Artemis, le satellite de télécommunication européen de technologie avancée, sera lancé cet été par une Ariane-5

Signing the Artemis launch contract
Jean-Marie Luton (g.), Antonio Rodotà
19 février 2001

Artemis, le satellite de télécommunication le plus élaboré que l’Agence spatiale européenne (ESA) ait jamais développé, sera mis sur orbite par le lanceur européen Ariane-5 entre juin et août 2001. Le contrat de lancement a été signé aujourd’hui au Siège de l’ESA, à Paris, par Antonio Rodotà, Directeur général de l’ESA, et Jean-Marie Luton, Président Directeur Général d’Arianespace.

« Etablir des communications plus efficaces avec le monde entier, c’est améliorer la qualité de la vie, mais Artemis nous offre des possibilités qui vont bien au-delà », a déclaré Antonio Rodotà. Artemis, appelé à graviter pendant une dizaine d’années sur l’orbite géostationnaire à environ 36 000 km d’altitude, fournira à l’Europe des services de navigation et de telécommunication avec les mobiles ainsi qu’une capacité de relais de données (communication de satellite à satellite).

Artemis
Artemis

Avec une masse au lancement de 3 100 kg et des panneaux solaires de 25 m d’envergure fournissant une puissance de 2,5 kW, Artemis réunit plusieurs innovations technologiques importantes. Son système de maintien à poste, par exemple, fait appel à la propulsion ionique (une première pour un satellite de l’ESA), ce qui le rend plus léger et plus compact qu’un système classique à ergols chimiques. Cette solution, synonyme d’économies de coût et de masse, profitera également aux futurs satellites. La charge utile de relais de données présente, elle aussi, des éléments novateurs sous la forme d’une liaison de télécommunication à émission laser au lieu de la classique liaison RF. Le système, baptisé SILEX (Semiconductor laser Inter-satellite Link EXperiment), permettra de transmettre de gros volumes de données provenant d’autres satellites sur orbite terrestre basse (satellites d’observation de la Terre comme SPOT-4, en général). Les systèmes de transmission RF de la charge utile de relais de données du satellite (fonctionnant en bande S à 2 GHz et en bande Ka à 23-26 GHz) desserviront, pour leur part, la Station spatiale internationale et le satellite d’observation de la Terre ENVISAT de l’ESA (qui sera également lancé par une Ariane-5 cet été).

En ce qui concerne les services de télécommunication avec les mobiles (transport ferroviaire, maritime et routier), Artemis est équipé d’un système de transmission en bande L (1,5-1,6 GHz). Ce système a été spécifiquement développé pour faire face à l’évolution constante du trafic et il pourra simultanément gérer jusqu’à 662 canaux voix, assurant des liaisons avec des récepteurs compacts équipés de petites antennes (20 x 40 cm).

ARTEMIS - Artist's impression
Artemis

En poste au-dessus de l’équateur, au niveau de l’Afrique centrale (21,5° Est), Artemis sera un élément clé du système européen de navigation par satellite EGNOS, conçu pour diffuser des signaux de navigation de type GPS qui faciliteront nos déplacements terrestres, maritimes ou aériens et contribueront à leur sécurité. Artemis diffusera des données d’intégrité et de correction différentielle pour permettre aux utilisateurs soumis à des impératifs critiques de sécurité (aéronefs, navires ou véhicules de secours) de s’en remettre uniquement à la navigation par satellite plutôt qu’aux systèmes terrestres traditionnels. Le développement d’EGNOS s’achèvera en 2003 et sa mise en service aura lieu en 2004. EGNOS est le précurseur de GALILEO, le futur système mondial de navigation par satellite de l’Europe, promu par l’ESA et par l’Union européenne.

Ariane-5 launch V138
Ariane-5

Construit sous la maîtrise d’œuvre d’Alenia Spazio (Italie), Artemis bénéficie du concours de plusieurs autres entreprises italiennes, mais aussi allemandes, autrichiennes, britanniques, espagnoles et françaises. Ce satellite de 820 millions d’euros (aux conditions économiques de 2000) sera lancé par une Ariane-5 en compagnie d’un autre satellite passager, qui n’a pas encore été désigné. Selon Claudio Mastracci, Directeur des applications à l’ESA, « le consortium industriel chargé d’Artemis a livré à l’ESA un satellite de télécommunication représentant le nec plus ultra de la technologie, que l’Europe pourra exploiter pendant au moins dix ans pour tester et démontrer des systèmes de télécommunication de pointe. Arianespace assurera sa mise en orbite par un lanceur qui compte parmi les plus fiables du monde ».

Artemis FM testing in ESTEC
Artemis au cours des essais à l'ESTEC

Le satellite Artemis et ses équipements de soutien sont actuellement entreposés à l’ESTEC (Centre européen de technologie spatiale de l’ESA), aux Pays-Bas, où l’on a procédé l’an dernier à une dernière série de vérifications et d’essais. Le 5 mars, le satellite quittera l’ESTEC pour un voyage de trois semaines qui le conduira à Kourou, en Guyane. La campagne de lancement à Kourou démarrera début avril et le satellite sera prêt au lancement début juin.

Copyright 2000 - 2014 © European Space Agency. All rights reserved.