Avec le « Lunar Lander », l’Europe a la Lune en point de mire

La Lune en point de mire

7 septembre 2011

Plus de 42 ans après que les premiers hommes se sont posés sur la Lune, notre satellite naturel reste toujours un mystère sous bien des aspects. L’ESA envisage un véhicule automatique pour atterrir sur la Lune afin, notamment, de comprendre si et comment nous pouvons y trouver de l’eau.

L’Europe est en train de travailler sur la technologie d’un « Lunar Lander », en vue d’une mission qui doit préparer de nouveaux vols habités vers la Lune dans un avenir proche. « Notre ambition est qu’un jour, un astronaute européen aille travailler sur la Lune », note Bruno Gardini, qui, à l’ESA, est impliqué depuis 2005 dans le projet d’exploration lunaire.

Système autonome en précis

Mosaïque photographique du pôle Sud de la Lune, que l’on doit à la sonde SMART-1 de l’ESA

« La mission d’un “Lunar Lander” permettra à l’Europe d’acquérir la technologie nécessaire pour pouvoir, à l’avenir, débarquer sur d’autres corps du système solaire », précise Bruno Gardini. Le robot lunaire européen serait lancé en 2018 pour réussir un atterrissage précis à proximité du pôle sud de la Lune.

C’est qu’il y a une forte chance d’y faire de nouvelles découvertes sur notre satellite naturel. Ce site offre de longues périodes en conditions d'illumination continue par le Soleil. Si bien que l’atterrisseur peut, pour son fonctionnement, compter sur l’énergie solaire.

L’ « alunisseur » de l’ESA au pôle Sud lunaire avant la fin de cette décennie ?

Les expériences scientifiques qui doivent être réalisées au cours de cette mission étudieront le rayonnement, le taux de poussières, les possibilités d’habitat, les « substances volatiles ». Tous ces sujets concernent les conditions qui règnent sur la Lune, ce qui fait l'originalité de la mission.

Les « substances volatiles » - y compris l’eau - peuvent sans doute être extraites de la surface lunaire. Elles sont une source significative de ce qui se trouve dans le sous-sol, comme le carbone, l’azote, le phosphore et le soufre. Tous éléments qui peuvent être décidément fort utiles pour les expéditions habitées sur la Lune.

Enquête plus que nécessaire

Superbes images de la Lune au travers le l’atmosphère terrestre, prises depuis la Station spatiale internationale

Comme l’eau, ces éléments chimiques sont apparus après des milliards d’années d’exposition au vent solaire, ce flux de particules chargées qui s’échappent du Soleil.

Il y a une forte chance que nous trouvions ces éléments près des pôles de la Lune. Par ailleurs, le projet n’est pas sans risques.

La zone où est prévu l'alunissage se caractérise par la présence de gros blocs de roches et des collines abruptes particulièrement dangereuses.

Le « Lunar Lander » de l’ESA va précéder le retour de l’homme sur la Lune

Notre regard de la Lune résulte de changements qu’a récemment permis le programme d’exploration spatiale. Mais davantage de recherche est nécessaire. « Nous ne pouvons pas déterminer d’où provient l'eau sans aller faire plus d’expériences sur place ». C’est ce qu’estime Colin Pillinger, chercheur sur les planètes à l’Open University au Royaume-Uni.

En septembre 2010, le projet de « Lunar Lander » a franchi une étape importante avec la signature d’un contrat d’études d’une demi-année, avec la société EADS Astrium.

Ce qui devrait donner lieu à une revue du projet en 2012. Cette revue devrait jeter les bases pour la conception d'un « alunisseur » et la définition de sa mission.

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