« Météo de l’espace » : assistance record dans la capitale wallonne

30 novembre 2011

Depuis 2004, c’est une tradition belge en novembre. A l’initiative du STCE (Solar-Terrestrial Centre of Excellence) du Plateau d’Uccle (Bruxelles), une ville belge accueille pour une semaine de conférence les spécialistes du « space weather » (météo de l’espace).

Cette année, du 28 novembre au 2 décembre, la 8ème édition ou ESWW8 (8th European Space Weather Week), réunit 270 représentants de la communauté scientifique et du monde industriel à Namur, la capitale de la Wallonie. Cette conférence est centrée sur les activités SSA (Space Situational Awareness), auxquelles l’Europe, avec l’ESA, veut donner une forte impulsion sur le plan international.

Comme l’a rappelé la Ministre belge Sabine Laruelle qui est responsable de la Politique scientifique fédérale lors de la soirée d’ouverture d’ESSW8, la Belgique a décidé de contribuer, avec 7 millions d’euros (soit 12,7 %) pour la période 2009-2012, à l’initiative SSA que l’ESA a lancée au Conseil ministériel de La Haye en 2008. Elle entend jouer un rôle clef dans ce programme que la Commission veut transformer en service opérationnel permanent. L’objectif est de réussir la synergie, d’abord en Europe puis au niveau mondial, des systèmes sur orbite et au sol pour la surveillance des phénomènes et débris qui font courir des risques de dysfonctionnement des engins spatiaux et des infrastructures terrestres. Plus spécifiquement, ce sont les activités du volet « météo de l’espace » de la SSA qui intéressent les chercheurs et industriels belges. Dans ces activités, Belspo, le Service Public de Programmation de la Politique scientifique, est présent avec une participation de 4,5 millions d’euros (soit 41 %). C’est le STCE qui tire principalement parti des retombées de ce soutien financier. L’Observatoire Royal de Belgique, au sein du Pôle Espace de la Belgique, constitue un moteur dans le développement des activités SSA sur l’ensemble du globe.

Le STCE, un exemple pour les opérations SSA

En coopération avec l’ESA, Belspo et, cette année, avec le COST (European Cooperation in Science & Technology), le STCE organise l’événement annuel de la semaine européenne de « météo de l’espace ». Cette année, sa semaine ESWW8 (8th European Space Weather Week) se déroule dans la cité mosane de Namur.

Créé et financé par le gouvernement belge dans le cadre de la politique scientifique fédérale, le réseau interdisciplinaire STCE démontre l’efficacité, pour observer et comprendre les relations Soleil-Terre, d’une union des compétences de trois institutions belges : l’Observatoire Royal de Belgique (ORB) pour la connaissance de l’activité et du rayonnement du Soleil au moyen du satellite Proba-2 et de la station de Humain, l’Institut Royal Météorologique (IRM) pour la mesure de l’énergie et des influences solaires sur la météorologie et sur l’ionosphère, et l’Institut d’Aéronomie Spatiale de Belgique (IASB) pour les effets de notre étoile dans le comportement et l’évolution de l’atmosphère. L’IASB, avec le B.USOC (Belgium User Support & Operation Centre), est responsable des opérations de la mission Picard d’un petit observatoire français du Soleil. Des sociétés belges– Spacebel, Rhea System, Space Applications, DH Consulting – participent à l’organisation des services SN-1 d’une banque de données « météo de l’espace » en Europe.

Renaissance pour le radiotélescope de Humain

La conférence ESSW8, qui dure une semaine, va réunir les représentants d’une communauté pluridisciplinaire pour faire le bilan d’une année de recherches, de missions en cours et en préparation, de nouveaux défis dans l’étude des relations Soleil-Terre. L’ESA a mis à disposition des chercheurs le micro-satellite Proba-2 « made in Belgium », un observatoire bien utile qui, tous les jours, surveille l’activité du Soleil et mesure son influence sur notre planète. Ses images et données sont exploitées par le SIDC (Solar Influence Data Analysis Center) à l’Observatoire Royal de Belgique. Il constitue un précieux outil dans le développement en Europe des activités SSA.

Renaissance pour le radiotélescope de Humain

Le phénomène des aurores dans le ciel du Grand Nord témoigne de l’action des éruptions solaires sur l’environnement terrestre. Avec un discours sur cette thématique et l’état des connaissances à son sujet, le spécialiste norvégien Pal Brekke, qui est le délégué du Norsk Romsenter à l’ESA, était l’invité d’honneur de l’ESSW8, le lundi 28 novembre. Au cours des différentes sessions, il est question de faire le point sur les orientations du programme SSA, du développement de modèles de perturbations du milieu spatial, du traitement des données et images sur l’activité du Soleil, des innovations dans les services et applications du « space weather »… La maîtrise des systèmes à couverture globale, sur orbite et au sol, est essentielle pour la surveillance en continu, la connaissance et la compréhension de la « météo de l’espace ». Non seulement pour garantir la sécurité des hommes et femmes dans l’espace, le bon fonctionnement des satellites de télécommunications, de télévision, de navigation… comme des réseaux de distribution d’électricité, de gaz… ainsi que des services de mobilophonie de plus en plus présents dans la vie quotidienne. Mais aussi pour comprendre l’évolution du changement global sur notre planète sous influence solaire.

Sur le territoire belge, l’Observatoire Royal de Belgique dispose d’une installation unique pour la surveillance en continu de l’activité du Soleil. Il s’agit de la station de radioastronomie de Humain - entre les provinces de Namur et de Luxembourg -, qui constitue l’un des sommets du « Triangle de l’Ardenne spatiale ». Ce radiotélescope automatisé qui comprend 48 paraboles, chacune d’un diamètre de 4 m, est un interféromètre servant à localiser les sources radio-électriques sur le Soleil actuellement fort actif, à diagnostiquer l’imminence de tempêtes et autres caprices sur notre étoile.

Cet instrument qui date des années 50 connaît une renaissance avec la modernisation de son écoute du Soleil grâce à la mise en œuvre de deux nouveaux spectrographes et d’autres bandes de fréquences. Coopérant avec des stations au Canada et au Japon, le radiotélescope de Humain peut assurer une surveillance permanente, 24 heures sur 24, de l’activité solaire. Son implantation dans une zone à l’abri des interférences radio-électriques lui garantit un bel avenir, car il permet de recueillir les données, dites Callisto, pour réaliser une vision 3D des relations Soleil-Terre et pour les prévisions de « météo de l’espace ».

Note : Le « Triangle de l’Ardenne spatiale » comprend l’interféromètre solaire de Humain (depuis 1954) qui dépend de l’Observatoire Royal de Belgique, la station ESA de Redu (1968) qui est mise en œuvre par RSS (Redu Space Services), et le téléport de Lessive (1972) qui est géré par BSS (Belgium Satellite Services), filiale d’un opérateur indien. A noter que l’observatoire solaire PROBA-2 est contrôlé par la station ESA de Redu.

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