La vie après Mars

Mars500 crew testing the Orlan suits
18 avril 2012

Le voyage simulé vers Mars d’une durée de dix-sept mois, vécu en isolation, a touché à sa fin il y a cinq mois. La mission terminée, les «marsonautes» ont pu de nouveau respirer l’air frais. Que font Diego Urbina et Romain Charles depuis qu’ils ont quitté leur «vaisseau»?

Mars500 avait pour objectif de préparer les missions d’explorations vers Mars. Pendant 520 jours, les six membres d’équipage ont été confinés dans un module dans le but d’étudier le comportement humain lors d’une longue période d’isolation. Les expériences scientifiques qu’ils ont menées à bord portaient sur leur état physiologique et psychologique, ainsi que leurs performances.

Malgré la fin de leur séjour en isolation le 4 novembre 2011, la mission Mars500 n’est pas tout à fait terminée pour Diego et Romain. Une grande partie des expériences effectuées pendant leur «voyage» vers Mars sont à nouveau réalisés afin de pouvoir comparer les résultats entre les deux environnements.

Saliva samples
Echantillons de salive

A leur sortie du vaisseau les marsonautes ont passé un mois à Moscou, soumis à différents examens biomédicaux approfondis.

Trois mois plus tard c’est en Allemagne qu’ils ont une fois de plus été examinés avant d’y retourner en mai pour les derniers tests.

Une des expérimentations scientifiques conduites à bord consistait à surveiller la température du corps pendant 36 heures au travers d’un capteur sur le front.

Le marsonaute Alexej Sitew avec le capteur de température

Ce type d’expérience anodine en milieu confiné, entouré uniquement de ses cinq collègues, se révèle embarrassante à l’extérieur du module et suscite des regards curieux : « On s’habitue à dormir avec un capteur mais on ne s’habitue pas aux gens qui vous fixe du regard dans le métro moscovite, » se souvient Romain.

Aujourd’hui Romain et Diego rédigent un rapport détaillé sur la période vécue en isolation. Le compte-rendu d’une expérience de 520 jours qui inclue des recommandations sur les missions d’explorations futures est chronophage, mais il n’en demeure pas moins essentiel à la conduite du projet.

Ainsi, les scientifiques qui travaillent sur des missions similaires sont impatients d’en apprendre d’avantage quant aux expériences des marsonautes. D’autres sont également enthousiastes d’écouter leur récit de la mission.

Diego Urbina filling in questionnaires
Diego répond aux questionnaires

Entre les expérimentations qu’ils mènent et la rédaction de leur compte-rendu, Romain et Diego voyagent à travers l’Europe et présentent leur expérience lors de conférences et d’évènements médiatiques, publics et universitaires.

En parallèle, ils sont impatients d’enrichir les nouveaux projets de l’industrie spatiale en Europe de leur expertise acquise au cours de cette mission.

Bilan médical pour Romain

Enfin, lors de la campagne de vols paraboliques de l’ESA en mai, les marsonautes pourront réellement ressentir la condition d’apesanteur accompagnés de leurs partenaires d’équipage Russe et Chinois, bien que les épisodes en microgravité ne durent que 20 secondes. Une fois de plus, ils seront soumis aux mêmes examens que pour la mission Mars500.

« Nos corps sont parmi les plus examinés au monde. Il est très intéressant pour les scientifiques d’observer la réaction de nos corps dans des conditions d’apesanteur, » rapporte Diego.

Après des années de contrôles, de sollicitations et de prises de sang, la mission exigeante de Diego et Romain prendra fin en mai, date à laquelle leur contrat avec l’ESA sera terminé.

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