Le journal de Frank De Winne - Mardi 27 octobre 2009

On me voit au travail avec le Materials Science Laboratory (MSL) dans le laboratoire Destiny

Cela fait maintenant cinq mois que j’ai quitté le cosmodrome de Baïkonour dans le Kazakhstan, pour venir habiter la Station spatiale internationale ISS. Dans un bon mois, je retourne sur Terre. D’ici là, il reste encore beaucoup à faire.

J’ai dû prendre part à un certain nombre de conférences et d’événements publiques à l’occasion de ma nomination comme commandant de bord de l’ISS. C’est un très grand honneur pour l’Europe pour le corps des astronautes européens de l’ESA, et aussi pour moi personnellement, c’est naturel.

Ceci ne change en rien le travail quotidien à bord. Bien sûr, je dois veiller à ce que, chaque matin et chaque soir, la conférence du planning des activités soit correctement assurée.

Le volcan de la Soufrière sur l’île de Montserrat, en pleine activité, tel qu’on a pu le photographier le 11 octobre

Dans l’espace, nous effectuons de la recherche dans les domaines les plus variés. L’important est d’étudier comment le corps humain réagit à l’état d’impesanteur. Avec Bob Thirsk et Jeffrey Williams, j’ai participé pendant une semaine à l’expérience SLEEP (Sleep-Wake Actigraphy & Light Exposure during Spaceflight) . On a recours à un appareil spécial pour mesurer les caractéristiques de notre sommeil en microgravité.

En plein exercice physique sur le tapis roulant COLBERT qui se trouve dans le module Harmony

A bord de notre station qui est remplie de systèmes de haute technologie, il n’est pas étonnant que quelque chose soit défectueux. Le dépannage n’est pas toujours facile. J’en ai déjà parlé dans les précédentes éditions.

Récemment, un problème dans le réfrigérateur MELFI-2(Minus Eighty Laboratory Freezer for ISS) a dû retenir notre attention et il a fallu remplacer un composant électronique par un autre que l’on avait en réserve. Lors de la réparation, quelques litres du liquide de refroidissement se sont échappés et nous avons dû nettoyer.

L’eau, une fois qu’elle se répand dans l’habitacle, pose un réel problème pour le fonctionnement de l’ISS avec tous ses câbles et prises électriques qui se trouvent partout. Heureusement, Jeff et Nicole [Stott] ont pu immédiatement nous venir en aide pour fermer la brèche et pour évacuer l’eau. J’ai pu réparer MELFI, si bien qu’il fonctionne de nouveau.

Un vaisseau Progress amène un nouveau ravitaillement dans l’ISS

Le 17 octobre, j’ai eu à nouveau de la visite. Non pas, cette fois, de collègues astronautes, il s’agissait d’un vaisseau russe automatique, le Progress M-03M (35P) , qui s’est arrimé avec succès à l’ISS.

Les vaisseaux Progress, qui sont lancés avec la régularité d’une horloge, servent à ravitailler la station.

Ce Progress apporte 2,5 tonnes de matériels, parmi lesquels 800 kg de pièces de rechange, d’équipements support-vie et divers autres, ainsi que 870 kg de carburant et 420 kg d’eau.

Dans quelques jours, nous allons procéder au désarrimage du vaisseau cargo japonais H-II Transfer Vehicle (HTV 1) . Avant de le détacher de l’ISS pour qu’il aille se consumer dans l’atmosphère, nous l’aurons rempli avec les déchets et matériels usagés. Nicole et moi avons pris le temps de nous exercer aux procédures les plus récentes de détachement du HTV 1. Nous les avons répétées de concert avec les spécialistes au sol. J’ai également passé des heures à transférer des équipements entre le HTV et l’ISS, notamment dans le laboratoire japonais Kibo.

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