Le journal de Frank De Winne - Lundi 12 octobre 2009

Ici je travaille avec le Microgravity Science Glovebox (MSG) dans le laboratoire européen Columbus

Dans l’épisode précédent du journal, j’ai raconté comment s’est passé l’arrimage du vaisseau spatial japonais H-II Transfer Vehicle (HTV 1) à la station spatiale internationale ISS. Avec le bras robotique du Japon, j’ai amarré le HTV sur le module spatial Kibo. Après cette opération, un nouvel équipage d’astronautes et cosmonautes est arrivé, puis je suis devenu le premier commandant de bord européen de l’ISS.

Une semaine après l’installation de HTV 1 sur la station, mon collègue canadien Bob Thirsk s’est servi du bras télémanipulateur du Canada pour dégager une palette externe équipée d’expériences scientifiques pour des observations de la Terre du HTV. Puis il a transféré la palette sur le bras japonais que je contrôlais avec Nicole Stott.

Nous avons ainsi installé les expériences sur la plate-forme externe (surnommée « veranda ») du laboratoire Kibo. Le lendemain, la palette vide a été déplacée en sens inverse et ramenée sur le HTV. Parmi les expériences, il en est une qui va étudier les océans et l’atmosphère. Et une autre est destinée à la détection de trace de gaz dans la couche d’ozone.

Le vaisseau spatial Soyouz TMA-16

J’ai par ailleurs consacré beaucoup de temps à aider pour transférer dans l’ISS quelques 3,5 tonnes de matériel qui se trouvaient dans le HTV. Ce matériel comprenait de la nourriture, des appareils, des effets personnels pour l’équipage et des équipements informatiques.

Le 30 septembre, sur le cosmodrome de Baïkonour dans le Kazakhstan, le vaisseau Soyouz TMA-16 a été lancé du même endroit où j’ai décollé le 27 mai. A bord, se tropuvaient le Russe Surayev, l’Américain Williams et le « participant au vol spatial » Guy Laliberté.

Le Soyouz s’est arrimé à la station deux jours plus tard. Ce qui représentait une autre « première » pour mon vol spatial : trois vaisseaux Soyouz se trouvaient simultanément sur l’ISS. Surayev et Williams vont remplacer le Russe Gennadi Padalka et l’Américain Michael Barrat au sein de l’équipage à six de la station. A bord de l’ISS se trouve la 21ème expédition depuis le début - en 1998 - des missions habitées dans la station.

Le 10 octobre, Padalka et Barrat sont retournés sur Terre en compagnie de Guy Laliberté. Ce Canadien est le créateur et le directeur du Cirque du Soleil qui a une renommée internationale. Il a placé sa mission dans l’espace sous le signe de la problématique de l’accès de tous à l’eau potable. Ce thème me tient aussi particulièrement à cœur et c’est d’ailleurs pourquoi on a appelé ma mission: OasISS.

Le logo de l'expédition 21

Après le départ de Padalka, le précédent commandant de bord, on m’a confié le commandement de l’expédition 21. L’équipage de l’ISS se compose, à mes côtés, de Maxim Surayev, de Jeffrey Williams et des membres de l’expédition 20, à savoir Roman Romaneko, Robert Thirsk et Nicole Stott.

Il s’agit là d’une expérience très particulière ! En tant que commandant de bord de l’ISS, je suis responsable des activités à bord de la station spatiale en faisant en sorte que l’équipage fonctionne comme UNE équipe à part entière. Le plus important est de veiller à ce que l’ambiance dans la station soit bonne afin que chaque membre de l’équipe fasse ses tâches de son mieux.

J’ai appris entretemps que mon retour sur Terre avec le Soyouz TMA-15 est prévu le 1er décembre, soit une petite semaine plus tard par rapport au planning initial.

Je me brosse les dents en apesanteur

Je dois signaler combien j’ai pris plaisir à participer à cette journée de l’ISS Day à Bruxelles, le 6 octobre. Des jeunes de 10 à 12 ans, appartenant aux trois communautés de notre pays ont pu de la sorte faire connaissance avec la vie dans l’ISS. C’est particulièrement important : parmi eux se trouvent ceux qui deviendront demain les explorateurs et les voyageurs de l’espace.

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