L’autre révolution de mai 1968

ESRO-2A, le précurseur malheureux
4 juin 2008

Il y a 40 ans, le 17 mai, l’ESRO - ancêtre de l’ESA - mettait en orbite le tout premier satellite européen, ESRO-2B. Pour commémorer cet événement fondateur, l’Institut Français d’Histoire de l’Espace (IFHE) organise une conférence le 7 juin à Paris, en collaboration avec l’ESA.

A l’époque, le nom français officiel était « Conseil Européen de Recherches Spatiales » (CERS), mais c’est l’acronyme anglais ESRO (European Space Research Organisation) qui est passé à la postérité. Fondée en mars 1964 et basée à Paris, cette première agence spatiale européenne comptait dix Etats membres : Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse.

Dédiée au développement de satellites scientifiques, dès juillet 1964 elle met en chantier deux premiers satellites pour l’étude des rayonnements solaires et cosmiques et de leur influence sur la magnétosphère terrestre. ESRO-1 doit observer les aurores polaires tandis que ESRO-2 mesurera les rayonnements X solaires, les rayons cosmiques et les ceintures de radiation découvertes à peine 6 ans plus tôt par le premier satellite américain, Explorer 1. Les lancements seront assurés à l’aide de fusées Scout tirées depuis la base de Vandenberg, en Californie, dans le cadre d’un accord de coopération signé avec la NASA.

ESRO-2B, lors de sa mise sous coiffe

En dépit de la numérotation, pour des raisons de fenêtre de lancement c’est ESRO-2 qui part le premier. Hélas, son lancement, le 29 mai 1967, se solde par un échec. Le 4e étage du lanceur Scout ne s’allume pas et le satellite retombe dans le Pacifique.

Le prototype de cet ESRO-2A, désormais rebaptisé ESRO-2B, est alors mis au standard de vol et c’est lui qui prend place au sommet d’un autre lanceur Scout pour une nouvelle tentative, moins d’un an plus tard, le 17 mai 1968. Cette fois-ci, le vol se passe sans problème et le premier satellite européen rejoint son orbite héliosynchrone. Une fois opérationnel il recevra le surnom d’Iris (International Radiation Investigation Satellite).

Trois satellites pour lancer l’Europe de la science spatiale

ESRO-1 launch preparations
ESRO-1A est installé sur un lanceur Scout

Conçu pour une mission de 12 mois, ESRO-2B fonctionne jusqu’à sa retombée dans l’atmosphère le 9 mai 1971. Entre-temps, il est rejoint en orbite par ESRO-1A (Aurora) le 3 octobre 1968, puis par le prototype de celui-ci, remis lui aussi au standard de vol, ESRO-1B (Boreas) le 23 novembre 1969.

Ces premiers satellites scientifiques européens ne pesaient que 75 kg chacun, mais ils disposaient d’une charge utile multi-instruments (7 sur les ESRO-2 et 9 sur les ESRO-1) et ils ont apporté une contribution significative à la compréhension de l’espace circumterrestre et des relations entre la Terre et le Soleil. Cette mission est poursuivie aujourd’hui à une tout autre échelle par les quatre satellites Cluster de l’ESA.

La conférence organisée par l’IFHE en collaboration avec l’ESA réunira de nombreux acteurs de ce premier succès spatial européen le samedi 7 juin à Paris. Elle se déroulera de 14h30 à 18h dans la Salle de l’Espace, au siège du CNES, place Maurice Quentin, 75001 Paris (à côté du Forum des Halles).

Outre le témoignage des anciens des programmes ESRO-1 et 2, la conférence bénéficiera de la contribution de MM. Roy Gibson, ancien directeur général de l’ESRO et premier directeur général de l’ESA, Roger-Maurice Bonnet, ancien directeur des programmes scientifiques de l’ESA et actuel président du Cospar (Committee on Space Research), ainsi que David Southwood, actuel directeur de la Science à l’ESA qui conclura la conférence.

Pour vous inscrire, veuillez contacter (avant le vendredi 6 juin) :

Christian Lardier
Institut Français d’Histoire de l’Espace
Courriel : christian.lardier @ air-cosmos.com
Tél. : 01 40 39 04 77

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