La technologie spatiale décroche la 4e place au Mans

21 juin 2004

La Pescarolo n°18 a décroché la 4e place lors de l’édition 2004 du grand prix automobile des « 24 heures du Mans », une performance que l’on doit à ses trois excellents pilotes et à une voiture optimisée par des avancées technologiques issues des programmes spatiaux européens.

« La voiture était particulièrement bonne cette année. Nous nous sommes battus pour le podium et nous avons été bien prêts d’y arriver dès le début de la course. Nous avons été deuxièmes, puis troisièmes avant de finir en quatrième position. La course a été très excitante et nous avons fait de notre mieux pour éviter de faire trop d’erreurs », a déclaré Soheil Ayari, l’un des pilotes du prototype de course Pescarolo-Judd C 60, un bolide de 900 kg avec une puissance de près de 600 chevaux sous le capot.

Pescarolo Sport's racing car no.18 at Le Mans 2004
La technologie spatiale atteint 224 km/h au sol.

Cela fait maintenant deux ans que le Programme de Transfert de Technologies de l’ESA (TTP) a engagé une coopération avec Henri Pescarolo et son écurie automobile afin de fournir des technologies spatiales appliquées aux voitures de course. Cette coopération a porté en priorité sur la sécurité, la fiabilité et les performances. La haute technologie issue des développements réalisés pour les programmes spatiaux européens a notamment permis de rendre la voiture plus sûre et de réduire son poids ainsi que sa traînée aérodynamique.

« Sans l’ESA et son programme de transfert de technologies, nous n’aurions pas su quelles technologies étaient disponibles et lesquelles pouvaient être adaptées à nos besoins. Parmi les technologies spatiales retenues, nous utilisons des matériaux composites ultra-résistants pour le châssis de la voiture, afin de réduire sa masse et améliorer la protection contre la chaleur », explique André de Cortanze, directeur technique de Pescarolo Sport. En fait, les matériaux compoistes développés pour l’espace ont aidé l’équipe technique à réduire la masse du châssis de rien moins que 38 kg.

Soheil Ayari et André de Cortanze

« La protection contre la chaleur est essentielle » souligne André de Cortanze, « non seulement elle améliore la sécurité de la voiture mais elle accroît aussi l’endurance. Le moteur dégage énormément de chaleur, bien plus que la voiture ne peut en supporter. Il nous faut alors ajouter une grande quantité d’isolant et cela est bien plus facile à réaliser avec les matériaux développés pour des applications spatiales ».

La technologie spatiale est également présente dans les roulements à billes de la voiture. Ceux-ci utilisent une architecture hybride avec des anneaux en acier inox et des billes en céramiques. Cette retombée de la technologie des gyroscopes embarqués sur les satellites est désormais appliquée aux machineries de haute précision.

Technologie spatiale automobile

Du spatial sous le capot.

« La course d’endurance ressemble aux activités spatiales car c’est un environnement dur et hostile. Elle nécessite des solutions fiables ainsi que des technologies fiables et légères », rappelle Pierre Brisson, à la tête du Bureau de Promotion et de Transfert des Technologies de l’ESA (TTP).

« C’est cette similitude qui a amené le Programme de Transfert de Technologie à collaborer avec l’écurie Pescarolo et à utiliser ses voitures de course comme des plates-formes d’essais et de validation pour l’utilisation des technologies spatiales dans l’automobile ».

Henri Pescarolo avec ses chefs ingénieurs et ses sponsors.

« Quand nos technologies auront pleinement démontré leurs capacités dans des conditions extrêmes comme la course du Mans, les constructeurs automobiles les introduiront dans leurs véhicules de tourisme les voitures que nous utilisons tous les jours, afin de le rendre plus sûrs, plus fiables et plus confortables », assure Pierre Brisson. « A terme, l’utilisation des retombées technologiques du spatial contribuera à une plus grande sécurité sur nos routes ».

Depuis toujours, Le Mans a été un banc d’essai pour mettre à l’épreuve les nouvelles technologies avant leur introduction dans la construction automobile de série. Par exemple, les freins à disque ont fait leurs débuts lors de la course des « 24 heures » de 1953. Pour la deuxième année consécutive, les retombées technologiques du spatial européen ont été mises à l’épreuve et testées avec succès au cours de l’une des courses d’endurance automobile les plus difficiles.

La Pescarolo Sport n°8 termine les « 24 heures du Mans 2004 » en 4e position.
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