La Terre vue de l'Espace : Le cœur de l’Asie Centrale

5 novembre 2010

Cette image Landsat montre l’extrémité en forme de cœur de la partie occidentale de la Grande Mer d’Aral formée par l’ancien bassin du sud de la Mer d’Aral qui fut autrefois le berceau d’une activité économique rayonnant dans toute l’Asie Centrale.

Il y a 50 ans, la Mer d’Aral constituait encore le quatrième plus grand lac fermé de la planète, mais depuis sa surface n’a cessé de rétrécir au fur et à mesure que les fleuves qui l’approvisionnaient ont été détournés pour des projets d’irrigation.

A la fin des années 1980, peu d’eau parvenait encore à la mer, ce qui a causé sa séparation en deux lacs distincts : la Petite Mer d’Aral au nord, située sur le territoire du Kazakhstan (non visible ici), et la Grande Mer d’Aral au sud, partagée entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Cette « grande » mer s’est à son tour divisée en deux lacs en 2000, un à l’est (dans le coin inférieur droit) et l’autre à l’ouest (à gauche). Le lac oriental s’est asséché l’an dernier.

En 2005, un barrage a été construit entre les portions nord et sud de ce qu’il restait de la Mer d’Aral afin d’améliorer la gestion des ressources en eau et de tenter de renverser le cours de ce désastre écologique d’origine humaine.

Le barrage a permis au fleuve de réapprovisionner la Petite Mer d’Aral, qui a commencé à se reconstituer de manière visible. Cela n’a toutefois pas résolu l’ensemble du problème car la partie subsistante de Grande Mer d’Aral devrait achever son assèchement vers 2020.

La zone blanchâtre qui entoure le bassin de la mer est une vaste plaine couverte de sel laissée par l’évaporation de la mer et que l’on appelle désormais le Désert de l’Aral-Koum. Il s’étend sur environ 40 000 km2 de terrain minéral et sec, couvert de sel blanc.

Chaque année, de violentes tempêtes de sable emportent quelque 150 000 tonnes de sel et de sable de l’Aral-Koum et le transportent sur plusieurs centaines de kilomètres, ce qui cause de graves problèmes de santé aux population locales et de plus rend les hivers plus froids et les étés plus chauds sur la région.

L’instrument TM (Thematic Mapper) sur le satellite Landsat 5, exploité conjointement par la NASA et l’US Geological Survey, a pris cette image le 24 juillet 2010. L’ESA soutient le programme Landsat en tant que « Mission fournie par une tierce partie », ce qui signifie qu’elle utilise son infrastructure terrestre, européenne et multi-missions, ainsi que son expertise pour acquérir, traiter et redistribuer les données Landsat vers sa vaste communauté d’utilisateurs.

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