Visite ministérielle du Centre de Redu, au cœur d’applications spatiales

Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’ESA, Paul Magnette, Ministre belge de la Politique scientifique, et Daniele Galardini, le directeur de Redu ESA Center
12 juillet 2012

Si vous consultez ce site régulièrement, vous aurez appris que la station ESA de Redu, sur la commune de Libin (province belge de Luxembourg), est devenu un centre ESA a part entière, l’ESA Redu Centre. A l’invitation de Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’ESA, le Ministre belge en charge de la Politique scientifique (Belspo) Paul Magnette l’a visité ce 11 juillet. Il a été impressionné par la multiplicité des missions spatiales qui sont effectuées depuis ce coin d’Ardenne. Il a confirmé des investissements pour quelque 4 millions d’euros – en complément des investissements ESA – afin de consolider le rôle de « Redu-sur-espace » comme centre d’excellence de l’ESA.

Le Ministre a justifié l’octroi de la nouvelle tranche d’investissement de 4 millions d’euros : « Je souhaitais que l’expertise de Redu soit pérennisée et que ce site soit reconnu comme un ‘centre d’excellence’ de l’ESA, notamment pour les programmes de sécurité spatiale, de télécommunications, de contrôle des démonstrateurs en orbite et de surveillance de l’espace. Avec les investissements consentis et l’expérience acquise au fil des années, Redu deviendra incontournable dans le développement des futurs programmes spatiaux de l’ESA et de l’Union. » En tout, ce sont plus de 60 personnes qui travaillent quotidiennement sur le site en pleine campagne ardennaise. C’est Redu Space Services (RSS), entreprise conjointe de SES Techcom Belgium et de QinetiQ Space qui, pour le compte de l’ESA, assure les services opérationels à Redu..

Ancrage double, triple pilier

Coin isolé dans la campagne ardennaise : l’ESA va davantage le sécuriser pour de nouvelles missions.

Depuis 1968, la station ESA de Redu fait partie du réseau ESA de stations au sol pour le suivi des satellites. Son infrastructure n’a pas cessé de grandir pour mieux se mettre au service de l’Europe dans l’espace - tant pour l’ESA que pour la Commission -, puisqu’elle est responsable d’opérations essentielles pour le contrôle et les tests sur orbite de plusieurs systèmes de satellites. Le Centre de Redu, ensemble sécurisé pointant vers le ciel une cinquantaine de paraboles (dont une de 20 m), a la grande chance d’un ancrage double, qui peut s’apparenter à un partenariat public-privé : entre l’ESA, le principal client pour ses programmes de télécommunications, de navigation et de micro-satellites, et SES, le premier opérateur commercial de satellites géostationnaires en Europe. Aujourd’hui à travers RSS son principal « client » privé, SES a déployé a Redu l’ infrastructure de secours, du complexe de contrôle de ses satellites de Bezdorf Il s’est spécialisé dans les tests sur orbite des satellites et dans le contrôle des petits satellites Proba, dont Proba-1 (observation de la Terre) et Proba-2 (suivi de l’activité du Soleil). Il se prépare pour le lancement en mars 2013 du Proba Végétation qui sera satellisé par le 2ème lanceur Vega.

En accueillant le Ministre belge P. Magnette, J.J. Dordain a rappelé les trois piliers qui font de Redu un centre unique en Europe. Il y a les satellites de télécommunications et les applications qui y sont associées : le relais des données, comme aujourd’hui Artemis qui est programmé de Redu, pour les vols habités et pour les satellites d’observations, demain le suivi du trafic maritime avec la collecte des signaux AIS (Automated Identification System) pour l’identification des navires… L’autre activité concerne le système de navigation Galileo avec une constellation de dizaines de satellites dont l’état de fonctionnement sera validé et surveillé en permanence depuis Redu. Le troisième volet est lié aux aspects de sécurité d’activités spatiales d’ordre public: le PRS ou Public Regulated Service (service gouvernemental à accès réservé et crypté) du système Galileo, l’état de l’environnement spatial avec la banque de données SSA (Space Situational Awareness), des futures missions stratégiques en coopération avec l’EDA (European Defence Agency)… « Le Centre a la chance d’être isolé et les investissements passés et futurs le rendent unique en termes d’infrastructure et d’expertise pour le traitement en toute sécurité d’informations protégées», précise le Directeur général de l’ESA.

En première ligne pour Galileo

Explications des opérations de contrôle des deux micro-satellites Proba en orbite.

Pour le programme-phare de l’Union dans l’espace qu’est le système civil Galileo de navigation par satellites mis en œuvre par l’ESA pour la Commission européenne, Redu joue un rôle primordial en assurant la campagne IOT (In Orbit Testing) des tests sur orbite de chacun des « navsats » qui formeront la constellation. A ce jour, 26 satellites opérationnels sont planifiés pour des lancements jusqu’en 2015. Redu Space Services est chargé par l’opérateur du système d’abord de les certifier bons pour le service, puis de vérifier leur fonctionnement tout au long de leur durée de vie d’une dizaine d’années. L’antenne Redu-1 de 15 m va donc être mise à jour pour fournir la télémétrie et la télécommande pour la constellation Galileo nécessaire en phase de test. Par ailleurs, EGNOS (European Geostationary Navigation Overlay Service), le précurseur des services de navigation Galileo, utilise le satellite Artemis qui est exploité depuis Redu. En 2012 et en 2013, deux satellites de la flotte SES sont équipés des charges additionnelle EGNOS en bande L: à bord de SES-5 (5 degrés Est), qui a été lancé ce 9 juillet, et d’Astra-5B (31,5 degrés Est) en 2013. Pour la Commission européenne, SES assure le contrôle des relais EGNOS à partir de Betzfdorf et de Redu.

En plus du service IOT de Galileo, l’ESA Redu Centre verra - grâce aux nouveaux investissements - sa sécurité renforcée afin de servir de station de référence (Galileo Sensor Station) du PRS (Public Regulated Service). Il va héberger dans un bâtiment sécurisé un récepteur de tests PRS qui sera connecté à sa grande antenne IOT de 20 m. Ainsi, « Redu-sur-espace » jouera un rôle capital pour la validation de la fiabilité du service crypté, destiné aux instances gouvernementales.

Maillon clef dans la collecte des données

Avec la mission du satellite de télécommunications Artemis pour l’ESA, Redu s’est positionné comme un maillon clef dans la collecte et le relais de hauts débits de données via l’orbite géostationnaire. Rien d’étonnant à ce que Redu Space Services (RSS) ait obtenu de l’opérateur Astrium Services le contrat MOC (Mission Operation Centre) d’EDRS (European Data Relay System), « super-autoroute de l’information » que l’ESA va mettre en œuvre avec des relais de données sur deux satellites géostationnaires qui seront lancés en 2015: Eutelsat-9B (à 9 degrés Est) et HYLAS-3 (à 0 degrés).

Redu-sur-espace au service de la « super-autoroute de l’information » de l’ESA

Une infrastructure terrestre, dédoublée, avec des antennes à Weilheim et Oberpfaffenhofen (Allemagne), Redu (Belgique) est en cours de développement avec le DLR (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt). Elle doit être gérée durant au moins 18 ans par un consortium européen sous la maîtrise d’œuvre de RSS : le principal (« prime ») dans l’infrastructure d’Astrium à Ottobrunn, près de Munich, et celui de secours (« back-up ») au Centre ESA de Redu. On sait que le premier client des services EDRS est l’ensemble des satellites d’observation Sentinel pour GMES (Global Monitoring for Environment & Security), l’autre programme-phare de l’Union dans l’espace.

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