L’impact socio-économique du spatial belge et des Etablissements Scientifiques Fédéraux

8 décembre 2010

Alors que la réforme de l’Etat belge se profile à l’horizon 2011, le Service Public Fédéral (SPF) Politique Scientifique, alias Belspo, vient de publier une double étude qui évalue l’impact socio-économique de dix ESF (Etablissements Scientifiques Fédéraux), ainsi que les effets industriels de leur participation aux grands programmes spatiaux européens.

Ce livre de 250 pages, agrémenté de nombreux tableaux et graphes, qui est le résultat d’une analyse commandée à l’Université Libre de Bruxelles, à l’initiative du Dr Philippe Mettens, président du Comité de Direction de Belspo. Cette analyse, qui a été réalisée par l’équipe du Professeur Henri Capron de l’ULB, avec Didier Baudewyns et Marie Delpéchin comme co-auteurs de l’ouvrage, est parue en français aux Editions de l’Université de Bruxelles. Après avoir passé à la loupe les effets socio-économiques des ESF sous la responsabilité de Belspo, elle rend un verdict clair : la véritable richesse des Etablissements Scientifiques Fédéraux est qu’ils constituent le point de confluence des arts, des sciences et de la culture en Belgique et contribuent largement à la notoriété des compétences belges au niveau international.

Un demi-siècle de recherches au service de la société

Le Service belge de la Politique Scientifique était institué en septembre 1959 par un arrêté royal pour privilégier la concertation entre les grands acteurs de la science qui se trouvaient répartis dans plusieurs Ministères. Cinquante ans plus tard, il représente un investissement annuel de plus de 550 millions €, dont 1/3 pour financer les activités de la Belgique dans l’espace. Belspo emploie quelque 2.800 fonctionnaires, parmi lesquels de nombreux scientifiques. Sans perdre de vue les 7.500 chercheurs qui bénéficient du soutien et du potentiel belges. Si Belspo est au cœur de la politique scientifique belge, celle-ci a deux poumons : les ESF et le programme spatial de la Belgique. Celui-ci se confond pratiquement avec celui de l’ESA, à l’exception d’initiatives bilatérales (2 % du budget) avec la France principalement.

Le livre comprend deux études:

- La première étude traite des impacts sociétaux (insertion dans les réseaux de recherche, attractivité « grand public », impact touristique, publications scientifiques et rôle pédagogique) de la dizaine d’Etablissements Scientifiques Fédéraux (ESF) qui sont gérés par Belspo. Elle conclut qu’un financement public adéquat de ces institutions fédérales doit être poursuivi afin qu’elles puissent continuer les services publics de qualité qui ont fait leur réputation internationale. Et, comme le livre le rappelle, ces services, à cause de l’intervention de l’Etat, sont délivrés au plus grand nombre gratuitement ou pour un prix dérisoire en regard de leurs coûts. On trouve une mine d’informations sur le rôle, pour la société et l’image de la Belgique, du Pôle Espace à Uccle (Bruxelles) qui comprend, dans son écrin de verdure, l’Observatoire Royal de Belgique (ORB), l’Institut Royal Météorologique (IRM) et l’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB). Les activités scientifiques et le poids économique de ce Pôle Espace font l’objet d’une trentaine de pages, avec de nombreuses données chiffrées.

- La seconde étude analyse la contribution de Belspo et de ses 10 ESF au développement de l’économie belge. Une évaluation monétaire des effets directs et indirects des activités des ESF montre que les ESF « génèrent, directement et indirectement, une production de 266 millions € en Belgique et l’emploi de 4000 personnes, dont environ 2.400 personnes directement employées intra-muros ». Philippe Mettens met en évidence le constat, fort encourageant, qu’un euro de services produits par les Etablissements « donne lieu, en moyenne, à la production d’un peu plus d’un euro de produits et services additionnels dans le reste de l’économie belge. ».

Les retombées économiques du spatial belge

L’analyse insiste notamment sur le rendement de l’activité spatiale de Belspo en révélant que « le multiplicateur des contrats de l’ESA correspond à 1,4 » et que « les programmes spatiaux de la Politique scientifique fédérale auraient généré, dans notre pays, entre 1.300 et 1.800 emplois industriels et scientifiques. » Les trois industriels qui ont répondu à l’enquête pour cette étude ont confirmé que les effets bénéfiques indirects du spatial sont bien à l’œuvre dans leurs entreprises. Elles ont mis en avant le facteur humain, après les effets commerciaux (label de qualité, réseaux de partenaires dans d’autres projets).

Ce rapport, qui démontre l’intérêt de l’engagement belge dans le spatial européen, vient à point nommé. A l’heure où les efforts en R & D sont rediscutés pour leur rendement dans le contexte de crise financière qui pousse à des contraintes budgétaires, la conclusion de P. Mettens doit retenir l’attention des politiciens: « L’importance économique et sociétale de Belspo pour toute la Belgique milite évidemment en faveur d’un financement adéquat et d’une stabilisation à l’échelon fédéral de l’ensemble de ses activités et Etablissements qui bénéficient, sans distinction, à l’ensemble du pays. Belspo est donc un contributeur net de moyens pour le pays, moyens que l’on peut enfin, grâce à cette étude, aisément estimer. »

Belspo : nouveau siège et membre de l’IAF

L’administration fédérale de la Belgique spatiale a rejoint la famille mondiale de l’astronautique : Belspo est devenu membre de l’IAF (International Astronautical Federation). En septembre 1971, Bruxelles avait accueilli le 22ème Congrès international d’Astronautique qui avait vu l’organisation de la première conférence pour les étudiants. Cette adhésion de Belspo à l’IAF officialise la volonté belge de valoriser au niveau global ses compétences scientifiques et technologiques dans le secteur spatial.

Depuis avril dernier, Belspo ne se trouve plus dans l’emblématique rue de la Science. Son siège se trouve dans le magnifique immeuble « Platinum », au n°231 de l’Avenue Louise, B-1050 Bruxelles. Il y dispose de bureaux spacieux et d’agréables salles de réunions. Le bâtiment rénové est certifié EMAS (Eco-Management & Audit Scheme), ayant été l’objet de tous les soins sur le plan environnemental.

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