Satellites radar: coopération belgo-argentine

Concept of SAOCOM-1A satellite for radar observations
Concept de SAOCOM-1A satellite
17 février 2003

La Belgique coopère avec l'Argentine dans le domaine scientifique et technologique. Ainsi elle participe au développement du système argentin SAOCOM (Satelite de Observation y Communicacion) pour l’observation de la Terre avec des satellites radar.

Le Centre Spatial de Liège (CSL) et Spacebel sont partie prenante pour le traitement des données du SAR (Synthetic Aperture Radar) en bande L qui équipe ces satellites. La société belge de micro-électronique IMEC aide l'industrie argentine à fournir des composants pour le milieu spatial, ainsi que des cellules solaires à hautes performances. L’accord de coopération spatiale, signé en octobre 2000, vient d’être complété par deux autres qui renforcent l’alliance belgo-argentine pour la télédétection depuis l’espace. Le 23 janvier dernier, les SSTC (Services fédéraux des affaires Scientifiques, Techniques et Culturelles) et la CONAE (Comision Nacional de Atividades Espaciales) ont signé à Bruxelles des accords qui portent sur un démonstrateur de SAR aéroporté et sur la mise en oeuvre pour l'Argentine des données SAR du satellite européen Envisat d'étude de l'environnement.

"Les difficultés économiques que connaît l'Argentine nous poussent à compter sur notre créativité afin de trouver des solutions efficaces à nos problèmes", explique Dr. Conrado Franco Varotto, le Directeur Général de la CONAE. Cet organisme qui fut créé en 1991 et qui dépend du Ministère des affaires étrangères met en oeuvre le plan spatial national 1997-2008. "Nous avons besoin de satellites de télédétection et nous démontrons notre capacité industrielle de les réaliser, mais nous misons sur la coopération internationale pour leur charge utile et pour leur utilisation. Nous cherchons à les intégrer dans une constellation de satellites dont les observations se complètent."

Le prochain satellite de l'Argentine sera en 2005 le SAOCOM-1A de 1,5 tonne dont la charge utile consistera en un Sar en bande L permettant de sonder la surface, d'étudier son niveau d'humidité et de mesurer ses caractéristiques avec une résolution de 10 m à 100 m. Il sera intégré dans une constellation italo-argentine appelée SIASGE (SistemaItalo Argentina de Satelites para la Gestion de Emergencias), aux côtés des quatre satellites Cosmo-SkyMed de l'Agence spatiale italienne qui sont équipés d’un radar en bande X. Cette constellation doit être opérationnelle en 2006. Le maître d'oeuvre Invap de SAOCOM a pratiquement terminé la plate-forme. Il faut mettre au point les modes de fonctionnement du radar et les processus de traitement de ses données. La CONAE négocie avec la société ukrainienne Youchnoye un lancement sur Cyclone-3 à la fin de 2004 ou au début de 2005. Un Saocom-1B identique doit être lancé deux ans plus tard afin de compléter SIASGE (six satellites au total à 659 km d'altitude, sur trois plans orbitaux).

En échange de sa coopération avec l'Argentine dans l'espace, la Belgique aura accès aux données du système SAOCOM pour recueillir des observations inédites de son territoire et pour réaliser un système d'informations géographiques sur la République démocratique du Congo. Les satellites argentins peuvent, grâce à leur équipement SAR, percer la couche nuageuse et étudier le sol et sous-sol par tous les temps. Ils sont dotés d'une mémoire de masse de 250 Gbytes pour stocker des observations de quelques minutes. La collecte de leurs données se fera au moyen des stations de la CONAE à Cordoba et à Ushuaïa. Le Centre Spatial de Liège a constitué une équipe de spécialistes pour l’exploitation des données SAR en bande L. Il souhaite que la Belgique se dote de sa propre infrastructure – pourquoi pas à la station ESA de Redu? - afin d'avoir un accès direct aux données SAOCOM qu’elle souhaite recevoir et traiter rapidement.

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