Le "Spatiopôle" en expansion à Liège

Planck
17 juin 2003

En 1880, le Professeur François Folie faisait construire l'Observatoire de Cointe. Qui eût pu imaginer que, douze décennies plus tard, Liège deviendrait, grâce à son Université, un centre de renommée internationale pour l'astronomie et pour l'astrophysique, pour la science et la technologie spatiales en Europe ?

Dès les débuts des années 60, le Professeur Pol Swings, pionnier de la spectroscopie pour l'étude de l'Univers, faisait participer la Belgique à la mise sur pied de l'organisation européenne de recherche spatiale.

Un laboratoire d'instrumentation pour des expériences sur fusées-sondes et à bord de satellites prit forme au sein de l'Institut d'Astrophysique que l'Université de Liège. Mais cette installation se trouva vite à l'étroit.

Il y a vingt ans, dans le Parc scientifique du Sart-Tilman, le Professeur André Monfils implantait IAL Space autour du simulateur spatial FOCAL 5 (Facility for Optical Calibration At Liege, avec une cuve ayant 5 m de diamètre). Reconnu comme l'une des "facilités coordonnées" pour les essais simulés en ambiance spatiale, il a en 1992 pris le nom de CSL ou Centre Spatial de Liège. Dans son orbite, un "spatiopôle" a pris forme avec l'éclosion de plusieurs entreprises de pointe, comme AMOS (opto-mécanique, simulateurs "sur mesure", télescopes), SAMTECH (modélisation par éléments finis), Spacebel (informatique pour systèmes spatiaux), GDTech (services d'ingénierie aérospatiale). Il a donné naissance à Wallonia Space Logistics (WSL), le premier incubateur européen de retombées ("spin-offs") issues des recherches dans l'espace. Il est devenu le siège du "cluster" Wallonie Espace qui regroupe la quinzaine d'acteurs du spatial wallon et bruxellois.

ESINET

Au cours des prochains mois, des travaux d'agrandissement vont être entrepris au CSL et au WSL. Le Centre Spatial de Liège a besoin... d'espace pour faire face à la croissance de ses activités. Il se prépare à accueillir les télescopes des observatoires Herschel et Planck de l'ESA qui doivent être lancés par Ariane 5 en 2007. Avec le support technique d'AMOS, il a dû modifier des simulateurs FOCAL pour qu'ils puissent effectuer des tests à de très basses températures. Le satellite Planck, avec ses détecteurs, y sera même testé dans le vide pour Alcatel Space. Des instruments pour des observatoires solaires de la NASA et pour le prochain satellite PROBA-2 de fabrication belge sont en cours de réalisation.

Wallonia Space Logistics, qui fait partie d'ESINET, un réseau européen d'incubateurs spatiaux, a besoin d'un nouveau bâtiment-relais pour aider de nouvelles PME à se mettre en orbite commerciale avec des services et produits à valeur ajoutée. Elle abrite déjà huit "jeunes pousses" qui sont actives dans les applications laser (Lasea, Optrion), dans les systèmes d'amortissement actif (Micromega Dynamics), d'analyse des poudres (Occhio) et de traitement des images (KeyObs), dans les logiciels de modélisation (Open Engineering), de prospection numérique (Pepite), d'intégration des composants (Convergix).

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