La Terre vue de l’Espace : l’agonie de la Mer d’Aral

10 juillet 2009

Ces images prises par Envisat mettent en évidence le retrait spectaculaire de la Mer d’Aral intervenu entre 2006 et 2009. Alors que cette mer intérieure était autrefois la quatrième plus vaste étendue d’eau fermée au monde, elle s’est réduite régulièrement depuis quelque 50 ans alors que les fleuves qui l’alimentaient ont été ponctionnés pour alimenter des projets d’irrigation.

Vers la fin des années 1980, elle s’est divisée entre la Petite Mer d’Aral (au Nord), qui est située au Kazakhstan, et la Grande Mer d’Aral (au Sud), dont la forme de fer à cheval était partagée entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan.

En 2000, cette « Grande » mer s’est elle aussi divisée en deux, avec un lobe occidental et un lobe oriental. Comme on le voit sur ces images, c’est ce dernier qui s’est le plus spectaculairement asséchée au cours des trois dernières années. Il semble avoir perdu 80% de ses eaux depuis que la première image a été prise, en 2006. A cette époque, il mesurait encore environ 150 km de long pour 70 km de large.

L’ensemble de la « Grande » mer du Sud devrait disparaître d’ici 2020, mais des efforts sont déployés pour tenter de sauver la « Petite » mer du Nord.

La digue de Kok-Aral, projet mené conjointement par la Banque Mondiale et le gouvernement du Kazakhstan, a été construite entre les bassins nord et sud de la Mer d’Aral, afin d’éviter que les eaux se déversent vers le Sud. Depuis son achèvement en 2005, le niveau de la Petite Mer d’Aral est remonté de 4 m en moyenne.

En s’évaporant, la Mer d’Aral a laissé derrière elle une zone de 40 000 km2 de terrain aride, blanchi par le sel, que l’on appelle désormais le Désert d’Aral Kara Koum. Chaque année, de violentes tempêtes emportent plus de 150 000 tonnes de sel et de sable de ce désert et les transportent sur plusieurs centaines de kilomètres, causant de sévères problèmes de santé pour les populations locales, mais aussi modifiant le climat régional avec des hivers plus froids et des étés plus chauds. Afin de tenter de limiter ces effets, une végétation capable de pousser sur des terrains secs et salés est en cours d’introduction sur l’ancien fond de la mer asséchée.

En 2007, le gouvernement du Kazakhstan a obtenu un autre prêt de la Banque Mondiale pour mettre en œuvre un second chantier, qui comprendra la construction d’un second barrage, dans le cadre d’un projet visant à renverser les conditions qui ont mené à ce désastre causé par la main de l’homme.

Ces images ont été prises les 1er juillet 2006 et 6 juillet 2009 par la caméra MERIS (Medium Resolution Imaging Spectrometer) du satellite Envisat, en mode « pleine résolution » qui permet de distinguer des détails de 300 m au niveau du sol.

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