Mutation de la forêt équatoriale africaine

Mini satellite pour cartographier la végétation globale

11 février 2013

Les satellites français Spot-4 et Spot-5, avec les instruments Végétation, nous ont habitués à avoir une vue d'ensemble de la végétation globale depuis 1998. Cette mission va bientôt être confiée au petit satellite Proba-V de l'ESA. Cet observatoire, qui n'est gère plus grand qu'une machine à laver, va fournir des vues précises des ressources biologiques de la Terre, et ce, tous les deux jours.  

Avoir un oeil qui, en permanence, est rivé sur l'état de la végétation est essentiel non seulement pour le suivi des changements environnementaux, mais également pour une multitude d'applications pratiques. Notamment celles concernant la santé de l'agriculture et la sécurité des aliments.

Au cours de ces dix dernières années, ils sont plus de 8000 utilisateurs qui se sont inscrits dans le monde pour disposer des données fournies par les instruments des Spot-4 et Spot-5.

Depuis que le senseur sur Spot-4 s'est, l'an dernier, arrêté de fournir des données et que la fin de Spot-5 est attendue à la mi-2014, le lancement de Proba-V vient à point nommé. Sa mission doit assurer la continuité opérationnelle d'une imagerie qui se révèle d'une grande utilité vu qu'elle répond à de multiples besoins.

Qui plus est: Proba-V va contribuer à combler le vide dans les observations de l'environnement terrestre, depuis la perte d'Envisat et de sa caméra MERIS et dans l'attente de la satellisation en 2014 de Sentinel-3. A bord de ce dernier, l'instrument OLCI (Ocean Land Colour Instrument) est destiné à prolonger la décennie des données fournies par MERIS.

Le petit observatoire Proba-V

Le 'V' de Proba-V fait référence à Végétation. Néanmoins, son instrument est conçu de manière différente que celui des Spot, étant donné qu'il est beaucoup plus petit et compact. Tout le satellite tient dans moins d'un mètre cube, si bien que le senseur qui constitue sa charge utile principale est vraiment un modèle ultra-miniaturisé de la caméra fonctionnant sur Spot-5.

L'adage bien connu selon lequel "les bonnes choses viennent dans de petits paquets" convient parfaitement pour décrire l'atout de Proba-V. Ce petit observatoire de l'environnement terrestre est équipé d'un télescope à très grand angle, dont le champ de vision couvre une largeur de 2250 km. Cette fauchée est deux plus importante que celle de MERIS à bord d'Envisat.  Par ailleurs,le senseur va permettre la fourniture d'images qui offriront une résolution trois fois supérieure à celle du senseur Végétation des Spot.

Cette largeur de prise de vues va se traduire par une vision globale, tous les deux jours, des régions comprises entre les latitudes 35–75°N and 35–56°S. Le satellite les survolera quotidiennement. L'instrument Végétation de Proba-V fonctionne dans quatre bandes spectrales - le bleu, le rouge, le proche infrarouge et le medium-infrarouge - qui sont idéales pour la surveillance du couvert végétal et pour le suivi de l'agriculture.

Grâce à l'étendue de ses bandes spectrales, Proba-V peut faire la distinction entre différents types de couvert végétal et la variété des espèces plantées, ainsi qu'entre les zones cultivées et leur niveau de croissance. Proba-V va donner une image assez précise de la végétation, de manière à ce que son état de santé puisse être établi aisément. Ce microsatellite de l'ESA est dès lors un outil clef pour améliorer les pratiques agricoles, pour analyser le phénomène de désertification, et pour détecter les traces d'incendies de végétation (pratique des brûlis).

Mission opérationnelle d'envergure globale

La fauchée très large de l'instrument Végétation de Spot

A la différence des deux autres Proba de 2001 et 2009, qui ont commencé leur vie orbitale comme des démonstrateurs technologiques, puis qui ont évolué vers des systèmes opérationnels une fois démontrée l'excellence de leurs observations, le Proba-V était conçu dès le départ comme une mission opérationnelle d'observation de la Terre.

La satellisation de Proba-V est prévue en avril au moyen d'un lanceur Vega à partir du Centre Spatial Guyanais. Dès qu'il aura été validé sur orbite, il sera mis à disposition d'une communauté d'utilisateurs en vue d'un large éventail d'applications de télédétection. Par ailleurs, il jouera un rôle dans l'initiative GMES (Global Monitoring for Environment & Security), alias le programme Copernicus, de l'Europe.  

Vu l'importance de la sécurité alimentaire dans de nombreuses contrées du monde, les données de Proba-V se révèleront d'une nécessité vitale et seront incontournables. 

Exemple: les utilisateur de Végétation pourront recueillir des données sur le besoin en eau des plantations et ils contribueront de la sorte à améliorer les modes d'irrigation, à calculer le temps des récoltes et à déterminber l'importance des réserves en eau.

Les données de Proba-V, dès lors qu'elles permettront le meilleur emploi des sols pour un développement durable, porteront à au moins quinze années le flux d'informations qu'avaient recueillies les Spot-4 et Spot-5. Et ce, au bénéfice des sciences concernées parla surveillance et la compréhension du changement global.

Vu la longévité exemplaire des précédentes missions Proba, on peut non seulement s'attendre à une mission Proba-V complètement remplie, mais aussi à un service d'imagerie bien au-delà de ce qui est prévu.

La mission Proba-V sera contrôlée depuis le Centre ESA de Redu (province belge de Luxembourg). Les données de son instrument Végétation - c'était déjà le cas des senseurs à bord des Spot - seront traitées et archivées au VITO à Mol (province belge d'Anvers).

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