Reconnaissance internationale pour le photographe de l’ESA

Cette photo du lanceur de Rosetta a valu à son auteur le prix de la plus belle photo de 2004 dans la catégorie "espace"
12 janvier 2005

Le magazine américain Aviation Week & Space Technology a décerné ses prix pour les meilleures photographies de 2004. Dans la catégorie « Espace », Stéphane Corvaja, photographe de l’ESA, a décroché les trois premières places.

Tous les ans, le prestigieux hebdomadaire aéronautique et spatial américain, fondé en 1916, réserve son numéro de la période des fêtes aux meilleures photographies de l’année écoulée. Une catégorie est réservée au secteur spatial. Fait exceptionnel, cette année, ce sont trois photographies réalisées par Stéphane Corvaja, responsable du service photo de l’ESA, à Paris, qui ont été primées.

Les deux premières places reviennent à des photos du lanceur Ariane 5 lors de la mission V158, le 2 mars dernier, qui a placé la sonde européenne Rosetta sur une trajectoire qui l’amènera à rencontrer la comète Churyumov-Gerasimenko en 2014. La troisième place revient à un autre lanceur, russe cette fois-ci, puisqu’il s’agit du lanceur Soyouz qui a emporté l’astronaute espagnol Pedro Duque pour la mission Cervantès, photographié lors de son transfert au pas de tir à Baïkonour.

Pour Stéphane Corvaja, cette reconnaissance est une agréable surprise. « En général, je ne participe pas aux concours, ce n’est pas mon truc », explique-t-il. Car pour ce photographe passionné d’espace et qui en a fait sa vie depuis plus de 15 ans, la première récompense c’est de pouvoir vivre pleinement de sa passion.

Et « passion » n’est pas un vain mot pour un homme qui a baptisé ses fils Alan et Scott, en l’honneur de deux des astronautes du programme Mercury !

D’Apollo à Ariane

Stéphane Corvaja

Chez Stéphane Corvaja, la photo et l’espace se marient de longue date. « Je suis tombé dedans quand j’étais tout petit », déclare-t-il. Enfant, alors que le monde entier se passionne pour les missions lunaires Apollo, il a dans sa famille une tante qui travaille pour une grande marque de films, fournisseur exclusif de la NASA, ce qui lui donne une vision particulière, de l’intérieur, sur ces deux mondes. « Un jour, en 1972, un collègue de ma tante m'a apporté une bobine 16 mm et des photos des missions Apollo 14 et 15. J'avais alors 7 ans et ce fut un réel choc ».

Après des études dédiées tout naturellement à la photographie, il est embauché au Service Optique du Centre Spatial Guyanais. « Le départ pour Kourou a été un peu précipité » se souvient-il. « Pour l’anecdote, j’ai signé mon contrat dans l’avion ! ».

Stéphane Corvaja passe trois ans en Guyane, de 1989 à 1992. Il réalise alors des photographies d’inspection des lanceurs et de leurs charges utiles avant chaque vol, de V33 à V52 : « Ariane, j’ai commencé par la photographier de l’intérieur ! A l’époque, les cadences étaient infernales : il y avait 8 lancements par an et chaque campagne d’Ariane 4 nécessitait plus de 3000 photos ».

2e prix : une autre vue du lanceur de Rosetta

Il est également chargé de définir et mettre en place les systèmes de prises de vues – sous protections - qui photographient les lancements, de 0 à 100 m du lanceur, et fournissent des images techniques mais aussi la fameuse photographie officielle de chaque lancement.

De retour en métropole - et après un petit détour par le monde de la photo d’architecture - Stéphane Corvaja rejoint Espace Diffusion, où il met en place la photothèque du Centre National d’Etudes Spatiales et celle de Matra Marconi Space (aujourd’hui EADS Astrium).

En 1997, cet Européen convaincu, qui revendique fièrement sa double nationalité franco-italienne, rejoint l’ESA pour prendre en charge le service photographique.

Fou d’Ariane

Mais sa vraie passion reste les lanceurs spatiaux et notamment Ariane. Il a d’ailleurs déjà décroché la 2e place dans la catégorie « Espace » lors de la sélection d’Aviation Week & Space Technology en 2002 avec une photo exceptionnelle de la trace lumineuse laissée par Ariane 5 dans le ciel de Guyane lors du lancement d’Envisat.

La photographie des lanceurs est un art difficile, car rien ne ressemble plus à une Ariane 5 qu’une autre Ariane 5. « J’essaie toujours de me renouveler, de tenter de nouveaux angles, de nouvelles approches ». Cela est loin d’être évident car photographier un lanceur implique de se plier à certaines règles de sécurité et pour trouver un axe inhabituel ou une lumière particulière il faut parfois négocier longuement avant de trouver un terrain d’entente avec les services de sauvegarde.

Soyuz TMA-3 spacecraft
3e prix : le lanceur de la mission Cervantès

« Il faut toujours être à l’affût et profiter de tous les instants pour capter l’image qui fera la différence », note Stéphane Corvaja. « Il faut être patient. Lorsqu’un événement de campagne est prévu, il faut arriver à l’avance et repartir en retard, sinon on rate plein de choses ».

Inlassablement, à pied, en voiture ou en hélicoptère, Stéphane Corvaja sillonne le Port Spatial de l’Europe à la recherche de nouvelles de photos, qui révèleront la beauté sous-jacente dans toute merveille technologique comme Ariane 5.

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Stéphane Corvaja
Responsable du service photographique de l’ESA
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