Les lanceurs Soyouz de Galileo arrivent en Guyane

Les Soyouz débarquent
21 juin 2011

Les deux lanceurs Soyouz destinés à emporter les quatre premiers satellites du système global de navigation par satellite européen Galileo sont arrivés au port du Kourou, en Guyane française, à l’issue d’un voyage qui les a vu traverser la moitié du monde.

Le lancement des deux premiers satellites de validation en orbite Galileo IOV (In Orbit Validation) depuis le Port spatial de l’Europe est fixé au 20 octobre, et une seconde paire les suivra sur orbite à la mi-2012.

Le lancement d’octobre marquera le premier vol d’un lanceur Soyouz depuis la Guyane.

Artist's impression of a Soyuz liftoff in French Guiana
Premier lancement du Soyouz de Guyane en octobre

Les deux lanceurs Soyouz STB et leurs étages supérieurs Fregat MT ont fait le voyage à travers l’Atlantique à bord du cargo roulier MN Colibri affrété par Arianespace et son arrivés à bon port le 18 juin.

C’est par train que les éléments des lanceurs ont quitté l’usine de fabrication des Soyouz à Samara, en Russie, et celle des étages Fregat à Moscou, à destination du port de Saint-Pétersbourg, où ils ont été chargés à bord du cargo qui a pris la mer le 3 juin à destination de la Guyane.

Soyuz rockets on transport ship
Les lanceurs Soyouz STB au port de Kourou

La prochaine étape sera la Revue d’Aptitude au Vol (RAV) du lanceur, qui doit être effectuée le 21 juillet. L’autorisation de procéder à l’assemblage du lanceur sera alors donnée et le premier lanceur Soyouz STB de la première campagne de lancement Galileo pourra être déployé.

Les deux premiers satellites Galileo – identifiés comme « modèle Proto-vol » (PFM pour Protoflight Model) et « modèle de vol n°2 » (FM2 pour Flight Model 2) – subissent actuellement leurs derniers essais de qualification et de recette chez Thales Alenia Space à Rome, en Italie.

Une fois que la Revue d’Aptitude au Vol des satellites aura donné le feu vert, les deux satellites, leur équipement sol et leurs équipes de lancement débarqueront au début de septembre afin de conduire les campagnes de lancement.

Le Soyouz STB est la version la plus puissante du fameux lanceur Soyouz, tandis que le Fregat MT est une version améliorée de l’étage supérieur Fregat.

Soyuz on launch pad
Le Soyouz sur le pas de tir lors d'une chronologie simulée

D’autres éléments de lanceurs Soyouz sont déjà entreposés à Kourou, mais seule la combinaison du Soyouz STB et du Fregat MT peut accomplir la lourde tâche d’emporter une paire de satellites Galileo jusqu’à leur orbite finale à 23 222 km d’altitude.

Un adaptateur multiple de fabrication européenne permettra de maintenir les satellites en place alors qu’ils partageront la coiffe du lanceur sur le trajet vers l’espace et aura la charge de les déployer une fois parvenu sur leur orbite finale.

Les versions de base de l’étage rallumable Fregat ont été utilisées précédemment pour déployer les satellites expérimentaux Giove A et Giove B de l’ESA en 2006 et 2008. Ceux-ci ont permis de bloquer les fréquences radio de Galileo et d’en protéger les droits. L’étage Fregat MT emporte 900 kg d’ergols supplémentaires afin de permettre le lancement d’une double charge.

Des Soyouz en Guyane

Soyuz in mobile gantry
Le Soyouz protégé par le portique mobile

Le lancement d’octobre sera un événement historique, car ce sera la première fois qu’un lanceur Soyouz décollera d’un port spatial qui ne sera ni Baïkonour au Kazakhstan, ni Plesetsk en Russie.

La Guyane française étant située très près de l’Equateur, chaque lancement bénéficiera de l’apport de la rotation de la Terre, ce qui permettra d’augmenter la capacité d’emport en orbite de trabsfert géostationnaire de 1,7 à trois tonnes. En tant que lanceur de classe moyenne, le Soyouz complètera la gamme de lanceurs européens aux côtés d’Ariane et de Vega, afin d’accroître sa souplesse et sa compétitivité.

Chaque lanceur triétage sera assemblé horizontalement, selon la tradition russe, puis transféré sur le site de lancement et érigé à la verticale afin que la charge utile soit intégrée à son sommet. Un nouveau portique mobile autorise cette intégration verticale de la charge utile, tout en protégeant le lanceur et les satellites de l’environnement tropical humide de la Guyane.

Galileo IOV

Galileo satellites
Les deux premiers satellites Galileo IOV

Les quatre premiers satellites Galileo formeront le noyau opérationnel de la constellation opérationnelle complète.

Ils sont pleinement représentatifs des satellites qui leur succéderont sur orbite, en combinant les meilleures horloges atomiques jamais lancées pour de la navigation – avec une précision de l’ordre d’une seconde sur trois millions d’années – et un puissant émetteur pour diffuser des données de navigation de grande précision dans le monde entier.

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