Le regard perçant de Proba-V travaille sans relâche

Proba-V porte son regard sur le site des Jeux Olympiques
18 février 2014

Plus de 5000 images, 65 cartes quotidiennes et six synthèses mondiales sur dix jours, plus un coup d’œil rapide aux Jeux Olympiques : durant ses deux premiers mois de travail, le mini satellite d’observation de la végétation Proba-V a produit une précieuse récolte pour une centaine d’équipes scientifiques du monde entier. 

Proba-V mesure moins d’un mètre cube, et surveille la croissance de la végétation autour du monde de manière presque quotidienne – il couvre 93% du globe en un jour, 100% en deux jours – à l’aide de Vegetation, son appareil photo principal grand angle.

Lancé en mai dernier, le satellite a commencé sa vie active début décembre.

Les scientifiques peuvent utiliser les données de Proba-V en toute confiance, celles-ci ayant été étalonnées avec son prédécesseur, le capteur Vegetation sur le satellite français Spot-5.

Proba-V

Le nouvel appareil photo est une amélioration par rapport à celui de Spot sur un aspect important : l’instrument de première génération prenait des images avec une résolution de un kilomètre, mais la vue de Proba-V est bien plus perçante.

Il offre quotidiennement une couverture presque mondiale avec une résolution de 333m, et une précision de géolocalisation supérieure à un pixel.

Les 500 kilomètres de la partie centrale du champ de vision de Proba-V (2250 kilomètres) bénéficient d’une résolution encore plus grande, environ 100 mètres dans le visible et le proche infrarouge, et autour de 200 mètres dans l’infrarouge à ondes courtes.

La côte brésilienne vue avec une résolution de 100m

En fait, l’excellente performance de Proba-V signifie qu’il sera probablement possible dans un futur proche d’atteindre une résolution de 100 mètres sur des produits mondiaux. Une future mission Proba avec une résolution de 100 mètres est en cours d’étude.

Les données sont traitées pour l’ESA par l’Institut flamand de recherche technologique, VITO, en Belgique. « VITO a développé une chaîne de traitement pour des synthèses avec une résolution de 100 mètres dans le visible et le proche infrarouge, » explique Bart Deronde, responsable des opérations de Proba-V.

« Il nous faut procéder à une analyse détaillée de la qualité du produit avant de continuer à développer un produit opérationnel – c’est la raison pour laquelle nous demandons aux équipes de recherche qui seraient intéressées de contacter VITO si elles souhaitent contribuer à cet effort, qui se fera sur les six prochains mois. » 

Un cousin commercial vietnamien

Préparation de Proba-V avant le décollage

Proba-V devrait gagner un “cousin” commercial – les constructeurs belges du mini satellite ont vendu une mission comparable, comprenant le satellite et la station de suivi au sol, au Vietnam.

Un consortium dirigé par le spécialiste en logiciel spatial Spacebel a signé un contrat avec l’Académie vietnamienne des sciences et technologies pour une mission baptisée VNREDSat-1B : satellite vietnamien d’observation des ressources naturelles, de l’environnement et des catastrophes.

Cette mission hyperspectrale d’observation de la Terre, comparable dans sa conception à la plate forme de Proba-V et des éléments de sa charge utile, sera utilisée pour la surveillance de l’agriculture, y compris le suivi des cultures et la gestion de l’eau.

L'embouchure du Gange

Avec un champ de vision de cent kilomètres, permettant de prendre des images hyperspectrales et panchromatiques en haute résolution depuis son orbite située à 640 kilomètres d’altitude, VNREDSat-1B couvrira chaque point de la Terre tous les cinq jours.

Son prédécesseur a été mis en orbite sur le même lanceur Vega que Proba-V, le 7 mai 2012.

Le contrat comprend une offre globale de construction et de fourniture d’une infrastructure complète pour le satellite au Vietnam : le satellite, les ensembles de test, la station de suivi et une année de fonctionnement.

QinetiQ Space, maître d'oeuvre de Proba-V,  la société de conception de haute-technologie Deltatec, le fabricant d’opto-mécanique Amos, le Centre Spatial de Liège et VITO, qui travaille sur la conception du segment utilisateur, sont également membres du consortium. 

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