L’ESA prépare une mission pour débusquer la vie sur Mars

Vue d’artiste du module de descente d’ExoMars
5 mars 2004

Avant que des humains ne puissent laisser l’empreinte de leurs bottes sur la surface poussièreuse de Mars, nombre de questions doivent trouver une réponse et nombre de problèmes doivent être résolus.

L’une des questions les plus fondamentales – qui a intrigué le genre humain depuis des siècles – est de savoir si la vie a jamais existé sur Mars, la planète du Système Solaire qui ressemble le plus à la Terre.

Au travers de son programme Aurora d’exploration du Système Solaire sur le long terme, l’ESA a déjà commencé à préparer une série de missions automatiques qui révéleront les secrets de la Planète Rouge et ouvriront la voie pour une expédition humaine dans les prochaines décennies.

Une étape importante dans la réalisation de cet ambitieux programme de sondes automatiques a été franchie la semaine dernière avec la sélection de deux équipes industrielles pour conduire l’étude détaillée du rover ExoMars et de sa charge utile scientifique Pasteur.

Ces études parallèles de Phase A pour ExoMars, la première mission « Flagship »du programme Aurora, sera réalisée par des industrielles des pays membres de l’ESA ainsi que du Canada.

Ces équipes sont :

  • Astrium UK (Grande-Bretagne), pour la maîtrise d’œuvre, avec comme sous-contractants Galileo Avionica (Italie), Von Hoerner & Sulger (Allemagne) et SciSys (Grande-Bretagne),
  • MD Robotics (Canada), pour la maîtrise d’œuvre, avec comme sous-contractants Kayser Threde (Allemagne), Laben (Italie), Carlo Gavazzi (Italie) et Alcatel Space (France).

« Les équipes industrielles seront responsables de la production d’un concept détaillé pour le rover, qui sera le premier véhicule de ce type construit pour l’ESA », explique Bruno Gardini, directeur du projet Aurora.

The complex caldera of Olympus Mons on Mars
Détail de la caldeira multiple d’Olympus Mons

« Outre la définition de l’architecture optimale pour le rover, elles devront prendre en compte l’environnement opérationnel unique qui existe sur Mars. Les études incluront également la conception de la charge utile Pasteur ainsi que la meilleure façon d’intégrer l’ensemble des instruments scientifiques dans un véhicule aussi mobile. »

La sélection de la semaine dernière fait suite à la sélection en septembre 2003 de deux équipes industrielles pour mener à bien la définition de l’ensemble de la mission ExoMars. Ces contrats d’étude couvrent toutes les phases de la mission, que ce soit le lancement, le long voyage interplanétaire ou l’atterrissage du rover sur la planète.

L’ESA a aussi publié un « appel à idées » ouvert auprès de la communauté scientifique pour qu’elle participe à la mission ExoMars en proposant un ensemble d’instruments bien défini pour la charge utile Pasteur.

Après avoir reçu quelque 50 propositions émanant de plus de 600 scientifiques venus de 30 pays, l’ESA a l’intention de nommer trois groupes de travail de recherche scientifique chargés de la conseiller pour la composition finale de la charge utile et son utilisation sur Mars.

« ExoMars ersa la première mission de l’ESA à emporter une charge utile d’exobiologie, c’est-à-dire un groupe d’instruments conçus spécifiquement pour la recherche de la vie », note Jorge Vago, responsable scientifique de l’étude ExoMars. « Au cours des prochains mois, nous allons sélectionner les instruments qui composeront la charge utile finale et transmettre l’information aux contractants industriels » ajoute-t-il. Notre intention est de définir un ensemble multi-instrument qui sera capable de remplir un certain nombre de tâches clés ».

« Cet ensemble devra être capable de forer la surface, récupérer et analyser des échantillons, étudier son environnement physique et rechercher des traces de “biomarqueurs” – des signes clairs de l’existence d’une vie sur Mars dans le passé, voire de sa survie jusqu’à aujourd’hui », détaille-t-il.

Prévue pour un lancement en 2009, la mission ExoMars comportera un orbiteur et un module de descente qui déposera un gros rover de 200 kg, très mobile, à la surface de Mars. Après l’atterrissage du module et de son rover, l’orbiteur d’ExoMars assurera le relais des transmissions entre la Terre et le véhicule à la surface de Mars.

L’objectif principal du rover et de sa charge utile ultramoderne Pasteur sera la recherche de signes de vie, passée ou présente, sur la Planète Rouge. Des relevés seront en outre effectués pour déterminer quels dangers potentiels la surface martienne peut recéler pour les futurs missions humaines, pour mesurer la répartition de l’eau sur Mars et pour identifier la composition chimique des roches de la surface.

Pasteur sera la charge utile scientifique la plus complète jamais déposée sur Mars, avec des outils pour extraire, manipuler et analyser des échantillons du sol martien. La masse des instruments composant cette charge utile devrait avoisiner les 40 kg.

Sa capacité encore inégalée de prélever des échantillons jusqu’à 2 m de profondeur devrait permettre d’accéder aux strates de terrain riches en glaces et peut-être d’apporter la première preuve définitive de l’existence d’une vie martienne primitive.

Copyright 2000 - 2014 © European Space Agency. All rights reserved.