La Flandre lance le concept Mercator de "stratellite"de télédétection dès 2006

Présentation du "stratellite" Mercator
Présentation du "stratellite" Mercator sous la forme d'une maquette 1:2
24 juin 2004

Mercator. Le nom du célèbre cartographe du XVIème siècle a été donné par la Flandre à son projet d'"oeil" volant pour répondre au marché des prises de vues à très haute résolution (0,15 à 0,20 m).

Il s'agit d'un drone ultra-léger de télédétection rapprochée, réalisé en matériaux composites (18 kg) et équipé d'une charge micro-miniaturisée (caméra, radar, laser). Il se présente sous la forme d'une aile de 16 m d'envergure, couverte de cellules solaires et propulsée par quatre moteurs électriques.

Développé par la société Verhaert (le maître d'oeuvre des micro-satellites PROBA-1 de télédétection terrestre et PROBA-2 d’observation solaire) en coopération avec la firme britannique QinetiQ, ce HALE-UAV (High Altitude Long Endurance - Unmanned Air Vehicle) pourra voler en position stationnaire à 18 km d'altitude pour des missions d'observation de 3 à 4 mois. D'où son appellation, d'après ses promoteurs, de "stratellite", c'est-à-dire "satellite" dans la stratosphère.

Mercator-1, première version de ce "stratellite" avec une caméra multispectrale de 2 kg, a été présenté sous forme de maquette, le 7 juin, au Métropolis d'Anvers. Il a un air de famille avec le HALE-UAV Zephyr-4 que QinetiQ est en train de tester, suspendu à un ballon stratosphérique. Le gouvernement régional flamand a décidé d'investir 18 millions d'euros dans ce programme via son établissement pour la recherche ou VITO (Vlaamse Instelling voor Technologisch Onderzoek) : 11 millions pour l'achat de l'observateur stratosphérique qui fera ses premiers essais à la fin de 2005, ainsi que 7 millions pour la réalisation d'une plate-forme d'innovations pour l'étude de l'environnement. Le VITO à Mol a un savoir-faire en télédétection spatiale, puisqu'il traite et archive les images des instruments Végétation des satellites SPOT-4 et SPOT-5. Il sera chargé du contrôle de Mercator-1 et de la réception de ses données.

Plusieurs modèles de "stratellite" sont déjà envisagés par le VITO: ils seront équipés soit d'une caméra multispectrale, soit d'un scanner laser ou d'un mini-SAR (radar). Selon la mission à remplir, l'aile sera allongée pour plus de charge utile et pour plus de puissance électrique. Le défi technologique par l'industrie flamande (notamment OIP Sensor Systems), est de miniaturiser ces équipements d'observation dans le cadre du Programme PRODEX de l'ESA. La station de contrôle du "stratellite" flamand, fournie par Alcatel Bell Space, sera implantée au VITO où se trouve le centre de traitement des données des instruments Végétation (à bord des SPOT-4 et SPOT-5).

L'objectif de la Flandre est de proposer dès 2008 Mercator-1 comme plate-forme opérationnelle de télédétection stratosphérique. Elle sera mise à disposition de ses services de cartographie et d'information géographique. C'est par ailleurs le marché européen que visent Verhaert et le VITO avec son système HALE-UAV dans le cadre du programme GMES (Global Monitoring for Environment and Security). D'après les promoteurs de Mercator, une cinquantaine d'exemplaires pourraient être déployés sur l'Europe à l'horizon 2015.

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