Le journal de Frank De Winne - Jeudi 24 septembre 2009

Le vaisseau HTV 1 a été installé sur la station au moyen du bras robotique Canadarm 2

Le vaisseau inhabité H-II Transfer Vehicle (HTV 1) que le Japon a lancé vers l’ISS est arrivé jeudi dernier à destination. Avec Robert Thirsk, j’ai aidé ma collègue Nicole Stott à guider le cargo de l’espace au moyen du bras télémanipulateur de l’ISS, puis à l’arrimer sur le module Harmony.

Ensuite, Thirsk et moi-même nous avons veillé aux préparatifs pour l’entrée de l’équipage dans le HTV. J’ai aussi aidé au déchargement du vaisseau japonais et transporté du matériel dans la station. Je vais utiliser le bras robotique japonais pour déplacer une plate-forme externe du HTV 1 et l’installer sur une structure à l’extérieur du laboratoire Kibo que le Japon a réalisé pour l’ISS.

En plein travail dans le module Destiny lors de l’approche finale du vaisseau japonais de transport

J’ai procédé à une démonstration d’une nouvelle technologie baptisée WEAR (WEarable Augmented Reality). On peut certifier que cette expérience mise au point par la société Space Applications Systems de Zaventem offre de fascinantes possibilités. WEAR consiste en un casque qui place un système vidéo, partiellement transparent, devant les yeux.

Le système comporte une lunette monoculaire et deux caméras. Sur un œil, on peut voir l’affichage des données, images et textes. De l’autre, on a la vision du monde réel. Ce dispositif « mains libres », connecté à un ordinateur ultra-portable, est contrôlé par la voix. Ainsi nous avons une vue simultanée des activités réelles en cours et des informations virtuelles concernant leur déroulement grâce à la video, les images et le texte. Dès lors, WEAR nous permet dans l’espace de suivre les procédures et d’employer un manuel d’utilisation tout en ayant les mains libres. Cet outil est extrêmement pratique lorsqu’on doit manipuler des équipements compliqués.

On me voit en train de tester WEAR sur terre avant mon vol spatial en compagnie de mon collègue néerlandais André Kuipers

Des senseurs, associés à un logiciel de reconnaissance d’objets, font que le WEAR détermine la position et l’orientation exactes de l’astronaute, lui permet de suivre la bonne procédure et d’obtenir les informations dans un contexte donné.

WEAR présente d’autres possibilités qui sont l’enregistrement vidéo, la prise de données audio et la lecture visuelle de codes barres.

J’avais déjà testé WEAR sur terre, mais cette fois, il s’agissait du baptême dans l’espace de cette technologie prometteuse. Celle-ci est appelée à avoir des applications terrestres, dans des domaines comme l’architecture.

En train d’aider Nicole Stott au poste de controle du Canadarm 2 dans le module Destiny

Il faut par ailleurs signaler l’intéressante expérience SOLO (Sodium Loading in Microgravity) du point de vue de la physiologie humaine. Cette expérience examine le lien qui existe entre la consommation de sel et la dégradation des os en impesanteur.

Cela peut paraître étrange, mais il y a des indications qui montrent que cette interactivité existe. La diminution de la masse osseuse chez les astronautes qui effectuent un vol de longue durée est un phénomène particulièrement complexe qui peut être influencé par notre alimentation. C’est pourquoi, dans le cadre de SOLO, je dispose de repas spécialement préparés sur base d’une diététique particulière : tantôt avec peu de sel, tantôt avec beaucoup de sel (ce qui est le régime normal de l’alimentation à bord de l’ISS).

Pour effectuer cette recherche, on procède à des mesures de la masse du corps et à des échantillons d’urine et de sang. Une fois prélevés, ces échantillons se trouvent congelés pour être ramenés sur terre. Leur examen dans les laboratoires au sol fournira de précieux enseignements.

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