Relève de la garde à Concordia

28 novembre 2013

Le voyage vers la base de recherche franco-italienne Concordia située à l’intérieur du continent Antarctique  recèle toujours des surprises. Les retards dus aux conditions météorologiques peuvent obliger les voyageurs à rester plusieurs jours à un point d’escale. Il n’est pas question de se rendre à Concordia pendant l’hiver antarctique, les températures de l’ordre de -80°C et les quatre mois d’obscurité rendent tout voyage impossible.

Le docteur en médecine Adrianos Golemis, sponsorisé par l’ESA, a atteint la base de recherche en Antarctique avec seulement quelques jours de délai. Il a reçu sur place une formation de son collègue Evangelos Kaimakamis qui vient de passer une année à mener des expériences sur la base.

Premier avion

Adrianos va passer les prochains 12 mois à étudier la manière dont les hommes gèrent la vie dans des conditions stressantes, loin de chez eux et sans aucune chance d’être secourus – exactement comme des astronautes explorant notre Système Solaire.

Les premiers mois seront bien remplis, avec de nombreux scientifiques qui vivent sur et autour de la base pour mener des recherches au bout du monde. Lorsque les journées deviendront plus froides et plus courtes, les scientifiques quitteront en février l’équipe permanente de 13 personnes. Celle-ci gardera la base en activité et se débrouillera seule pendant les neuf mois qui suivront. Les Français Cécile Lenormand (chimiste) et Xavier Joffrin (astronome), ainsi que trois scientifiques italiens resteront aux côtés d’Adrianos (médecin scientifique de l’ESA) et du personnel de maintenance de Concordia.

Début mai, le Soleil disparaîtra sous l’horizon pour ne reparaître que des mois plus tard. L’équipe multiculturelle devra supporter le stress de l’isolation, la vie loin des amis et de la famille, et un sommeil déréglé à cause du manque de lumière du soleil.

Alors que la base et ses équipements scientifiques sont entretenus et que les scientifiques de Concordia font leurs recherches scientifiques sur l’Antarctique – climatologie, glaciologie et météorologie – Adrianos mènera des expériences sur l’équipe – et lui-même – pour voir comment ils réagissent.

Cette année, neuf expériences de l’ESA, menées par des scientifiques allemands, français, autrichiens, italiens et canadiens comprennent l’étude de l’influence de l’humeur sur la quantité de nourriture avalée, de la vitamine D sur la santé, et des changements constatés sur les vaisseaux sanguins pendant la durée du séjour. 

La station héberge chaque année un programme de recherche sur l’homme coordonné par l’ESA et les partenaires universitaires et institutionnels européens de Concordia.

L’un des axes de recherche français est coordonné par Michel Nicolas, enseignant chercheur à la Faculté des Sciences du Sport de Dijon et psychologue praticien, et porte sur l’analyse des processus d’adaptation psychologique dans le domaine des situations extrêmes, qu’il s’agisse de sports de haut niveau, d’environnements isolés et confinés, d’un environnement spatial, ou encore de stations polaires.  Ce programme de recherche permettra de définir une préparation psychologique adaptée pour les personnes soumises à ces situations contraignantes.

Des études à long terme recherchent comment des ordinateurs pourraient analyser la voix pour évaluer automatiquement et de manière impartiale l’humeur, et comment une pression atmosphérique plus basse peut influer sur des problèmes respiratoires pendant le sommeil.

Les résultats obtenus permettront de préparer l’exploration spatiale, et profiteront également aux humains qui restent près de chez eux. Les chercheurs peuvent postuler pour que leurs expériences soient choisies pour des expéditions futures dans le cadre du Programme européen pour la vie et les sciences physiques dans l’espace (ELIPS - European Programme for Life and Physical Sciences in Space).

Suivez l’équipe de Concordia au travers des billets qu’ils publieront sur le blog de Concordia alors qu’ils se préparent à vivre un hiver rigoureux et apprennent à vivre et survivre ensemble à l’un des endroits les plus extrêmes de la planète.

Ciel de nuit à Concordia
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