La Terre vue de l'Espace : La péninsule antarctique

25 février 2011

Cette image prise par Envisat nous montre la pointe nord de la péninsule antarctique, qui s’étend de bien au delà du cercle polaire antarctique jusqu’à quelque 1 500 km de la pointe australe de l’Amérique du Sud.

Cette péninsule montagneuse se présente comme un bras long de 1 000 km déployé entre la mer de Bellingshausen à l’ouest et la mer de Weddel à l’est.

Le long de la péninsule, une banquise épaisse est formée par les glaciers issus de la calotte glaciaire continentale qui s’étire en une dorsale étroite le long de la partie centrale de la péninsule.

Ces banquises épaisses – parfois qualifiées de « barrières de glace » – sont des indicateurs importants du changement climatique car elles sont « prises en sandwich » entre une atmosphère et un océan qui se réchauffent tous les deux.

Le réchauffement atmosphérique exceptionnel d’environ 2,5°C au cours de 60 dernières années a causé le recul et la débâcle de certaines de ces barrières. Au cours des deux dernières décennies, sept barrières bordant la péninsule ont reculé ou se sont désintégrées, comme les barrières de Larsen (à l’est) et de Wilkins (plus au sud, à l’ouest).

Quelques jours à peine après son lancement, en mars 2002, Envisat a été le témoin privilégié de la désintégration de Larsen B. Les scientifiques estiment que cette barrière était restée stable depuis la dernière ère glaciaire, il y a 12 000 ans, et les études sur la dynamique des glaces indiquent qu’il faudra plusieurs siècles de températures plus froides pour la reconstituer.

La surveillance de l’Antarctique sur une longue durée est importante car elle permet d’obtenir des informations incontestables sur les tendances climatiques, ce qui donne aux scientifiques des éléments pour préparer leurs prédictions. Toutefois, en plus d’être difficilement accessibles, ces régions présentent souvent des conditions d’observation, avec une faible illumination et une couverture nuageuse épaisse, qui rendent très difficiles toute forme de recherche in situ.

L’arrivée des satellites a donné aux scientifiques la capacité de surveiller cette zone en continu. Les radars, comme l’instrument ASAR (Advanced Synthetic Aperture Radar) d’Envisat, sont particulièrement adaptés à cette tâche car ils peuvent opérer dans l’obscurité et à travers la couche nuageuse.

En récoltant quotidiennement des vues de l’Antarctique qui sont mises à disposition de la communauté scientifique, l’instrument ASAR a fourni un suivi sans précédent de la récente débâcle intervenue au niveau de la Barrière de Wilkins. Les scientifiques étudient ces développements en continu pour mieux appréhender les processus de désintégration des barrières de glace.

Cette image a été prise par la caméra MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) d’Envisat le 5 février avec une résolution de 300 m.

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