La science spatiale a rendez-vous à Paris

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Logo du Cospar 2004
16 juillet 2004

A l’invitation de l’ESA et du CNES, le Cospar (Committee on Space Research) tiendra sa 35e assemblée à Paris du 19 au 25 juillet. Comme tous les deux ans des scientifiques du monde entier assisteront à l’événement pour faire le point sur leurs recherches.

Créé en 1958, à l’aube de l’ère spatiale, le Cospar est un comité scientifique interdisciplinaire dédié à l’ensemble des activités de recherche utilisant des moyens spatiaux, du ballon au satellite. Avec quelque 4 000 scientifiques associés, il s’agit de l’une des plus importantes organisations scientifiques autonomes du secteur spatial, ce qui en fait un acteur de premier rang pour le développement de coopérations internationales.

L’assemblée 2004 s’annonce d’ores et déjà comme un crû exceptionnel pour le Cospar avec une actualité d’une très grande richesse. La moisson de données inédites recueillies par les sondes martiennes, que ce soit l’orbiteur européen Mars Express ou les rovers Spirit et Opportunity de la NASA, nourrira bon nombre de présentations et de débats, tout comme les premiers résultats du tandem Cassini-Huygens à son arrivée autour de Saturne ou ceux de la sonde européenne SMART-1 en route pour la Lune.

Cassini
Une année riche en sciences avec l'arrivée de Cassini-Huygens autour de Saturne

Plus de quinze jours avant l’ouverture de l’assemblée, plus de 2 000 inscriptions avaient déjà été enregistrées. « C’est un record » note Jean-Paul Paillé, coordinateur de l’opération pour l’ESA. « Nous allons dépasser les chiffres de 2002 à Houston, alors que cette année-là, l’assemblée était jumelée avec le congrès de la Fédération International d’Astronautique (IAF) ».

Parmi les participants de cette année, deux Prix Nobel, Paul Crutzen et Riccardo Giacconi, respectivement récompensés en chimie en 1995 et en physique en 2002, ainsi des dirigeants des agences spatiales internationales et des représentants du monde industriel.

Les programmes de l’ESA à l’honneur

The World seen by Envisat 's MERIS
Le monde vu par Meris

Les résultats collectés par de nombreux programmes de l’ESA feront l’objet de nombreuses présentations au cours des 94 sessions scientifiques qui se dérouleront en parallèle tout au long de la semaine. Ainsi, au cours des sessions consacrées à l’observation de la Terre, Nadine Gobron, du centre de recherche conjoint de la Commission Européenne à Ispra (Italie), présentera-t-elle une évaluation de l’utilisation de la caméra MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) du satellite Envisat pour la surveillance de la végétation. De son côté, Alain Hauchecorne, du service d’aéronomie du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), à Verrières-le-Buisson, présentera les résultats du spectromètre GOMOS (Global Ozone Monitor by Occultation of Stars), à bord du même Envisat, sur les profils atmosphériques des concentrations en ozone, dioxyde d’azote et trioxyde d’azote entre 15 et 100 km d’altitude.

Dans le domaine de l’exploration du système solaire, Jean-Pierre Bibring, de l’Institut d’Astrophysique Spatiale (IAS) d’Orsay, fera le point sur les observations menées à bord de Mars Express par le spectromètre Omega et les premières informations sur la composition de la surface martienne qui en ont été tirées. Bernard Foing, chef de projet scientifique de la mission SMART-1, présentera les premiers résultats des charges utiles scientifiques et technologiques de la petite sonde européenne, actuellement en route pour la Lune sous la poussée de son moteur plasmique. Philippe Lamy, du Laboratoire d’Astronomie Spatiale du CNRS à Marseille, présentera les observations effectuées par le télescope spatial Hubble dans les spectres visibles et infrarouges sur le noyau de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, en préparation pour la mission Rosetta, qui l’atteindra dans 10 ans. Enfin, François Raulin, directeur du groupement de recherche en exobiologie du CNRS, détaillera les perspectives « exo-astro-cosmobiologiques » de la mission Cassini-Huygens, avec principalement l’étude de la chimie de Titan, qui pourrait être très similaire à celle de la Terre à la veille de l’apparition de la vie mais dont le développement aurait été figé par des températures de l’ordre de –180°C.

XMM (X-ray multi-mirror mission) artist view
XMM-Newton révèle le cœur des galaxies

L’astronomie de l’univers lointain sera également abordée avec par exemple la présentation du Pr. Hans Böhringer, du Max Planck Institut, sur les résultats des missions XMM-Newton et Chandra dans la recherche d’éléments lourds au cœur des amas galactiques. Les sciences de la vie ne seront pas oubliées, avec de nombreuses présentations sur l’influence du milieu spatial – en orbite ou à la surface d’autres planètes – sur les organismes vivants. Le professeur Roberto Marco, de la faculté de Médecine de Madrid, détaillera notamment les résultats d’expériences menées lors de la mission Cervantès à bord de la Station Spatiale Internationale sur les effets de la micropesanteur sur le vieillissement et les gènes des mouches drosophiles.

Sciences spatiales du monde entier

Avec pour membres les Académies des Sciences de 42 pays ainsi que 12 organismes scientifiques internationaux, l’assemblée du Cospar est traditionnellement un point de rencontre privilégié avec les chercheurs venus des grandes puissances spatiales comme d’acteurs plus modestes de cette grande aventure humaine, parmi lesquels plusieurs pays en voie de développement. Au-delà de la présentation traditionnelle des initiatives nationales, l’assemblée permet le rapprochement, l’échange et le dialogue entre chercheurs de tous horizons, d’où pourront naître de nouveaux concepts de coopérations internationales.

Cette année, une forte délégation venue de Chine est attendue, la prochaine assemblée du Cospar étant prévue à Beijing en 2006. Ce sera l’occasion de faire le point sur les avancées spatiales chinoises dans des domaines aussi variés que les vols habités, moins d’un an après le premier vol d’un Chinois dans l’espace, les sciences des matériaux ou l’étude de l’espace proche de la Terre. L’assemblée devrait d’ailleurs s’achever à la veille du lancement par la Chine du second satellite Tan Ce emportant des instruments de l’ESA dans le cadre du programme « Double Etoile » qui vient compléter les observations conduites par la constellation Cluster de l’ESA dans la magnétosphère terrestre.

ESA's Aurora mission will explore the Solar System
L'exploration de Mars sera détaillée et débattue

Le grand public ne sera pas oublié lors de cette manifestation avec chaque jour, en début de matinée, une conférence interdisciplinaire et gratuite sur des grands thèmes d’actualité : exploration de Mars, astronomie en rayons X, observation de la Terre avec Envisat, recherche des signatures de la vie dans l’univers, rayonnement solaire et climat, ou océanographie spatiale. De plus, chaque journée sera conclue par une table ronde sur les grands thèmes de la politique spatiale et auxquelles participeront les plus grands noms : les programmes spatiaux du futur et la coopération internationale, la science spatiale en Europe, l’avenir de l’homme dans l’espace, l’exploration de Mars et le changement climatique global.

L’organisation de l’événement a été prise en charge par l’ESA et le CNES, l’agence spatiale française. Pour l’agence européenne, c’est un peu un retour aux sources car c’est avant tout la communauté scientifique européenne qui fut à l’origine de la création de son précurseur, l’ESRO (European Space Research Organisation), voici plus de 40 ans.

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Fax : 33 (0) 1 53 69 76 90

Jean-Paul Paillé
Représentant de l’ESA au Comité d’organisation du Cospar 2004
Tél. : 33 (0) 1 53 69 72 57
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