La grande antenne de Redu destinée aux satellites Galileo

L’antenne bande-L Galileo est la plus importante de Redu
14 décembre 2011

En octobre, l’Europe lançait les deux premiers satellites de sa constellation Galileo pour la navigation. Ils font un tour du globe toutes les 14 heures. Lorsqu’ils survolent l’Europe, le centre ESA de Redu en Belgique est prêt à capter et à analyser leurs signaux.

Blottie au coeur de la forêt de l’Ardenne belge, l’infrastructure de Redu est chargée d’évaluer la qualité des signaux de navigation qui sont transmis par les satellites Galileo. Elle constitue un maillon essentiel de la campagne IOT (In-Orbit Test), qui est d’une grande rigueur, pour les essais en orbite. Elle a commencé en novembre et va durer quelque 90 jours (trois mois).

On sait que Galileo doit offrir un total de cinq services différents de navigation, avec des transmissions de signaux, avec une grande précision, dans trois bandes de fréquences. Les résultats obtenus durant cette campagne serviront de référence pour la vie opérationnelle, d’une durée de douze ans, des autres satellites de la constellation Galileo qui doivent faire suite aux deux premiers déjà en orbite.

Redu in Belgium
Vue d’ensemble du centre ESA de Redu

“Pour ce qui est de la plate-forme de chacun de ces deux satellites, c’est depuis Toulouse qu’on l’a activée au cours de la phase du lancement et lors des premières opérations durant les deux semaines qui ont suivi la satellisation. Puis pour sa mise en service et pour les manoeuvres fines de mise à poste, elle a été transférée au Centre de Contrôle Galileo d’Oberpfaffenhofen près de Munich”, comme l’explique Marco Falcone, directeur des activités Galileo System and Validation.

“A présent, nous sommes à l’étape de vérification des charges utiles Galileo, pour s’assurer qu’elles n’ont pas souffert lors du lancement et qu’elles fonctionnent conformément aux spécifications.”

Les deux premiers satellites Galileo IOV

La station ESA, inaugurée en 1968, fut choisie pour mener à bien les opérations IOT du système Galileo. Elle a une longue expérience en matière de tests sur orbite qui obéissent aux mêmes critères de qualité et de précision, des satellites européens de télécommunications.

Pour les essais des satellites Galileo, le centre de Redu est équipé d’une parabole de 20 m de diamètre – sa plus grande antenne - qui fonctionne en bande L pour capter les signaux de navigation, ainsi que d’une antenne qui transmet en bande C pour les tests du récepteur bord de mission et pour une liaison montante qui sert à l’envoi de messages de navigation vers les satellites en orbite. Une antenne en bande UHF est par ailleurs disponible pour simuler la transmission de signaux de recherché et sauvetage vers les satellites.

Galileo IOT antenna at Redu
L’antenne bande L Galileo (à droite) est une parabole de 20 m

“Vu que les satellites sont si éloignés dans l’espace – ils évoluent à 23 222 km d’altitude – nous avons besoin d’une très grande antenne pour collecter les signaux dans leurs moindres détails,” ajoute Marco.

“A l’aide de cette parabole de 20 m à haut gain, nous pouvons saisir, dans sa totalité et avec précision, le spectre étalé des signaux qui sont transmis et les comparer avec ceux que nous attendions.”

Lors de l’exécution des tests, Redu se trouve en communication constante avec le Centre de Contrôle de Galileo, chargé du suivi du bon fonctionnement des plates-formes.

Redu UHF antenna
L’antenne UHF du Centre de Redu

Quand la campagne de tests est terminée, la surveillance des charges utiles est transférée au deuxième Centre de Contrôle Galileo qui se trouve à Fucino en Italie.

La campagne en cours ressemble à l’ensemble des essais complets auxquels a procédé l’équipe Galileo en début d’année. A cette différence près que les satellites se trouvaient encore dans leur hall d’intégration chez Thales Alenia Space à Rome.

“Il permet de garantir que l’ESA sera en mesure de remettre à la Commission européenne un système pleinement opérationnel qui correspond aux exigences initiales,” fait remarquer Marco.

Le centre ESA de Redu, qui a été agrandi et spécialement équipé pour Galileo, se tient prêt à vérifier tous les satellites à venir de la constellation. A commencer par la deuxième “Redu sert à d’autres missions-clefs de l’ESA, parmi lesquelles on a le satellite géostationnaire de relais de données Artemis, le petit satellite d’observation de la Terre Proba-1 et l’observatoire du Soleil Proba-2. Il abrite le nouveau centre des données de « météo de l’espace » pour le programme SSA (Space Situational Awareness)”, note Daniele Galardini, directeur du centre.

“Aujourd’hui, Galileo représente pour nous une mission autrement passionnante qui va tirer pleinement parti des compétences que la station de Redu, à présent centre ESA, a acquises au cours de son existence et grâce aux investissements qui y ont été faits durant les cinq dernières années.”

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