La charte « espace et catastrophes majeures » au secours de tous les pays

Le satellite ERS de l'ESA
11 décembre 2003

Lors de catastrophes naturelles, par exemple les inondations au Canada de cet automne ou les incendies au Portugal de cet été, la Suisse peut activer la charte « Espace et catastrophes majeures » qu’elle a signé l’année passée.

En cas d’alarme, l’Agence spatiale européenne (Esa), le Centre national d’études spatiales en France (Cnes) et l’Agence spatiale canadienne (Asc) mettent alors leurs satellites d’observation de la terre à la disposition du pays qui en fait la demande.

Automne 2002, les inondations catastrophiques qui touchent l’Allemagne, affectent également la République Tchèque. La Suisse décide alors d’envoyer des secours dans ce pays dont les moyens de lutte sont insuffisants face à l’ampleur du désastre. Le corps d’aide suisse en cas de catastrophe est alors mobilisé, mais avant de partir, il lui est indispensable d’avoir des données géographiques précises quant à l’étendue des dégâts. La Suisse, par l’intermédiaire de la Direction de l’aide au développement, décide donc d’activer la charte « Espace et catastrophe naturelle » à laquelle elle a adhéré en 2002.

En quelques heures, les satellites ERS de l’Agence spatiale européenne, SPOT du Cnes et RADARSAT de l’Agence spatiale canadienne sont pointés sur la zone sinistrée. ERS fournit alors aux Suisses les données concernant la couverture nuageuse, SPOT donne des images avec une précision d’une dizaine de mètres et RADARSAT permet d’obtenir jour et nuit une mesure des précipitations qui affecte la zone en question.

« Sans ces données notre action aurait été beaucoup plus aléatoire, avec les cartes fournies par les satellites nous avons pu nous rendre tout de suite exactement où on avait besoin de nous. Nous avons pu également emporter un matériel parfaitement adéquat. Il n’y a rien de plus frustrant que de constater, une fois sur place, qu’on aurait mieux fait d’emmener des machines plutôt que des chiens par exemple. » explique un membre de la délégation du corps suisse d’aide en cas de catastrophe.

La charte peut donc être activée par un pays qui veut intervenir dans un autre pour lui apporter de l'aide, comme la Suisse lors des inondations en République Tchèque, mais, et c'est d'ailleurs la situation la plus fréquente, elle peut aussi être déclenchée par un pays qui a besoin de ces données pour venir au secours de ces propres habitants.

La Charte ne s’arrête pas aux frontières de l’Europe, en effet pour les autres régions du globe, ce sont les satellites indien IRS, américain Geos et Peos et argentin SAC qui permettent d’obtenir des données du monde entier. Dans la majorité des cas, la charte a été activée à cause de catastrophes d’origine météorologique, comme les inondations à Vancouver en octobre ou l'arrivée d'un Ouragan comme ce fût le cas en Inde en avril. Mais elle peut aussi être extrêmement utile et précieuse lors de tremblements de terre comme celui qui a secoué l’Algérie ce printemps, ou lors d'un désastre écologique comme la marée noire qui s’est répandue sur les côtes espagnoles et françaises suite au chavirage du pétrolier Prestige en novembre de l’année passée et qui est loin d’être terminée.

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