La plate-forme Proba-2 se repère aux étoiles et passe son premier contrôle opérationnel avec succès

Proba-2
16 novembre 2009

Au cours de sa deuxième semaine en orbite, le satellite Proba-2 a démontré la parfaite santé de sa plate-forme. La voie est donc libre pour la mise en route des nombreuses charges utiles technologiques novatrices de ce minisatellite, l’un des plus petits jamais lancés par l’ESA.

Lorsque le satellite SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity, Mission d'étude de l'humidité des sols et de la salinité des océans) de l’ESA a été placé sur orbite par le lanceurRockot le 2 novembre dernier, il n’était pas seul. Il avait pour compagnon de vol le petit satellite Proba-2, qui occupe moins d'un mètre cube de volume pour un cinquième seulement de la masse de SMOS.

De dimensions compactes, Proba-2 n’en est pas moins aussi complexe qu’une mission standard. C’est la deuxième mission du programme Proba (Project for Onboard Autonomy, Projet d'autonomie de bord) dont l’objectif est d’offrir à l’industrie européenne la possibilité de réaliser des essais dans l’espace à coût modéré. Le satellite comporte17 expériences technologiques distinctes et quatre instruments scientifiques. Tous requièrent beaucoup d'attention pour leur mise en service, mais il faut d’abord s'assurer de la stabilité de leur hôte.

Karsten Strauch, Chef du projet Proba-2, explique : « Nous avons tout d’abord testé avec succès le mode sécurité de la plate-forme et notamment l’ensemble de ses unités critiques. Cela comprend les systèmes de contrôle d'attitude et d'orbite (AOCS, Attitude and Orbital Control Systems) et le pointeur stellaire de Proba-2. »

Proba-2 a entamé sa vie dans l'espace quatre heures et cinquante minutes après le lancement en se séparant de l’étage supérieur Breeze-KM. Comme à l’accoutumée, le satellite faisait la culbute après la séparation mais il est parvenu seul à réduire sa rotation en utilisant son magnétomètre pour s’aligner le long du champ magnétique terrestre.

Ce mode de vol servira également de « mode de sécurité » pour Proba-2 qui l’enclenchera en cas de dysfonctionnement grave. Il place également Proba-2 en quasi-alignement avec le Soleil, ses panneaux solaires se déployant cinq minutes après la séparation.

Image from Proba-2's star tracker
Image from Proba-2's startracker

Un récepteur GPS embarqué a été mis en service mardi et le premier pointeur stellaire de la plate-forme a été activé mercredi. Comme les marins d’autrefois qui se servaient des constellations pour garder le cap, les pointeurs stellaires fixent automatiquement la position et la direction d’un satellite par rapport aux étoiles qu’ils observent.

La masse du « Micro Advanced Stellar Compass » de Proba-2 est moitié moindre que celle du pointeur stellaire de Proba-1, mais il présente une résistance accrue aux radiations. Il est aussi entièrement autonome, et en mesure de calculer sa position sans apport complémentaire. Les images de test ont révélé une vue impressionnante du « limbe » atmosphérique de la Terre et, plus important encore, des étoiles qui brillent tout autour.

La première semaine de Proba-2 a également permis de réaliser des transmissions de données en « flux automatique » lors du passage du satellite en visibilité des stations de l'ESA à Redu, et dans l'archipel de Svalbard - Proba-2 a été conçu pour être le plus autonome possible - ainsi que d'activer des systèmes AOCS supplémentaires.

Au cours de sa deuxième semaine d’activité, Proba-2 est passé pour la première fois en mode observation solaire, son principal mode de service qui requiert une stabilisation triaxiale délicate.

Les deux instruments scientifiques d’observation du Soleil à bord du satellite seront mis en service ce week-end pour en vérifier le bon fonctionnement : l’instrument SWAP (Sun Watcher using APS detectors and image Processing, observateur solaire utilisant des détecteurs APS et le traitement d’image) observe la couronne du Soleil, d’une température de près d'un million de degrés, qui s'étend loin dans l’espace, tandis que l’instrument LYRA (Lyman Alpha Radiometer, radiomètre Lyman alpha) surveille en continu le rayonnement du Soleil dans l’ultraviolet.

« En plus de tester et de caractériser le mode de pointage vers le Soleil, nous commençons maintenant les premières opérations visant à vérifier le bon fonctionnement des charges utiles et des démonstrateurs technologiques », ajoute Karsten Strauch. « Des vérifications plus poussées suivront au cours du deuxième mois de la mission. »

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