Deux firmes suisses contribuent à la stabilité du télescope Planck

1 mars 2007

Parmi 95 entreprises industrielles européennes qui œuvrent à la conception du tandem de satellites Herschel/Planck de l’Agence spatiale européenne (ESA), deux firmes suisses Contraves Space à Zürich et Apco Technologies SA à Vevey, dans le canton de Vaud, jouent un rôle déterminant dans la stabilité des instruments de bord.

Le 1er février 2007 dans les locaux d’AAS (Alcatel Alenia Space)à Cannes, une trentaine de journalistes étrangers ont pu visiter les salles blanches où est en cours d’assemblage Planck, le télescope européen qui permettra d’étudier le «bruit de fond cosmique».

«Dans l’espace, avec Planck, ce sera la première fois qu’il sera embarqué des détecteurs refroidis à une aussi basse température, soit 0,1 Kelvin», confirme Jean-Michel Lamarre, concepteur de l’un des deux instruments HFI (High Frequency Instrument) et Directeur du Laboratoire d’étude de rayonnement et la matière en astrophysique LERMA, à l’Observatoire de Paris. Pour résister aux contraintes du décollage et celles du vide sidéral, Contraves Space a mis au point une structure tubulaire en fibre de carbone qui relie les deux réflecteurs de Planck.

«Repérer un lapin sur la Lune»

Patrick Mauté

«Ces barres permettent de garantir une distance focale parfaite du télescope et une stabilité irréprochable en fonction des fluctuations thermiques que requiert la mission», explique Patrick Mauté, Directeur des programmes d’observation optique et science chez Alcatel Alenia Space, à Cannes.

Sur ces sortes de pattes suisses, le télescope aura ainsi une meilleure assise pour observer le fin fond de l’univers. «Les détecteurs sont si sensibles, qu’ils seraient capables, depuis ici, de repérer la chaleur dégagée par un lapin sur la Lune», compare Jean-Michel Lamarre. Rappelons que la mission de Planck a pour but d’étudier les infimes variations du fond cosmologique afin de mesurer l’âge exact de l’univers.

Socles précis

De son côté, l’entreprise APCO Technologies SA a fourni les moyens sols mécaniques de manutention. Notamment un socle en acier de couleur blanche qui peut supporter jusqu’à deux tonnes et qui a été conçu pour déplacer les satellites Plank et Herschel avec une extrême précision durant son intégration des les salles blanches. Ce socle sera-t-il réutilisé pour d’autres intégrations de satellites ? «Tout dépend des missions. Contrairement aux satellites de télécoms, plus standards, les engins scientifiques sont différents et doivent être supportés par des socles bien spécifiques», indique Patrick Mauté.

Avec l’ISDC - Integral Science Data Centre

Planck et son miroir

Un autre organisme helvétique participe au projet Planck. Il s’agit du Centre scientifique d'analyse des données du satellite astronomique Integral de Versoix, vers Genève, qui mettra à disposition ses infrastructures pour la récolte des données de Planck lorsqu’il sera sur orbite, via son instrument de mesure Low Frequency Instrument (LFI).

Dans le fin fond de la nuit

Mille fois plus sensible que COBE (Cosmic Background Explorer), l’engin spatial de la NASA du même genre que celui de l’ESA, Planck sera lancé en 2008 avec la fusée Ariane 5 de Kourou en Guyane française. Le télescope européen prendra place avec un autre télescope - Herschel plus grand - où le tandem sera placé à 1,2 millions de km de la Terre (au Point de Lagrange), un endroit crucial pour une meilleure observation du fin fond de l’Univers, là où il fait encore plus nuit que la nuit.

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