Le journal de Frank De Winne - Vendredi 21 août 2009

La station spatiale internationale ISS avec la Terre en arrière-plan
21 août 2009

Je vais bientôt avoir une nouvelle visite. Le 25 août, il est prévu que la navette spatiale Discovery parte vers l’ISS. A son bord, sept astronautes. De plus, le 10 septembre, le Japon va envoyer son premier vaisseau automatique de ravitaillement H-II Transfer Vehicle (HTV) qui doit s’arrimer à la station.

Discovery va transporter le module Leonardo, de construction italienne, et le ramener sur Terre le 7 septembre. A l’intérieur de Leonardo, se trouvent des racks (armoires) avec des systèmes « support-vie » (life support) et des expériences scientifiques. L’Italie a fourni trois modules de ce type qui portent les noms brillants de Leonardo, Donatello et Raffaello.

Pour la seconde fois pendant ma mission dans l’espace, nous nous trouverons à treize dans la station spatiale internationale. L’équipage du vol STS 128 du Space Shuttle (alias ISS-vol d’assemblage n°17A) comprend mon collègue à l’ESA, Christer Fuglesang. Ainsi, dans l’espace, on aura en même temps deux astronautes de l’ESA. Ce qui symbolise bien l’importante contribution de l’Europe au programme ISS (International Space Station) .

On m’a photographié alors que je travaillais avec l’astronaute canadien Robert Thirsk dans le module Harmony

Christer a donné à sa mission le nom d’Alissé, en référence à ces vents, appelés alizés, qui ont permis aux explorateurs, à partir du 15ème siècle, de voyager vers le Nouveau Monde dans le sillage de Christophe Colomb. Pour Christer, comme pour moi d’ailleurs, il s’agit de la deuxième visite de la station spatiale internationale. En 2006, il fut le premier Suédois à partir dans l’espace, cette fois encore, il va effectuer plusieurs sorties afin de travailler à l’extérieur de la station.

Je me suis préparé à l'arrivée de la navette Discovery. Nous avons rassemblé tout le matériel que la navette est chargée de ramener sur Terre.

Je me suis entraîné sur un modèle terrestre du Microgravity Science Glovebox aux Centre Européen des Astronautes (EAC)

Dans le précédent épisode de mon journal, j’ai déjà mentionné qu’en septembre, je vais assister le vaisseau japonais HTV pour sa mise en place sur le module Harmony au moyen du bras télémanipulateur Canadarm2 dont l'ISS est équipé. Avec Mike Barratt, je me suis beaucoup entraîné pour les opérations de rendez-vous avec le HTV et pour son installation sur l’ISS.

Evidemment, dans l’espace, j’ai de nombreuses tâches scientifiques à réaliser, notamment avec le module Microgravity Science Glovebox (MSG) qui se trouve dans le laboratoire européen Columbus de l’ISS.

Avec cet équipement destiné à la recherche en microgravité, nous disposons d’une enceinte parfaitement isolée, d’un volume de 255 litres, qui garantit un environnement sécurisé et contrôlé pour procéder à différents types d'expériences. L’installation MSG a été développée par l'ESA et l’industrie européenne. Afin d’y introduire le matériel d’expérimentation et les échantillons des expériences, nous introduisons nos mains dans les gants fixés au module, ceux-ci nous permettent de manipuler les expériences à l’intérieur de cette enceinte en toute sécurité

Aux prises avec Microgravity Science Glovebox pour réaliser l’expérience InSPACE

Début août, j’ai procédé à l’expérience Investigating the Structure of Paramagnetic Aggregates From Colloidal Emulsions - nom de code InSPACE 2. Elle a pour objectif de recueillir des informations sur des fluides dont les propriétés se modifient sous l’effet d’un champ magnétique.

Il s’agit de matières « intelligentes » qui prennent une forme presque définitive sous l’influence d’un champ magnétique et qui deviennent à nouveau fluides en l’absence de ce champ. Cette recherche a des applications pratiques dans le développement de nouveaux systèmes de freinage, d’équipements de robotique, pour l’atterrissage des avions et l’amortissement des vibrations.

Copyright 2000 - 2014 © European Space Agency. All rights reserved.