Une passerelle vers le futur

8 juillet 2004

ESA PR 39-2004. Pour l’humanité, l’exploration et l’utilisation de l’espace constituent une aventure d’une importance sans égale. L’équipe « concepts de pointe » (ACT), implantée au Centre européen de technologie spatiale (ESTEC) de l’ESA, est chargée de rechercher des solutions innovantes qui permettent à l’ESA de poursuivre ses propres activités d’exploration et d’utilisation de l’espace.

Le travail de cette équipe consiste à se projeter vers l’avenir et à trouver des concepts susceptibles de permettre l’exécution de missions qui, aujourd’hui, paraissent relever de la science-fiction.

Sans aucun a priori, l’ACT évalue ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Ainsi, parmi de nombreuses autres propositions, elle étudie actuellement la faisabilité de satellites pouvant produire de l’électricité à partir de la lumière du Soleil et la renvoyer vers la Terre sous forme de faisceau, ou encore la conception de systèmes capables de produire du combustible à partir de déchets d’origine humaine, et la mise au point de robots qui se déplacent comme un ballon sur la surface d’autres planètes.

Mise en place en 2002, l’ACT fait partie du Programme d'études générales de l’ESA. Elle constitue la principale interface entre l’ESA et le monde universitaire en Europe en ce qui concerne les recherches théoriques qui pourraient un jour trouver des applications dans le cadre de missions spatiales.

« Dans les universités, de nombreuses personnes travaillent sur des concepts pouvant générer des percées décisives. Il semble même que, chaque jour, quelqu’un propose une nouvelle idée et, parmi celles-ci, nous devons trouver celles qui seront utiles pour l’Agence », déclare Andrés Gálvez, responsable de l’ACT.

Parfois, le travail confié aux groupes de recherche est si théorique qu’il peut exiger plusieurs décennies de développement technologique (voire davantage) avant de déboucher sur des applications concrètes. De ce fait, les ingénieurs du secteur spatial n’ont généralement pas la possibilité de s’y intéresser. « À l’ESA, la majorité des chercheurs travaillent intensément pour des missions dont les dates de lancement sont fixées et ils n’ont donc pas de temps à consacrer à des concepts qui pourraient s’avérer utiles une trentaine d’années plus tard. C’est la raison pour laquelle l’ACT a vu le jour », précise Andrés Gálvez.

Pour sélectionner les concepts dont l’étude mérite d’être poursuivie, l’ACT a mis en place le projet « Ariane » (Ariadna en anglais) qui permet aux universitaires de proposer l’étude d’idées totalement nouvelles ou la réalisation d’essais concernant des concepts que l’équipe est déjà en train d’étudier (voir également www.esa.int/ariadna). Dans les deux cas, les activités correspondantes durent entre deux et six mois et débouchent sur une évaluation à la fois rapide et professionnelle. Lorsque le concept ou les essais paraissent inexploitables, ils sont immédiatement abandonnés, sans avoir à ce stade entraîné trop de dépenses ni pris un temps considérable.

Ce projet « Ariane » tire son nom de la fille du roi Minos qui, dans la mythologie grecque, a donné à Thésée le fil qui lui a permis de retrouver son chemin dans le labyrinthe. L’analogie est simple : l’ACT indique à l’ESA comment trouver le bon chemin à travers tous les domaines de science théorique qui font l’objet de recherches dans les nombreux bureaux et laboratoires répartis dans toute l’Europe.

L’équipe est composée de jeunes chercheurs qui lui apportent leur énergie et leur enthousiasme pendant un ou deux ans. Parmi les projets actuellement à l’étude, on peut citer : les technologies nécessaires à la propulsion nucléaire et les missions qui pourraient en résulter, comme un véhicule spatial destiné à se placer en orbite autour de Pluton ; l’extrême difficulté présentée par la construction d’un moteur à antimatière ; les meilleurs itinéraires pour des vaisseaux interstellaires ; la possibilité de dévier la trajectoire d’astéroïdes dangereux. Mais l’exemple peut-être le plus impressionnant concerne le travail que cette équipe effectue sur la biologie de l’hibernation chez des mammifères en vue d’éventuelles applications à l’homme en cas de voyages vers les confins de l’espace.

Le rapport final établi pour chaque étude donne au Programme d’études générales une base à partir de laquelle sélectionner les concepts qui feront l’objet de travaux complémentaires.

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