement. La pollution atmosphérique, qui fait courir de grands risques pour la santé, constitue l'un de ces problèmes qui se posent comme des défis pour le développement de la société chinoise. Au cours des dix dernières années, la pollution causée par l'essor industriel, l’explosion du trafic et de l’activité humaine dans un pays en pleine croissance a connu une hausse dramatique.

A court terme – après que les Jeux Olympiques soient terminés –, la Chine se donne une occasion idéale de démontrer sa bonne volonté et son savoir-faire en matière de contrôle des phénomènes de pollution. Il est essentiel qu’elle puisse disposer d'instruments de mesure, technologiquement avancés, qui permettent de tracer à tout moment et d’anticiper la carte de la pollution. C'est le seul moyen d'avoir une vue d'ensemble des phénomènes, de prendre les mesures qui s'imposent et d’évaluer les effets des actions qui ont déjà été prises.

L’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB) travaille notamment en étroite collaboration avec l’Institut Royal Météorologique Royal des Pays-Bas (KNMI) qui coordonne le projet ainsi qu’avec deux établissements scientifiques chinois de grand renom qui dépendent de l’Académie Chinoise des Sciences (CAS) - l’Institut de Physique Atmosphérique (IAP) - et de l’Agence Météorologique Chinoise (CMA) - le Centre National de Météorologie par Satellite (NSMC).

Les chercheurs de l’IASB sont responsables du traitement et de la validation de données des observations par satellites relatives à la composition chimique de l’atmosphère. Ils contribuent également à l’exploitation de ces données par le biais de modèles de chimie atmosphérique, qu’ils ont mis au point avec le soutien de la Politique scientifique fédérale de Belgique. Afin de pouvoir dresser un tableau précis de l’impact de la pollution atmosphérique sur notre planète, l’IASB a besoin de données relatives aux émissions de polluants qui sont particulièrement dramatiques en Chine et qui influencent l’ensemble du globe.

Plus d’info : Stéphanie Fratta
Tél. +32 (0)2 373.04.49
E-mail : stephanie.fratta@aeronomie.be

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