L'industrie spatiale belge: succès à l'exportation grâce l'ESA

Astra 1k
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1 mai 2002

La participation de la Belgique, via les SSTC (Services fédéraux des affaires Scientifiques, Techniques et Culturelles), aux programmes de l'ESA a permis aux universités et industriels belges d'acquérir un savoir-faire technologique sous la forme de produits et services à haute valeur ajoutée. Ces produits et services ont donné lieu récemment à des contrats pour des activités spatiales hors ESA.

Alcatel ETCA (Charleroi) est devenu un spécialiste européen des équipements de distribution d'énergie à bord des systèmes spatiaux. L'entreprise qui emploie quelque 500 personnes dans le spatial a obtenu récemment des contrats en Chine et en Inde. La CAST (Chinese Academy of Space Technology) a choisi Alcatel ETCA comme fournisseur du sous-système d'alimentation électrique des deux premiers satellites chinois de la prochaine génération, destinés aux télécommunications et à la télévision. Il s'agit de la famille des DFH-4 (Dongfanghong) qui doivent être lancés par des fusées Longue Marche en 2003-2004. Le client d'Alcatel ETCA est la société BESTEC (Beijing Siangyu Space Tech Corporation). La commande d'un montant de 3,7 millions d'euros doit procurer quelque 17.000 heures de travail. Les équipements à fournir seront réalisés en Belgique dans des délais très courts: 13 mois pour le premier, 17 mois pour le second. Ce sous-système dit PCU (Power Conditioning Unit) est considéré comme l'un des plus performants au monde pour sa modularité et pour sa fiabilité. Autre contrat en Asie avec une première fourniture en Inde: l'ISRO (Indian Space Research Organisation) a passé un contrat de 2,6 millions d'euros qui porte sur un total de 168 convertisseurs électriques LPLC (Low Power Low Cost). Ils sont destinés à équiper les prochains satellites indiens d'observation (Cartosat) et de télécommunications (Insat).

Le CSL (Centre Spatial de Liège), au sein de l'Université de Liège, constitue un élément essentiel de l'infrastructure ESA des facilités coordonnées de tests d'équipements pour l'espace. Avec ses simulateurs d'ambiance spatiale FOCAL (Facility of Optical Calibration at Liege), grâce à sa maîtrise des systèmes optiques pour satellites, le CSL coopère avec l'industrie européenne des satellites. Ses moyens d'essais, qui n'ont pas cessé de s'agrandir, ont fait naître un "spatiopôle" de PME (Petites et Moyennes Entreprises) qui se sont spécialisées dans des produits et services spatiaux.

Le CSL a été associé à la mise au point de la charge utile complexe d'Envisat avec les tests optiques de deux des dix instruments. Le GOMOS (Global Ozone Monitoring by Occultation of Stars) a été essayé et certifié pour Astrium dans une installation FOCAL. Le MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) a été testé et calibré pour Alcatel Space avec des "moyens sol optique" que le CSL a conçus et fabriqués avec la collaboration des firmes belges AMOS (collimateur) et Spacebel (informatique). Il a fallu mettre au point un photomètre spécial qui effectue des mesures de grande précision au quarante millièmes de seconde! AMOS vient d'être retenu pour réaliser le simulateur d'environnement spatial qui servira à tester la séquence de démarrage dans le vide du propulseur réallumable Vinci (étage supérieur cryogénique pour l'Ariane 5 Plus de 2006).

Le CSL s'est vu confier par l'industrie indienne la réalisation d'une cuve de simulation spatiale, de 5,5 m de diamètre, pour des équipements optiques. Cette installation, qui s'apparente au simulateur FOCAL 5, est aménagée au Space Applications Centre (SAC) de l'ISRO à Ahmedabad (Etat du Gujarat). Elle est réalisée en collaboration avec l'entreprise indienne de mécanique lourde Bharat Heavy Plate & Vessels (BHPV) qui a construit le bâtiment et fourni la cuve de simulation. Le CSL est responsable de toute l'électronique et des équipements mécaniques, tandis que AMOS (Advanced Mechanical and Optical Systems) est chargée de la stabilisation et des systèmes thermiques. Le SAC d'Ahmedabad est chargé de la mise au point des instruments optiques des prochains satellites indiens d'observation à haute résolution.

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Spacebel (Liège et Hoeilaart) s'affirme comme un expert en Europe dans la conception et le développement de logiciels des systèmes de traitement de données à bord des engins spatiaux. Il a mis au point son propre DHS (Data Handling System) dans le cadre du programme GSTP de l'ESA. Ce qui lui a permis de réaliser le logiciel de bord du micro-satellite technologique PROBA-1, que la société belge Verhaert a fourni à l'ESA: lancé le 22 octobre 2001 par une fusée indienne PSLV, ce petit satellite fonctionne de façon autonome sur orbite pour des prises de vues de la surface terrestre et pour des mesures sur l'environnement spatial. Spacebel a réutilisé le DHS de PROBA-1 pour l'adapter à la sonde technologique SMART-1: elle doit être lancée en février 2003 pour manoeuvrer jusqu'en orbite lunaire avec son propulseur ionique.

Spacebel coopère avec le CNES pour les logiciels du centre de gestion de la charge utile du satellite d'observation SPOT-5, ainsi que du centre de programmation des instruments Végétation que la Commission européenne a embarqués sur les SPOT-4 et SPOT-5. Il a réalisé pour le CNES le simulateur numérique Presto de la plate-forme française Proteus de mini-satellites scientifiques et technologiques.

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