La Terre vue de l'Espace : Plancton à foison

11 septembre 2009

Cette image prise par Envisat nous fait découvrir une efflorescence de plancton dont la superficie dépasse celle de la Grèce, s’étirant en travers de la Mer de Barents, au large de la pointe de l’Europe du Nord.

Cette luxuriante et chatoyante efflorescence en Mer de Barents – une mer côtière plutôt profonde car la profondeur moyenne du plateau continental y avoisine 230 m – s’étend sur quelque 136 000 km)2. A titre de comparaison, la superficie de la Grèce n’est que de 131 940 km2. Les terres visibles en bas de l’image appartiennent à la Norvège (à gauche) et à l’Oblast de Mourmansk, en Russie (à droite).

Le plancton, forme de vie la plus abondantes que l’on puisse trouver dans les océans, est formé d’algues marines microscopiques qui dérivent à la surface de la mer ou à proximité de celle-ci. Ce plancton microscopique a été appelé « l’herbe de la mer » car il s’agit de la base sur laquelle se construit la pyramide alimentaire à laquelle appartiennent toutes les autres formes de vie marine.

Comme le plancton est porteur de pigments de chlorophylle photosynthétiques, ces organismes simples jouent un rôle similaire à celui de la « verdure » terrestre dans le processus de photosynthèse. Le plancton est capable de transformer des éléments inorganiques simples, comme l’eau, l’azote et le carbone, en matériaux organiques complexes.

Grâce à sa capacité à « digérer » ces éléments, le plancton est reconnu comme contribuant autant à l’absorption du dioxyde de carbone de l’atmosphère que sa cousine, la flore terrestre. En conséquence les océans jouent un rôle crucial dans le climat de notre planète. Comme le plancton a une influence majeure sur la quantité de carbone dans l’atmosphère mais est en même temps sensible lui-même aux changements environnementaux, il est important de le surveiller et de le modéliser dans les calculs sur les futures évolutions du climat.

Bien que certaines variété de plancton soient individuellement microscopiques, la chlorophylle qu’elles utilisent pour leur photosynthèse collective teinte la couleur des eaux avoisinantes, ce qui donne un moyen de détecter ces micro-organismes depuis l’espace grâce à des instruments dédiés à la « couleur des océans » – tels que la caméra MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) sur Envisat – montés sur les satellites.

L’objectif premier de MERIS est de fournir des mesures quantitatives sur la couleur des océans, mais ce instrument a suffisamment de souplesse pour s’acquitter également d’applications dans les domaines de l’atmosphère ou de recherche

La caméra MERIS a acquis cette vue le 19 août 2009, alors qu’elle travaillait en mode « pleine résolution » qui permet de distinguer des détails au sol de l’ordre de 300 m.

Copyright 2000 - 2014 © European Space Agency. All rights reserved.