L'observatoire ISO de l'ESA laisse un riche héritage

The ISO satellite
Le satellite ISO
22 juillet 2003

ESA PR 46-2003. Les chercheurs viennent de fêter la millième publication scientifique consacrée aux observations d'ISO, l'Observatoire spatial dans l'infrarouge de l'ESA.

ISO est en passe de devenir l'une des missions à avoir conduit au plus grand nombre de résultats scientifiques de l'histoire spatiale bien que son exploitation opérationnelle ait cessé en 1998. ISO a été le premier observatoire spatial à scruter le ciel dans l'infrarouge. C'est à lui que nous devons la découverte de nombreux phénomènes qui ont radicalement changé notre vision de l'Univers.

Chacun sait qu'un corps chauffé devient incandescent. Ce que l'on sait moins, c'est que ce corps va également émettre des rayonnements que nos yeux ne détectent pas à température ambiante : de la lumière infrarouge. Les télescopes infrarouges ne donnent pas des résultats satisfaisants à la surface de la Terre car la radiation infrarouge est absorbée par l'atmosphère.

Eagle Nebula
ISO a observé les régions froides de l'Univers

ISO a observé les régions froides de l'Univers qui sont d'ordinaire à la fois froides et poussiéreuses. Il a percé du regard les nuages de poussière et de gaz où naissent les étoiles et a observé pour la première fois les premières étapes de leur gestation. Il a par exemple permis de découvrir que les étoiles commencent à se former à des températures très basses, inférieures à -250°C.

Les chercheurs ont ainsi pu suivre les transformations de la poussière du lieu où elle est produite (c'est-à-dire les étoiles en fin de vie, véritables "usines à poussière") jusqu'aux régions où se forment de nouveaux systèmes planétaires. ISO a découvert que la plupart des jeunes étoiles sont entourées de disques de poussière cosmique susceptibles de contenir des planètes. Ses analyses de la composition chimique de la poussière cosmique sont à l'origine d'un nouveau domaine de recherche, "l'astrominéralogie".

ISO nous a permis de découvrir la présence d'eau dans de nombreuses régions de l'espace. Une autre discipline novatrice, "l'astrochimie", a pris son essor lorsqu'ISO a eu mis en évidence que les molécules d'eau sont monnaie courante dans l'Univers, jusque dans les galaxies lointaines, et que des molécules organiques complexes comme le benzène se forment aisément à la périphérie de certaines étoiles.

Dark cloud seen by ISO
ISO a percé du regard les nuages de poussière et de gaz

"Les résultats d'ISO ont une influence sur la plupart des domaines de l'astronomie, pour ainsi dire des comètes à la cosmologie," explique Alberto Salama, responsable scientifique du projet ISO. "Certains de ses résultats répondent à des questions que nous nous posions, d'autres suscitent de nouvelles interrogations. Les télescopes existants se penchent déjà sur certaines d'entre elles tandis que d'autres devront attendre la construction des futurs observatoires."

Lorsque l'exploitation d'ISO a cessé, en 1998, les observations archivées ont été mises gratuitement à la disposition de la communauté scientifique mondiale. En mai 2003, le nombre d'articles scientifiques consacré à ces observations a atteint le millier : un record ! Aujourd'hui encore, les archives de données d'ISO continuent de livrer de précieux résultats. On notera par exemple que certains des derniers articles parus traitent de la détection de l'eau dans les étoiles en formation, dites "protoétoiles" et de l'étude de nombreuses galaxies proches.

"Nous étions convaincus qu'ISO allait faire du bon travail, mais sa productivité réelle dépasse nos espérances. Le rythme des publications ne semble même pas être encore parvenu à son maximum! Nous attendons de nombreux autres résultats", explique M. Salama.

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