La Terre vue de l'Espace : Arctique canadien

11 décembre 2009

Cette image prise par Envisat nous montre le territoire enneigé du Nunavut, dans l'Arctique canadien. L'étendue d'eau prise par les glaces est le Bassin de Foxe, une baie qui donne sur l'Océan Atlantique.

Le Bassin reste pris par les glaces durant la plus grande partie de l'année. Une banquise continue, rattachée aux côtes, recouvre les eaux les moins profondes au nord, tandis qu'une banquise dérivante, composée de blocs séparés recouvre les eaux plus profondes au sud.

L'île de Baffin, la cinquième plus grande île de la planète, est visible en haut à droite, tandis que la péninsule de Melville apparaît en bas à gauche. L'île du Prince Charles (l'île ronde à l'ouest de l'île de Baffin) est la plus grande du Bassin. Elle est rattachée à l'île de Baffin par un pont de glace saisonnier.

S'étirant sur quelque 500 km dans sa plus grande dimension, le Bassin de Foxe contient les dernière grandes terres découvertes en Amérique du Nord. L'île du Prince Charles, l'île de l'Air Force et l'île Foley (respectivement à l'est et au nord de l'île du Prince Charles) ont toutes les trois été découvertes en 1948, lors de surveillances aériennes.

En raison de la faible élévation du Soleil dans le ciel à cette époque de l'année, le sommet de l'image apparaît très sombre. Ce soleil rasant confère aux nuages du haut de l'image une teinte rougeâtre.

Le radiomètre AATSR (Advanced Along Track Scanning Radiometer), l'un des dix instruments embarqués à bord du satellite Envisat, a acquis cette image le 2 décembre 2009. Il dispose d'une capacité d'imagerie en lumière visible pour observer les terres émergées, ainsi que les nuages atmosphériques et les aérosols.

Il s'agit d'une version améliorée du radiomètre ATSR qui a volé sur le satellite de l'ESA ERS-1 (European Remote Sensing) en 1991 et de son successeur ATSR-2 lancé en 1995 sur ERS-2.

Travaillant jour et nuit, l'AATSR mesure la température de la surface de la mer à l'échelle globale avec une précision de 0,3°, ce qui permet d'enrichir une base de donnée inaugurée il y a 18 ans avec les instruments ATSR qui l'ont précédé. A eux seuls, les deux premiers mètres de l'océan contiennent plus d'énergie que l'atmosphère entière, ce qui fait que cette longue série de mesures sur la température de surface des mers et des océans contient d'importantes informations pour la modélisation du climat de la Terre.

L'AATSR est également particulièrement sensible aux anomalies de sources de chaleur telles que les volcans ou les foyers de feux de forêts. Depuis plus d'une décennie, ERS-2 et Envisat ont assuré la surveillance en continu des incendies à la surface de la Terre. Des cartes des feux à l'échelle mondiale basées sur les données récoltées par les instruments ATSR-2 et AATSR sont mises à disposition des utilisateurs en ligne via l'Atlas Mondial ATSR des Incendies de l'ESA.

Plus de 50 millions d'hectares de forêts sont brûlés chaque année, et ces incendies ont un impact sur la pollution atmosphérique globale, la combustion de la biomasse apportant sa contribution au bilan global des gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone.

La quantification de ces incendies est donc importante pour les études en cours sur le changement climatique. Le phénomène El Niño de 1998, par exemple, a contribué à l'intensification des incendies qui ont ravagé les forêts de l'île de Bornéo et rejeté jusqu'à 2,5 milliards de tonnes de carbone dans l'atmosphère, soit l'équivalent de toutes les émissions en carbone de l'Europe au cours de cette même année.

Copyright 2000 - 2014 © European Space Agency. All rights reserved.